Une procĂ©dure de droit d’alerte et d’enquĂȘte : pour quoi faire ?

Publié le 19/12/2018 à 07:03·Modifié le 13/05/2019 à 15:21
·

Temps de lecture : 4 min

Attention

La réglementation a pu évoluer depuis la publication de cet article. Pensez à vérifier les textes en vigueur.

La procĂ©dure de droit d’alerte et d’enquĂȘte doit permettre de mettre en place le dispositif de traitement d’une situation de risques psychosociaux et de renseigner un registre spĂ©cial oĂč sont mentionnĂ©es les mesures correctives prises pour supprimer le cas signalĂ©. Ces mesures seront ensuite ajustĂ©es et complĂ©tĂ©es.

La procĂ©dure de droit d’alerte pour danger grave et imminent est dĂ©finie par les articles L. 4131-1 et suivants du Code du travail.

Lorsque le reprĂ©sentant du personnel au comitĂ© d'hygiĂšne, de sĂ©curitĂ© et des conditions de travail (CHSCT) ou au comitĂ© social et Ă©conomique (CSE) alerte l'employeur en application de l'article L. 4131-2, il consigne son avis par Ă©crit dans des conditions dĂ©terminĂ©es par voie rĂ©glementaire. L'employeur procĂšde immĂ©diatement Ă  une enquĂȘte avec le reprĂ©sentant du comitĂ© qui lui a signalĂ© le danger et prend les dispositions nĂ©cessaires pour y remĂ©dier (C. trav., art. L. 4132-2).

Quel objectif ?

L’objectif de la mise en place d’une procĂ©dure de prise en charge des salariĂ©s exposĂ©s Ă  des risques psychosociaux est de pouvoir capter un maximum de cas avant que les situations ne s’aggravent.

Mais il ne suffit pas que la procĂ©dure existe pour que les situations Ă  risque ou les troubles soient dĂ©tectĂ©s. Il est nĂ©cessaire que l’ensemble des salariĂ©s aient confiance en cette procĂ©dure. D’oĂč l’importance de travailler avec les partenaires sociaux pour concevoir des dispositifs qui offrent, Ă  chaque personne exposĂ©e ou Ă  chaque tĂ©moin d’une situation Ă  risque, la possibilitĂ© d’orienter sa dĂ©claration vers une personne de confiance.

Qui sont ces personnes de confiance ?

Plusieurs acteurs peuvent faire remonter l‘information : le mĂ©decin de prĂ©vention, l’assistante sociale, les reprĂ©sentants du CHSCT ou du CSE, les collĂšgues, le rĂ©fĂ©rent mixitĂ©, le rĂ©fĂ©rent RPS, etc.

DĂšs qu’il en est informĂ©, le chef d’entreprise ou son reprĂ©sentant doit en premier lieu prendre des dispositions pour faire cesser la situation de RPS. Puis, il doit informer les membres de la cellule pluridisciplinaire dans les meilleurs dĂ©lais afin qu’ils se rĂ©unissent pour dĂ©cider de l’action Ă  entreprendre.

Notez-le
La procĂ©dure de droit d’alerte pour danger grave et imminent peut ĂȘtre mise en place en cas de RPS mais aussi pour un autre risque professionnel.

La démarche

  1. Le RPS est repĂ©rĂ© par un acteur de la prĂ©vention ou bien par un reprĂ©sentant du personnel ou par un tiers, ou alors c’est directement le salariĂ© qui se plaint de RPS.
  2. Le chef d’entreprise est informĂ© de la situation.
  3. Le chef d’entreprise reçoit les protagonistes et leur demande de rendre compte par Ă©crit des faits.
  4. Le chef d’entreprise met en place une mesure prĂ©ventive pour Ă©viter toute aggravation.
  5. Le chef d’entreprise convoque la cellule pluridisciplinaire et expose les faits.

L’agent de contrĂŽle de l’inspection du travail incite souvent les entreprises Ă  prĂ©voir des procĂ©dures formalisĂ©es et largement communiquĂ©es pour accueillir et prendre en charge des salariĂ©s harcelĂ©s, discriminĂ©s ou en sur-stress.

Le rÎle indispensable des représentants du personnel

Les membres du CHSCT ou du CSE doivent utiliser cette procédure de danger grave et imminent avec prudence et discernement.

Ainsi, pour la mise en place de cette procédure, il est conseillé :

  • d’avoir dĂ©jĂ  rĂ©alisĂ© des « alertes » sur ces risques auprĂšs de la direction (courrier du CHSCT/CSE, Ă©vocation en rĂ©union de CHSCT/CSE) ;
  • de vous assurer d’avoir des indicateurs prĂ©cis permettant de justifier la gravitĂ© du risque en question (droit d’alerte des salariĂ©s, indicateurs RH et de santĂ©, Ă©crits et tĂ©moignages des salariĂ©s, enquĂȘte CHSCT, etc.).

Une fois l’alerte consignĂ©e sur le registre spĂ©cial des dangers graves et imminents, une enquĂȘte devra nĂ©cessairement ĂȘtre conduite conjointement entre les reprĂ©sentants du personnel et la direction.

Les Editions Tissot vous proposent un modÚle de « Registre des dangers graves et imminents ».

Les reprĂ©sentants du personnel peuvent Ă©galement utiliser leur droit d’expertise. Le recours Ă  un expert peut en effet constituer une aide prĂ©cieuse pour le diagnostic des risques psychosociaux et pour dĂ©terminer les leviers d’action adaptĂ©s.

Une expertise externe peut apporter son recul pour traiter les aspects pratiques, mais complexes, tels que :

  • faut-il un rĂ©fĂ©rent dans chaque Direction pour accueillir les plaintes ?
  • doit-on formaliser les entretiens dĂšs le premier accueil ?
  • qui dĂ©cide de lancer une enquĂȘte ?
  • doit-on faire appel Ă  un psychologue et si oui, dans quel(s) cas ?

Le droit d’alerte concerne une multitude de cas de figures. D’une simple possibilitĂ© Ă  une vĂ©ritable obligation, les rĂšgles diffĂšrent et le respect de la procĂ©dure s’impose pour que le lanceur d’alerte bĂ©nĂ©ficie d’un statut protecteur. Pour vous aider les Editions Tissot vous conseillent leur fascicule « Le droit d’alerte » Ă  distribuer aux salariĂ©s.

Les meilleures ventes

RPS realistic 664x565 1
RPS et QVCT : le pas à pas d'une démarche à succÚs
Adoptez les stratégies qui fonctionnent pour agir efficacement et déployer une politique de prévention durable.
Guide
ESSAI GRATUIT
À partir de339 €HT/an
En ligne
Papier
PSU realistitc
Porter secours : sensibilisation aux gestes d'urgence
Distribuez aux salariĂ©s un support illustrĂ© pour les informer de la conduite Ă  tenir en cas de malaise ou d’accident.
Santé sécuritéA distribuer
82 €HT
Fascicules
PSI packshot
Sécurité des chantiers du BTP - Guide illustré
Prevenez efficacement les risques sur les chantiers par une communication spécifique et dédiée.
Fiches pratiques
À partir de378 €HT/an
En ligne
Papier