Visites médicales de reprise du travail : du changement à venir ?

Les orientations budgĂ©taires pour 2026 sont dĂ©sormais connues. InĂ©vitablement, la lutte contre l’explosion des arrĂŞts maladie figure dans les prioritĂ©s du Gouvernement. Et pour y parvenir, l’exĂ©cutif aspire, entre autres, Ă faire Ă©voluer les règles sur la visite mĂ©dicale de reprise. Bien que cette intention mĂ©rite de plus amples prĂ©cisions, l’idĂ©e d'une nouvelle rĂ©forme semble dĂ©jĂ très loin de faire l’unanimitĂ©.Â
Visite de reprise : une étape inévitable pour le retour de certains salariés
L’organisation d’une visite de reprise est incontournable lorsqu’un salariĂ©, absent pour l’un des motifs suivants, fait son retour en entreprise :Â
- congé de maternité ;
- maladie professionnelle ;
- accident du travail (absence d’une durée minimale de 30 jours) ;
- maladie ou accident non professionnel (absence d’une durée minimale de 60 jours).
En principe, la tenue de cet examen doit être programmée au jour de la reprise effective du travail ou, au plus tard, dans les 8 jours qui suivent.
Cette rencontre, gĂ©nĂ©ralement menĂ©e par le mĂ©decin du travail, va ainsi permettre :Â
- de vérifier si le poste de travail du salarié est compatible avec son état de santé ;
- d’examiner les propositions d’aménagement, d'adaptation ou de reclassement faites à l’occasion de la visite de préreprise ;
- de préconiser l'aménagement, l'adaptation du poste ou le reclassement du salarié ;
- d’émettre, le cas échéant, un avis d’inaptitude.
Bon Ă savoir
Lorsqu’elle s’impose, la rĂ©alisation de la visite de reprise est cardinale. Puisqu’à dĂ©faut de tenue, le contrat de travail du salariĂ© demeure suspendu. Ce qui induit, dans la pratique, que ce dernier peut encore prĂ©tendre Ă un maintien de salaire alors mĂŞme, parfois, que son Ă©tat de santĂ© lui permettrait de reprendre une activitĂ©. Â
Réforme de la visite de reprise : que souhaite vraiment le Gouvernement ?
Le 15 juillet 2025, le Premier ministre François Bayrou a présenté les grandes orientations de son budget 2026.
Dans la perspective de lutter contre l’explosion des arrêts maladie, ce dernier a pointé les « blocages (…) à contre-courant » générés par les règles relatives à la visite de reprise.
Selon les dires du Premier ministre, le fait qu’un salarié ne puisse pas, au-delà de 60 jours d’arrêts, reprendre le travail sans un avis du médecin du travail est « absurde ». Et pour cause, dans la mesure où la France manque « cruellement » de médecin du travail, cette situation empêche des « dizaines de milliers » de salariés, pourtant désireux, de reprendre le travail.
Pour remédier à ce paradoxe, à l’origine de « dépenses inutiles », le Premier ministre a proposé de transférer, en partie, la réalisation de ces visites à la médecine de ville. Mais attention, cela ne concernerait que les visites de reprise faisant suite à un accident ou à une maladie non professionnelle.
A l’évidence, cette proposition n’a pas manquĂ© de faire rĂ©agir les acteurs de la santĂ© au travail et les reprĂ©sentants syndicaux. D’autant que le dossier de presse accompagnant la prise de parole de François Bayrou exposait, assez curieusement, un projet bien diffĂ©rent :Â
- suspendre la reprise du travail à l’avis d’un médecin généraliste ou spécialiste en cas d’arrêt long ;
- permettre la reprise du travail sans obligation de visite dans les autres cas.Â
Important
Un nouveau rebondissement est Ă signaler puisque le Gouvernement envisagerait plutĂ´t, au final, de faire Ă©voluer les critères justifiant l’organisation de la visite de reprise.Â
Aussi flou soit-il, ce projet de mesure, comme tant d’autres présentés par le chef du Gouvernement, pourrait intégrer le prochain PLFSS pour 2026. Rien ne garantit, en revanche, qu’il réussira à emporter l’adhésion des parlementaires.
Pour en savoir davantage sur la visite de reprise et de préreprise, les Editions Tissot vous conseillent leur documentation « Santé sécurité au travail ACTIV ».
ConfĂ©rence de presse du Gouvernement, prĂ©sentation des orientations budgĂ©taires pour 2026, 15 juillet 2025Â
Dossier de presse, Le moment de vérité, 15 juillet 2025
UNSA, Budget 2026 : un gouvernement enfermé dans le courtermisme et la caricature, 15 juillet 2025
SFST et ANIMT, lettre ouverte Ă Monsieur le Premier ministre, 17 juillet 2025
Juriste en droit social
- Reconnaissance des maladies professionnelles : ce que le PLFSS va réformer dès 2026Publié le 15 décembre 2025
- PLFSS 2026 : du changement pour les arrêts de travailPublié le 12 décembre 2025
- Défibrillateurs : la liste des établissements devant s’équiper évoluePublié le 9 décembre 2025
- La France ratifie la Convention n° 155 de l’OIT sur la sécurité et la santé des travailleursPublié le 28 octobre 2025
- Réforme de l’entretien professionnel : les impacts sur le suivi de l’état de santé des salariésPublié le 17 octobre 2025



