Une procĂ©dure de droit dâalerte et dâenquĂȘte : pour quoi faire ?
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Attention
La réglementation a pu évoluer depuis la publication de cet article. Pensez à vérifier les textes en vigueur.
La procĂ©dure de droit dâalerte pour danger grave et imminent est dĂ©finie par les articles L. 4131-1 et suivants du Code du travail.
Lorsque le reprĂ©sentant du personnel au comitĂ© d'hygiĂšne, de sĂ©curitĂ© et des conditions de travail (CHSCT) ou au comitĂ© social et Ă©conomique (CSE) alerte l'employeur en application de l'article L. 4131-2, il consigne son avis par Ă©crit dans des conditions dĂ©terminĂ©es par voie rĂ©glementaire. L'employeur procĂšde immĂ©diatement Ă une enquĂȘte avec le reprĂ©sentant du comitĂ© qui lui a signalĂ© le danger et prend les dispositions nĂ©cessaires pour y remĂ©dier (C. trav., art. L. 4132-2).
Quel objectif ?
Lâobjectif de la mise en place dâune procĂ©dure de prise en charge des salariĂ©s exposĂ©s Ă des risques psychosociaux est de pouvoir capter un maximum de cas avant que les situations ne sâaggravent.
Mais il ne suffit pas que la procĂ©dure existe pour que les situations Ă risque ou les troubles soient dĂ©tectĂ©s. Il est nĂ©cessaire que lâensemble des salariĂ©s aient confiance en cette procĂ©dure. DâoĂč lâimportance de travailler avec les partenaires sociaux pour concevoir des dispositifs qui offrent, Ă chaque personne exposĂ©e ou Ă chaque tĂ©moin dâune situation Ă risque, la possibilitĂ© dâorienter sa dĂ©claration vers une personne de confiance.
Qui sont ces personnes de confiance ?
Plusieurs acteurs peuvent faire remonter lâinformation : le mĂ©decin de prĂ©vention, lâassistante sociale, les reprĂ©sentants du CHSCT ou du CSE, les collĂšgues, le rĂ©fĂ©rent mixitĂ©, le rĂ©fĂ©rent RPS, etc.
DĂšs quâil en est informĂ©, le chef dâentreprise ou son reprĂ©sentant doit en premier lieu prendre des dispositions pour faire cesser la situation de RPS. Puis, il doit informer les membres de la cellule pluridisciplinaire dans les meilleurs dĂ©lais afin quâils se rĂ©unissent pour dĂ©cider de lâaction Ă entreprendre.
La démarche
- Le RPS est repĂ©rĂ© par un acteur de la prĂ©vention ou bien par un reprĂ©sentant du personnel ou par un tiers, ou alors câest directement le salariĂ© qui se plaint de RPS.
- Le chef dâentreprise est informĂ© de la situation.
- Le chef dâentreprise reçoit les protagonistes et leur demande de rendre compte par Ă©crit des faits.
- Le chef dâentreprise met en place une mesure prĂ©ventive pour Ă©viter toute aggravation.
- Le chef dâentreprise convoque la cellule pluridisciplinaire et expose les faits.
Lâagent de contrĂŽle de lâinspection du travail incite souvent les entreprises Ă prĂ©voir des procĂ©dures formalisĂ©es et largement communiquĂ©es pour accueillir et prendre en charge des salariĂ©s harcelĂ©s, discriminĂ©s ou en sur-stress.
Le rÎle indispensable des représentants du personnel
Les membres du CHSCT ou du CSE doivent utiliser cette procédure de danger grave et imminent avec prudence et discernement.
Ainsi, pour la mise en place de cette procédure, il est conseillé :
- dâavoir dĂ©jĂ rĂ©alisĂ© des « alertes » sur ces risques auprĂšs de la direction (courrier du CHSCT/CSE, Ă©vocation en rĂ©union de CHSCT/CSE) ;
- de vous assurer dâavoir des indicateurs prĂ©cis permettant de justifier la gravitĂ© du risque en question (droit dâalerte des salariĂ©s, indicateurs RH et de santĂ©, Ă©crits et tĂ©moignages des salariĂ©s, enquĂȘte CHSCT, etc.).
Une fois lâalerte consignĂ©e sur le registre spĂ©cial des dangers graves et imminents, une enquĂȘte devra nĂ©cessairement ĂȘtre conduite conjointement entre les reprĂ©sentants du personnel et la direction.
Les Editions Tissot vous proposent un modÚle de « Registre des dangers graves et imminents ».
Les reprĂ©sentants du personnel peuvent Ă©galement utiliser leur droit dâexpertise. Le recours Ă un expert peut en effet constituer une aide prĂ©cieuse pour le diagnostic des risques psychosociaux et pour dĂ©terminer les leviers dâaction adaptĂ©s.
Une expertise externe peut apporter son recul pour traiter les aspects pratiques, mais complexes, tels que :
- faut-il un référent dans chaque Direction pour accueillir les plaintes ?
- doit-on formaliser les entretiens dĂšs le premier accueil ?
- qui dĂ©cide de lancer une enquĂȘte ?
- doit-on faire appel Ă un psychologue et si oui, dans quel(s) cas ?
Le droit dâalerte concerne une multitude de cas de figures. Dâune simple possibilitĂ© Ă une vĂ©ritable obligation, les rĂšgles diffĂšrent et le respect de la procĂ©dure sâimpose pour que le lanceur dâalerte bĂ©nĂ©ficie dâun statut protecteur. Pour vous aider les Editions Tissot vous conseillent leur fascicule « Le droit dâalerte » Ă distribuer aux salariĂ©s.
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