Accidents graves et mortels : une nouvelle campagne de prévention est lancée

Le ministère du Travail lance une campagne de communication sous le slogan « sécurité au travail : la prévention n’est pas une option ». Elle incite tous les employeurs, mais aussi les salariés, à agir en faveur de la sécurité au travail. Pour cette 3e édition, l’accent est mis sur les nouveaux arrivants en entreprise, particulièrement touchés par les accidents graves et mortels.
Accidents graves et mortels : encore trop de victimes, notamment parmi les jeunes embauchés
Dans le cadre de sa campagne de prévention et de sensibilisation, le ministre du Travail souhaite  alerter les employeurs et les salariés sur les accidents de travail graves et mortels (ATGM) et leurs conséquences.
L’exécutif dresse un premier constat. Malgré les efforts déployés pour prévenir les ATGM, ils demeurent trop élevés. Ainsi, on dénombrait en 2024 près de 549 614 accidents du travail.
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Chaque jour en France, 100 salariés sont gravement blessés et 2 décèdent.
Les pouvoirs publics ont pourtant menĂ© plusieurs actions au cours des dernières annĂ©es pour amĂ©liorer leur prĂ©vention, avec notamment :Â
- depuis 2022, le plan pour la prévention des ATGM ;
- la volonté de renforcer les moyens d’action contre les accidents du travail graves et mortels avec le futur Plan Santé au Travail n°5 ;
- les concertations menées avec les partenaires sociaux des secteurs particulièrement touchés, ou encore l’intensification des contrôles.
Certaines catégories de travailleurs sont plus exposées au risque d’accidents du travail graves et mortels (salariés temporaires, salariés détachés, apprentis, stagiaires, nouvelles recrues, saisonniers).
En outre, les jeunes travailleurs et ceux disposant d’une faible ancienneté sur leur poste de travail sont davantage concernés par les ATGM.
En 2024, plus de 764 salariés sont décédés dont 22 jeunes de moins de 25 ans, soit 3% des décès liés au travail. Étant précisé que pour les plus jeunes, il s’agit de façon plus importante que pour les autres classes d’âge d’accidents du travail et non de malaises notamment.
Par ailleurs, quel que soit l’âge du salarié, l’année qui suit une prise de poste est particulièrement à risque : 22 % des accidents du travail mortels surviennent dans cette période.
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Près de 15 % des ATGM surviennent au cours des trois premiers mois suivant l’embauche et près d’un quart des accidents du travail concernent des salariés ayant moins d’un an d’ancienneté.
Pour Jean Pierre Farandou, ministre du Travail, « ce constat nous oblige : accueillir un jeune en entreprise ou un intérimaire qui découvre un nouveau métier appelle une vigilance redoublée ».
Hors malaises, les principaux risques Ă l’origine des accidents du travail graves et mortels sont, encore une fois en 2024 :Â
- le risque routier ;
- les risques liés à la manutention manuelle ;
- les chutes de hauteur ;
- le risque lié à l’utilisation de machines ;
- et les agressions (y compris d’animaux).
Le ministère du Travail rappelle, en outre, l’importance de l’impact économique de ces accidents tant pour les entreprises que pour la solidarité nationale. Ainsi, en 2024, pour les salariés du régime général ces accidents représentaient 54 034 448 millions de journées de travail perdues et 34 302 déclarations d’incapacité permanente.
Accidents graves et mortels : une campagne de communication axée sur la prévention
Le ministère du Travail et des Solidarités rappelle que les circonstances des ATGM sont souvent évitables et invite les employeurs à redoubler d’efforts pour mieux les prévenir. La grande campagne de communication actuellement menée est la troisième depuis 2023.
Pour cette année 2025, la nouvelle campagne est organisée autour du slogan « Sécurité au travail : responsabilité de l’entreprise, vigilance de tous. La prévention n’est pas une option ».
Sont ainsi rappelĂ©es aux employeurs les obligations qui pèsent sur eux, Ă travers notamment :Â
- l’élaboration du DUERP ;
- la planification de la prévention ;
- la mise en place d’une organisation de travail adaptée ;
- la mise en oeuvre des mesures de protection ;
- la formation des travailleurs.
Afin de promouvoir la sécurité au travail dans tous les secteurs et d’inciter les employeurs à passer à l’action, différents dispositifs de sensibilisation ont été mobilisés, et notamment :
- 4 spots radios ;
- des carrousels sur Linkedin ;
- une campagne digitale avec des bannières redirigeant vers le site securiteautravail.gouv.fr ;
- une campagne d’affichages qui repose sur la matérialisation de la soudaineté de l'accident au travers du détournement des notifications du quotidien (SMS, chats, messages vocaux) pour figer l’instant de la bascule : ce moment où un message anodin devient, sans qu’on le sache, le dernier ;
- des kits de communication afin de sensibiliser, qui seront diffusés à l’ensemble des acteurs agissant sur la prévention des accidents du travail.
Diffusée depuis le 29 novembre 2025, cette nouvelle campagne de communication prendra fin le 18 janvier 2026.
Ministère du Travail, actualités, Sécurité au travail : la prévention n'est pas une option, 1e décembre 2025
Assurance Maladie, Actualités, Les risques professionnels concernent tout le monde, 14 novembre 2025
Juriste en droit social et rédactrice au sein des Editions Tissot
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