Leptospirose : limitez le risque de transmission !

Publié le 05/04/2018 à 10:08
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Temps de lecture : 3 min

Attention

La réglementation a pu évoluer depuis la publication de cet article. Pensez à vérifier les textes en vigueur.

Transmise par les rongeurs, la leptospirose est en augmentation : Santé publique France rapporte un doublement du nombre de cas ces dernières années. De la définition de cette maladie aux actions possibles en passant par le cadre réglementaire, nous vous proposons une mise à niveau sur le sujet, afin de renforcer vos mesures de prévention de ce risque biologique.

Leptospirose : de quoi s’agit-il ?

Cette maladie commence par des symptômes grippaux, voire une jaunisse, une à trois semaines après l’exposition. Souvent bénigne, elle se traite par des antibiotiques. Dans 4 à 10 % des cas, lorsque la leptospirose n’est pas traitée, la victime décède.

Elle se transmet de l’animal à l’homme via les muqueuses, la peau ou les plaies lors de situations de travail où le salarié est en contact avec des eaux souillées, avec de l’urine d’animal contaminé, voire directement avec un animal infecté.

La leptospirose serait d’origine professionnelle dans 30 % des cas.

Le réchauffement climatique et l’urbanisation favorisent la diffusion de cette maladie par la prolifération des rats et des ragondins. Aussi, Santé publique France rapporte depuis 2015 un doublement du nombre de cas annuels : 600 en métropole et 700 dans les DOM.

Notez-le
Ce risque concerne diverses situations de travail :
1. contact étroit avec des eaux douces ou des sols humides contaminés par des urines de rats : égoutiers, paysagistes, pisciculteurs, employés en rizière ou champ de canne à sucre, …
2. contact étroit avec des animaux infectés ou leur environnement souillé : éleveurs, vétérinaires, ouvriers d'abattoir, personnel d’animalerie, …

Leptospirose : cadre réglementaire

Les leptospires sont des agents biologiques de classe 2 et donc des pathogènes (Code du travail, art. R. 4421-3 et R. 4421-4). Il faut appliquer les principes généraux de prévention déclinés pour le risque biologique.

Les principales mesures applicables sont :

  • en prioritĂ©, la mise en place d’une protection collective ;
  • l’affichage de la procĂ©dure Ă  suivre en cas d’accident ;
  • l’établissement de consignes de sĂ©curitĂ© telles que ne pas boire, manger ou fumer sur le lieu de travail ;
  • la fourniture d’antiseptiques et de moyens de protection individuelle jetables ou dĂ©sinfectĂ©s après utilisation ;
  • une formation Ă  la sĂ©curitĂ© incluant les risques et prĂ©cautions Ă  prendre ;
  • un suivi individuel par le service de santĂ© au travail.

Pour les professions les plus exposées, la leptospirose est une maladie professionnelle reconnue dans le régime général (tableau n° 19) et dans le régime agricole (tableau n° 5).

Leptospirose : actions de prévention possibles

La prévention est à adapter en fonction de l’évaluation des risques transcrite dans le document unique.

En particulier, les mesures de protection collective dépendent des situations de travail et des zones géographiques concernées :

  • nettoyage et dĂ©sinfection des locaux et des matĂ©riels ;
  • dĂ©ratisation et hygiène des locaux pour Ă©viter d’attirer les rongeurs ;
  • limitation des contacts avec des eaux douces dans des zones frĂ©quentĂ©es par des rongeurs et Ă©vitement de tout contact direct avec un animal sauvage.

Selon les cas, les équipements de protection individuelle peuvent être des bottes, des cuissardes, des tenues imperméables, des gants ou des lunettes pour prévenir le risque de projection.

Enfin, les salariés doivent appliquer les mesures d’hygiène suivantes :

  • respecter les consignes de sĂ©curitĂ© ;
  • Ă©viter tout contact des mains souillĂ©es avec les yeux, le nez ou la bouche ;
  • dĂ©sinfecter et protĂ©ger les plaies avec un pansement impermĂ©able ;
  • consulter son mĂ©decin traitant en indiquant sa profession dès apparition de symptĂ´mes.
Bon Ă  savoir
Sur recommandation du médecin du travail, les entreprises peuvent conseiller à leurs salariés de se faire vacciner, à condition qu’ils donnent explicitement leur accord. Le vaccin est à renouveler tous les deux ans et ne fonctionne pas pour toutes les souches.
2992
Michaël Bouvard

Chargé de mission qualité de vie au travail

Chargé de mission qualité de vie au travail, j'oeuvre sur différents sujets relevant de ce domaine : prévention et évaluation des risques psychosociaux, prise en compte de la qualité de vie au …

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