Bruit au travail : un risque sous-estimé par les entreprises qui touche pourtant 1 actif sur 2

Publié le 16/03/2026 à 15:33
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Temps de lecture : 4 min

Le 12 mars se déroulait la journée nationale de l’audition. L’occasion de faire le point sur le risque bruit au travail, les obligations de l’employeur en la matière et la nécessité de le prévenir. 

Risque bruit : 3 millions de salariés exposés en France

Selon le ministère du Travail, aujourd’hui, en France, plus de trois millions de salariés sont exposés sur leur lieu de travail, de manière prolongée, à des niveaux de bruit potentiellement nocifs.

Or, une exposition trop importante au facteur bruit peut entraîner des accidents du travail, l’apparition d’une surdité professionnelle, mais également générer une fatigue auditive ou du stress. 

Le bruit peut également entraîner d’autres effets sur la santé, comme des troubles cardiovasculaires, de l’hypertension, des troubles du sommeil ou de la digestion.

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Le coût moyen d'une surdité professionnelle indemnisée par la Sécurité sociale représente près de 100 000 euros, ce qui en fait l’une des maladies professionnelles les plus coûteuses pour la collectivité.

Selon le dernier baromètre Ifop-JNA réalisé en octobre 2025, plus de la moitié des actifs se disent gênés par le bruit au travail et cela concerne toutes les tranches d’âge. En effet, 56 % des actifs de moins de 35 ans se disent gênés, des proportions que l’on retrouve chez les salariés de 35 ans et plus. 73 % des salariés indiquent ressentir les effets du bruit sur leur santé.

Le secteur le plus touché étant l’industrie et principalement sur des postes de travail : 

  • en open space ;
  • en atelier ;
  • sur un chantier. 

Seul un poste de travail en bureau individuel fermé semble réduire significativement l’exposition au risque bruit.

Ce risque professionnel semble toucher davantage les  femmes, les salariés à revenus faibles et les salariés les plus diplômés.

58 % des actifs occupés subissent au moins une répercussion sur différents aspects de leur vie professionnelle en raison du bruit.

Le bruit et les nuisances sonores sur leur lieu de travail ont des répercussions sur leur quotidien : 

  • 35 % des actifs en poste dĂ©clarent souffrir d’acouphènes ;
  • 29 % des actifs en poste dĂ©clarent souffrir de surditĂ©s.

Selon les salariés ayant répondu à l'enquête,  un employeur sur deux seulement agit contre le bruit. La santé auditive reste peu intégrée dans les démarches globales de qualité de vie au travail.

Selon l’association nationale de l’audition, la prévention repose principalement sur des équipements individuels, alors que les sources de bruit relèvent souvent de l’organisation des espaces, des flux ou de la communication interne.

Risque bruit : la nécessité de le prévenir

Extrêmement présentes dans la plupart des secteurs d’activité, les nuisances sonores font l’objet d’une réglementation qui vise à protéger les salariés contre les risques liés à une exposition prolongée ou à une surexposition.

Pour rappel, l'employeur doit assurer la sécurité des salariés et protéger leur santé physique et mentale. 

A ce titre, il doit notamment procéder à l'évaluation du risque résultant de l’exposition au bruit et mesurer la pénibilité associée.

La réglementation concernant le bruit est précise. L'employeur évalue, si nécessaire, et mesure les niveaux de bruit auxquels les travailleurs peuvent être exposés. La finalité de cette évaluation et de ce mesurage est de déterminer les paramètres physiques utilisés comme indicateurs du risque. 

Le Code du travail définit des indicateurs réglementaires du risque bruit, mesurés en décibels :

  • le niveau d'exposition quotidienne sur 8 heures ;
  • le niveau d’exposition hebdomadaire ;
  • et le niveau de pression acoustique de crĂŞte, qui est le niveau de bruit impulsionnel maximal.

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Le ministère du Travail rappelle que le risque de dommages apparaît à partir de 85 dB(A) sur 8 heures mais l’exposition est jugée préoccupante à partir de 80 dB(A).

Mais la finalité est aussi de remarquer si, dans une situation précise, les valeurs d'exposition fixées par la loi sont dépassées. 
Par ailleurs, le mesurage sert également à déterminer si les seuils de pénibilité sont atteints.

Le bruit a également des effets néfastes en cas d’exposition chronique. Raison pour laquelle il fait partie des facteurs de risques professionnels concernés par le compte professionnel de prévention (C2P). Ainsi, les temps d'exposition doivent être retranscrits dans la déclaration des expositions des salariés aux facteurs de pénibilité faite par l'employeur à la CARSAT, via la DSN.

Pour vous appuyer dans la démarche de prévention de ce risque, vous pouvez ensuite vous adresser :
à votre service de prévention et de santé au travail (SPST) ;
ou aux services de prévention de la CARSAT, de la MSA, voire de l’OPPBTP sur la possibilité d’une aide financière pour un plan de réduction du bruit dans votre entreprise.

Pour bien comprendre le risque bruit, les Editions Tissot vous proposent d’organiser un quart d’heure sécurité sur le sujet grâce à leur fiche prête à l’emploi « Je me protège du bruit ».

Sondage de l’IFOP en partenariat avec l’Association Nationale de l’Audition -  Baromètre Bruit et santé auditive au travail,  novembre 2025

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Tiphaine Mollier

Juriste en droit social et rédactrice au sein des Editions Tissot

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