Violences sexistes et sexuelles au travail : une proposition de loi entend renforcer les obligations de lâemployeur

DĂ©posĂ©e le 3 mars 2026 Ă lâAssemblĂ©e nationale, une proposition de loi vise Ă renforcer les obligations des employeurs en matiĂšre de prĂ©vention et de traitement des violences sexistes et sexuelles au travail (VSST), tout en intĂ©grant la question des violences conjugales. Tour dâhorizon des mesures envisagĂ©es.
Un renforcement global de la prévention en entreprise
La proposition de loi renforce tout dâabord les obligations en matiĂšre de nĂ©gociation collective.
Le texte envisage dâintĂ©grer dans la nĂ©gociation de branche la question des effets des violences conjugales dans le monde du travail.
Il prĂ©voit Ă©galement dâintĂ©grer directement et explicitement dans la nĂ©gociation en entreprise la thĂ©matique des VSST, parmi lesquelles :Â
- les agissements sexistes ;
- les faits de harcĂšlement sexuel commis dans le cadre ou Ă lâoccasion du travail ;
- les effets sur les victimes et dans lâemploi des violences conjugales, entendues comme les atteintes Ă lâintĂ©gritĂ© physique ou psychique de la
- personne par un conjoint, un concubin ou partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité.
Le texte renforce les obligations de prévention dites primaire, secondaire et tertiaire. Parmi les mesures évoquées figurent :
- lâobligation pour lâemployeur dâaborder le theÌme de la preÌvention et du traitement des violences sexistes et sexuelles au sein de lâentreprise Ă lâoccasion de chaque entretien de parcours professionnel ;
- lâobligation pour les entreprises dâintĂ©grer les risques de VSST dans le document unique dâeÌvaluation des risques professionnels ;
- dans les entreprises de 50 salariĂ©s ou plus, la mise en place dâun plan de preÌvention intĂ©grant notamment un protocole de signalement et de traitement des faits, un plan de formation obligatoire pour la Direction et le personnel des Ressources Humaines aÌ la preÌvention et au traitement des violences sexistes et sexuelles et une campagne de sensibilisation annuelle obligatoire portant sur les violences sexistes et sexuelles aupreÌs de lâensemble des salarieÌs et stagiaires ;
- la gĂ©nĂ©ralisation du rĂŽle du rĂ©fĂ©rent harcĂšlement sexuel et agissements sexistes, obligatoire dans les entreprises dâau moins 50 salariĂ©s, contre 250 salariĂ©s actuellement, qui bĂ©nĂ©ficierait dâun droit aÌ la formation continue, financĂ©e par lâemployeur ;
- la crĂ©ation dâun rĂ©fĂ©rent dĂ©diĂ© aux violences conjugales obligatoire dans les entreprises dâau moins 200 salarieÌs ;
- lâinstauration dâune formation obligatoire consacreÌe aÌ la lutte contre les VSST ainsi quâaux violences conjugales pour les reprĂ©sentants du personnel, Ă savoir les dĂ©lĂ©guĂ©s syndicaux et les membres du comitĂ© social et Ă©conomique.
Notez le
La plupart de ces mesures sont Ă©galement envisagĂ©es dans une proposition de loi plus gĂ©nĂ©rale, visant Ă lutter de maniĂšre intĂ©grale contre les violences sexistes et sexuelles commises Ă lâencontre des femmes et des enfants, dĂ©posĂ©e devant lâassemblĂ©e nationale le 2 dĂ©cembre 2025.Â
De nouveaux droits pour les salariés, notamment face aux violences conjugales
Au-delĂ de la prĂ©vention, la proposition de loi entend renforcer les droits des victimes de violences sexistes et sexuelles en prĂ©voyant la possibilitĂ© de bĂ©nĂ©ficier dâun ameÌnagement de poste ou du temps de travail, apreÌs avis de la meÌdecine du travail. Â
Le texte envisage lâinterdiction de sanctionner une victime de VSST ou de violences conjugales prĂ©sentant un Ă©tat physique ou psychologique dĂ©gradĂ©, pour ses absences ou le non-respect de ses horaires de travail. Il est mĂȘme prĂ©vu que les victimes dâune ou plusieurs infractions Ă caractĂšre sexuel en lien avec le travail puissent bĂ©nĂ©ficier dâune garantie de rĂ©munĂ©ration pendant leurs absences, composĂ©e dâune allocation journaliĂšre et complĂ©tĂ©e par un complĂ©ment Ă la charge de lâemployeur.
En outre, il est prĂ©vu que lâemployeur prenne en charge les frais de justice de la victime en cas dâengagement dâune procĂ©dure pour violences sexistes ou sexuelles ayant lieu sur le lieu du travail, en lien ou Ă lâoccasion de celui-ci.
Les victimes de VSST qui exerceraient leur droit de retrait, pourraient bĂ©nĂ©ficier dâune protection contre le licenciement.
Pour les personnes victimes de violences conjugales, le texte preÌvoit Ă©galement une protection contre le licenciement, pendant une pĂ©riode de six mois Ă compter de la prĂ©sentation dâune plainte, dâun certificat mĂ©dical, de lâavis dâun assistant social ou dâune association spĂ©cialisĂ©e dans lâaccompagnement des victimes.
Le texte propose enfin la crĂ©ation dâun congeÌ suppleÌmentaire au bĂ©nĂ©fice des salariĂ©s victimes de violences conjugales pour effectuer des deÌmarches judiciaires, meÌdicales, psychologiques et sociales.
La proposition de loi a Ă©tĂ© renvoyĂ©e Ă la commission des affaires sociales de lâAssemblĂ©e nationale et sera examinĂ©e Ă une date qui reste encore Ă arrĂȘter.

Proposition de loi visant aÌ renforcer les obligations de lâemployeur en matieÌre de preÌvention et de traitement des violences sexistes et sexuelles au travail et aÌ adapter le monde professionnel aÌ la reÌaliteÌ des violences conjugales et sexuelles, n° 2567, dĂ©posĂ©e le 3 mars 2026 Ă lâAssemblĂ©e nationale
Formatrice, consultante et rédactrice en droit du travail
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