Définition de réduction générale dégressive unique (ex-réduction générale de cotisations patronales sur les bas salaires)
La réduction générale de cotisations patronales s’applique, au sein du régime général et du régime des salariés agricoles, aux gains et rémunérations versés aux salariés pour lesquels les employeurs sont soumis à l’obligation d’adhésion au régime d’assurance chômage, que les salariés aient un contrat de travail à temps plein ou à temps partiel, à durée déterminée ou indéterminée.
Elle s’applique pour les salaires inférieurs à 3 SMIC (contre 1,6 SMIC avant le 1er janvier 2026), son niveau maximal étant atteint au niveau du SMIC. Son montant est toujours calculé chaque année civile pour chaque salarié. Il est égal au produit de la rémunération annuelle brute par un coefficient. Ce coefficient est déterminé au moyen d’une formule de calcul qui rapporte la rémunération annuelle du salarié au SMIC annuel, augmenté le cas échéant des heures supplémentaires et complémentaires.
Important : depuis le 1er janvier 2025, le montant de la prime de partage de la valeur (PPV) doit être inclus aussi bien dans l'assiette de la réduction que dans la formule de calcul du coefficient de réduction (loi de financement de la Sécurité sociale pour 2025, n° 2025-199, du 28 février 2025, art. 18).
Dans la pratique, le dispositif est appliqué chaque mois par les employeurs puis une régularisation intervient de façon progressive ou annuelle (fin d’année).
Elle s’applique aussi aux gains et rémunérations :
- des salariés des entreprises soumises à l’obligation d’assurance chômage ;
- des salariés des entreprises inscrites au répertoire national des entreprises contrôlées majoritairement par l’État à la date de régularisation des cotisations ;
- des salariés qui relèvent soit des établissements publics à caractère industriel et commercial des collectivités territoriales, soit des sociétés d’économie mixte dans lesquelles ces collectivités ont une participation majoritaire ;
- des salariés des régimes spéciaux de Sécurité sociale (marins, mines, etc.) sous condition d’une affiliation à l’assurance chômage.
La réduction générale s’applique :
- à la contribution au Fonds national d’aide au logement (FNAL) ;
- aux cotisations d’allocations familiales ;
- aux cotisations maladie, maternité, invalidité-décès et vieillesse ;
- à la contribution solidarité autonomie ;
- à une partie de la cotisation AT/MP (soit 0,49 % 1er janvier 2026) ;
- à la contribution d’assurance chômage (hors AGS) ;
- aux cotisations de retraite complémentaire légalement obligatoires (hors APEC et CET).
Depuis le 1er janvier 2026, en raison de la suppression des taux réduits des cotisations d’assurance maladie et d’allocations familiales, la réduction générale de cotisations patronales a été intégrée à la réduction générale dégressive unique.
La formule applicable au 1er janvier 2026 est la suivante :
Coefficient = T min + (T delta × [(1/2) × (3 × SMIC calculé pour un an/rémunération annuelle brute - 1)] P)
Sachant que :
- la valeur maximale du coefficient est égale à la somme des valeurs T min et T delta ;
- le « SMIC calculé pour 1 an » correspond au montant annuel brut en vigueur du salaire minimum de croissance, c’est-à -dire le SMIC horaire multiplié par 1820 ;
- la « rémunération annuelle brute » correspond au montant annuel de la rémunération pris en compte pour la détermination de l'assiette des cotisations, prime de partage de la valeur incluse, et majoré, le cas échéant, des heures complémentaires ou supplémentaires ;
- la valeur P est fixée à 1,75.
Les valeurs T min et T delta applicables dans les entreprises en fonction de l’effectif sont :
|
Moins de 50 salariés (FNAL 0,10 %) |
50 salariés et plus (FNAL 0,50 %) | |
|
TÂ min |
0,02 | |
|
TÂ delta |
0,3781 |
0,3821 |
|
Soit TÂ maximum |
0,3981 |
0,4021 |
Notez-le : le SMIC horaire applicable au 1er janvier 2026 est de 12,02 euros.
Lorsque la somme des taux des cotisations et contributions effectivement à la charge de l'employeur est inférieure à la somme des valeurs T min et T delta, la valeur T delta est réduite jusqu'à ce que ces deux sommes soient égales.
Exemple de formule applicable pour un salarié percevant une rémunération de 25 000 euros dans une entreprise de 10 salariés pour l’année 2026 :
Coefficient = 0,02 + (0,3781 Ă— [(1/2) Ă— (3 Ă— (1820*12,02)/25 000 - 1)]Â 1,75)
Coefficient = 0,2830
Montant annuel de la réduction = 25 000 x 0,2830 = 7075 €
Important : lorsque le salaire minimum conventionnel professionnel des salariés sans qualification applicable à l’entreprise est inférieur au SMIC durant toute l’année civile précédant celle du mois civil au titre duquel le montant de la réduction est calculé, alors la valeur prise en compte pour le calcul du coefficient est celle du salaire minimum conventionnel. Ce système, intégré à la loi de financement de la Sécurité sociale 2026, a pour but de réduire le montant de la réduction applicable dans les entreprises dont les branches n'ont pas aligné le salaire minimum sur la valeur du SMIC en vigueur.
Cette mesure, qui doit être précisée par décret à paraître, ne s’applique pas si un accord d’entreprise ou une décision unilatérale de l’employeur prévoit, au cours de ladite année civile, des salaires supérieurs au salaire minimum de croissance applicable (loi n° 2025-1403, du 30 décembre 2025, art. 20).
En 2025, la formule applicable était la suivante :
Coefficient = (T/0,6) × (1,6 × SMIC calculé pour 1 an/rémunération annuelle brute - 1)
T est la valeur maximale du coefficient.
Le montant annuel du SMIC à prendre en compte est obtenu de la manière suivante :
12Â Ă—Â 35Â Ă—Â SMIC horaire Ă—Â 52/12
Pour les périodes d’emploi accomplies entre le 1er janvier 2024 et le 30 avril 2025, le paramètre T était égal à :
- 0,3194 pour les employeurs de moins de 50 salariés ;
- 0,3234 pour les employeurs de 50 salariés et plus.
Le paramètre T 2024 restait applicable jusqu’au 30 avril 2025 sans nécessité d’être régularisé à l’entrée en vigueur du paramètre « T » au 1er mai 2025.
Pour les périodes d’emploi accomplies à partir du 1er mai 2025, le paramètre T était égal à :
- 0,3193 pour les employeurs de moins de 50 salariés ;
- 0,3233 pour les employeurs de 50 salariés et plus.
Ces coefficients tenaient compte de la suppression de la contribution exceptionnelle temporaire de 0,05 % d’assurance chômage à la charge des employeurs au 1er mai 2025 et de l’augmentation de la part de cotisation AT/MP impactant la réduction.
Le montant de la réduction générale est limité au montant des cotisations et contributions qui permettent de déterminer la valeur maximum du coefficient de réduction, dues sur les rémunérations au titre de la période d’emploi correspondant à l’année civile, sur la base d’un taux de cotisation d’assurance maladie réduit à 7 % et d’un taux de cotisation d’allocations familiales réduit à 3,45 %. Attention, les taux réduits ont été supprimés au 1er janvier 2026.
Toutefois, depuis le 1er septembre 2022, lorsque l’employeur est redevable d’un taux de contribution au titre de l’assurance-chômage inférieur au taux de droit commun en application du dispositif « bonus-malus », le montant de la réduction est limité au montant de l’ensemble des cotisations et contributions patronales dues au titre du salarié.
Dans une mise à jour du BOSS du 1er octobre 2023, le plafonnement de la réduction générale des cotisations et contributions sociales, conformément au décret n° 2023-801, du 21 août 2023, a été modifié.
Le plafond de droit commun est maintenu au niveau du montant des cotisations et contributions patronales dues au niveau du salarié et éligibles à la réduction générale.
Il est majoré dans le cas de l’application d’un facteur de majoration de la réduction générale (en cas de recours à une caisse de congés payés notamment), dans la limite du montant des cotisations et contributions patronales dues au titre du salarié (y compris les cotisations et contributions patronales non éligibles à la réduction). Sous réserve de la confirmation du BOSS, ce principe devrait également s’appliquer à la formule 2026.
Il est relevé au montant des cotisations et contributions patronales dues au titre du salarié (y compris les cotisations et contributions patronales non éligibles à la réduction) lorsque l’employeur dispose d’un bonus sur le taux de sa contribution assurance-chômage.
Ces dispositions s’appliquent aux cotisations et contributions patronales dues sur des éléments de rémunération versés depuis le 1er septembre 2022.
Depuis le 1er janvier 2024, une réduction de cotisations patronales des employeurs en contrepartie de la mise à disposition de leurs salariés sapeurs-pompiers volontaires est possible pour une durée de 2 ans. Elle vise :
- les cotisations dues au titre des assurances sociales, des allocations familiales et des AT/MP à hauteur de 0,49 % au 1er janvier 2026 ;
- la cotisation FNALÂ ;
- les cotisations aux régimes de retraites complémentaires ;
- la cotisation affectée à la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie ;
- les contributions au titre de l'assurance chômage assises sur les rémunérations ou gains inférieurs au SMIC majoré de 60 %.
Elle s'élève, pour chaque employeur, à 2000 euros par an et par sapeur-pompier volontaire. Si plusieurs sapeurs-pompiers volontaires sont mis à disposition, le montant est cumulé sans excéder 10 000 euros.
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