Définition de arrêt maladie

L’arrêt maladie est une absence motivée par la nécessité d’un arrêt d’un ou plusieurs jours de toute activité professionnelle, constatée par le médecin traitant du salarié. En aucun cas, un salarié ne peut seul se déclarer malade pour excuser son absence. Cependant, il lui est permis de quitter son travail pour aller consulter un médecin, à condition d’en informer son employeur.

Le salarié doit justifier son absence en adressant à l’employeur un certificat médical dans le délai fixé à 48 heures.

Notez-le : depuis le 9 juillet 2023, le délai de carence pour l’indemnisation des arrêts de travail suite à une interruption spontanée de grossesse est supprimé. Depuis le 1er juillet 2024, il est étendu en cas d’interruption médicale de grossesse.

Depuis le 1er janvier 2024, l’indemnisation des arrêts de travail délivrés en téléconsultation doit être limitée à 3 jours, sauf exceptions (prescriptions réalisées par le médecin traitant et si le patient justifie d’une impossibilité d’obtenir une consultation en présentiel pour le renouvellement de son arrêt de travail).

Afin de lutter contre la fraude aux arrêts de travail, la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2025 interdit la mise en place de plateformes visant à fournir à titre principal, explicitement ou implicitement, des actes de télémédecine prescrivant ou renouvelant des arrêts de travail.

De plus, un acte de télémédecine effectué par un professionnel de santé exerçant à l’étranger ne peut pas donner lieu à la prescription ou au renouvellement d’un arrêt de travail, et ce, quelle qu’en soit la durée.

Notez-le : la CPAM recommande l’usage de l’avis d’arrêt de travail dématérialisé, mais autorise toujours l’utilisation de formulaire Cerfa en format papier. Afin de lutter contre d’éventuelles fraudes, une version papier éditée sur un support non falsifiable est mise à disposition des praticiens depuis le mois de septembre 2024. Elle est devenue obligatoire depuis le 1er juillet 2025. Une tolérance d’usage d’un Cerfa papier non sécurisé s’applique jusqu’au 1er septembre 2025, date à partir de laquelle tout formulaire non sécurisé sera rejeté par la CPAM (décret n° 2025-587, du 28 juin 2025).

Constitue une fraude le fait pour un salarié d’exercer sans autorisation médicale une activité rémunérée pendant une période d’arrêt de travail indemnisée au titre de l’assurance maternité, maladie, accident du travail ou maladie professionnelle.

Depuis le 1er mars 2025, en cas de fraude avérée d’un salarié en vue du versement d’indemnités journalières de Sécurité sociale (arrêts maladie d’origine professionnelle ou non professionnelle), les directeurs des CPAM et d’URSSAF transmettront à l’employeur les renseignements et les documents strictement utiles et nécessaires à la seule fin de caractériser ladite fraude. Cette information est transmise par tout moyen permettant de garantir sa bonne réception par l’employeur.

Sauf en cas de subrogation ou d’absence d’incidence sur la paie du mois, l’employeur dispose de 5 jours ouvrés pour effectuer un signalement informatique d’arrêt de travail à partir du moment où il en a eu connaissance. Il se substitue à l’attestation de salaire pour le paiement des indemnités journalières.

Attention, en cas de subrogation, l’employeur a l’obligation d’informer la caisse d’assurance maladie des situations de reprises d’activités anticipées.

À défaut, si ce manquement entraîne le versement indu d’indemnités journalières, l’employeur s’expose à une sanction financière.

Important : depuis le 1er novembre 2021, le processus de prescription des arrêts maladie pour accident du travail et maladie professionnelle est simplifié avec un formulaire validé commun.

L’assurance maladie a annoncé que 3 formulaires fusionnent pour leur partie « Arrêt de travail » :

  • l’avis d’arrĂŞt de travail ;
  • le certificat mĂ©dical de prolongation AT/MP ;
  • et le certificat initial AT/MP.

Que ce soit un arrêt de travail initial ou de prolongation, il n’y aura plus qu’un seul formulaire Cerfa (que ce soit un arrêt maladie, maternité, paternité, un AT ou une MP). Une case sur le formulaire est cochée pour préciser le motif. Ce formulaire maintenant unique intègre aussi le congé de deuil parental.

Important : à compter du mois de juin 2025, un nouveau formulaire papier Cerfa plus sécurisé sera disponible afin de lutter contre la forte hausse constatée des cas recensés de faux arrêts de travail, engendrant un fort préjudice financier.

Au 31 mars 2022, une expérimentation pour 5 ans dans 3 régions volontaires peut être menée pour élargir les missions des médecins du travail. Ils peuvent ainsi notamment prescrire et, le cas échéant, renouveler un arrêt de travail.

Depuis le 1er janvier 2024, lorsque des arrêts de travail font apparaître un risque de désinsertion professionnelle ou rempliront des conditions, l’organisme ou le service du contrôle médical pourra transmettre des informations sur cet arrêt au service de prévention et de santé au travail.

L’accord de l’assuré sera toutefois nécessaire.

Des nouveautés ont été apportées par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 :

  • sauf dĂ©rogations, la durĂ©e de l’arrĂŞt de travail initial, comme celle de la prolongation, sera limitĂ©e dans le temps. Ses durĂ©es maximales seront dĂ©terminĂ©es par dĂ©cret Ă  paraĂ®tre sans pouvoir ĂŞtre infĂ©rieures Ă  1 mois pour la première prescription et 2 mois pour la prolongation. Cette disposition entrera en vigueur Ă  partir du 1er septembre 2026 ;
  • le prescripteur devra nĂ©cessairement justifier l’arrĂŞt de travail. En plus du motif mĂ©dical, il devra indiquer en quoi l’affection impacte le travail du salariĂ©. Cette disposition entrera en vigueur Ă  partir du 1er septembre 2026 ;
  • les chirurgiens-dentistes sont autorisĂ©s Ă  prescrire des arrĂŞts de travail. Cette disposition est entrĂ©e en vigueur au 31 dĂ©cembre 2025 (loi n° 2025-1403, du 30 dĂ©cembre 2025, art. 81).

Réforme sur l’acquisition de congés payés pendant les arrêts de travail et le report des congés payés

Depuis le 24 avril 2024, dans le cas spécifique où le salarié acquiert des congés payés pendant son absence pour accident ou maladie non professionnels, le nombre de jours acquis au titre de cette période est de 2 jours ouvrables par mois (ou période équivalente) soit 24 jours ouvrables par an.

Par ailleurs, alors qu’avant le 24 avril 2024 un salarié en arrêt pour accident du travail ou maladie professionnelle ne cumulait plus de congés payés au-delà de 1 an d’absence, depuis cette date cette limite est levée et le salarié continue de cumuler des congés payés pendant toute la durée de son absence à raison de 2,5 jours ouvrables par mois, soit 30 jours ouvrables par an.

Dès le retour du salarié dans l’entreprise, l’employeur doit l’informer de ses droits à congés en précisant le nombre de congés dont il dispose et la date jusqu’à laquelle ils peuvent être posés.

Cette information doit être transmise dans le mois suivant la reprise du travail par le salarié.

Les congés payés acquis peuvent être reportés pendant 15 mois, sous conditions, à compter de la date d’information du salarié. À l’issue de cette période, le salarié perd le droit au bénéfice de ces congés.

Attention : en cas de maladie pendant ses congés payés, le salarié bénéficie désormais d’un droit au report. Par un arrêt majeur rendu le 10 septembre 2025 (n° 23-22.732), la Cour de cassation s’aligne ainsi sur la jurisprudence de L’Union européenne et décide qu’un salarié placé en arrêt de travail pour maladie pendant ses congés payés a droit au report des congés payés dont il n’a pas pu profiter du fait de sa maladie. Le salarié bénéficie de ce droit à condition de transmettre à son employeur son arrêt de travail (Cass. soc., 10 septembre 2025, n° 23-22.732).

Dans sa décision, la Cour de cassation n’a pas précisé de délai maximal de report des congés payés coïncidant avec l’arrêt de travail. Dans l’attente d’une éventuelle précision législative et à défaut de dispositions conventionnelles en ce sens, les employeurs ont tout intérêt à appliquer la solution la plus favorable au salarié, à savoir le report des congés payés sans délai spécifique en cas d’arrêt maladie ou le paiement d’une indemnité compensatrice de congés payés en cas de rupture du contrat de travail.

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