Santé mentale des salariés en 2026 : une amélioration globale mais des disparités persistantes
Qualisocial et Ipsos ont publié la 3e édition de leur baromètre sur la santé mentale au travail. Érigée au rang de grande cause nationale, la santé mentale des travailleurs s’améliore, notamment chez les femmes. Cette année l’étude opère un focus sur les actions de prévention, inégales selon les secteurs malgré leur impact sur la santé mentale et la productivité.
La santé mentale des salariés s’améliore globalement malgré la persistance de disparités selon les secteurs
Il ressort du baromètre que, pour la première fois depuis la crise sanitaire, 22 % des actifs, soit 6 millions de travailleurs, sont en mauvaise santĂ© mentale. Cela reprĂ©sente une amĂ©lioration de 3 points par rapport Ă 2025.Â
Ces chiffres encourageants sont toutefois Ă nuancer puisque, pour rappel, avant la crise sanitaire ce taux Ă©tait estimĂ© entre 16 et 18 %.Â
Toutefois, ces évolutions restent contrastées selon les secteurs.
Ainsi, alors qu’il ressort de l’étude que 85 % des salariĂ©s de la construction et du BTP sont en bonne santĂ© mentale, a contrario, d’autres secteurs, comme celui de l’enseignement et de la formation professionnelle, peinent Ă passer la barre des 75 %.Â
Des différences notables selon le profil des salariés avec une nette amélioration de la santé mentale des femmes
Si les hommes s’estiment en meilleure santé mentale que les femmes (80 % contre 74 %), les taux de santé mentale des femmes enregistrent une progression significative. En effet, une hausse de 5 points s’observe chez les salariées contre une hausse de seulement 2 points chez leurs homologues masculins. Ainsi, par rapport aux années précédentes, l’écart semble s’amoindrir entre les hommes et les femmes, traduisant une dynamique d’équilibre entre les sexes.
En outre, les salariés de moins de 30 ans sont en moins bonne santé mentale que les salariés âgés de 55 ans et plus (76 % contre 80 %). Et les ouvriers apparaissent moins touchés par des problèmes de santé mentale que les employés.
S’agissant de la répercussion du télétravail sur la santé mentale des travailleurs, l’étude relève de faibles écarts entre ceux qui en bénéficient et ceux qui n’en bénéficient pas. En outre, la santé mentale des salariés qui ne sont jamais en télétravail semble nettement s’améliorer par rapport à l’année dernière (+ 5 points).
La taille de l’entreprise joue elle aussi un rôle sur la santé mentale des salariés. Les entreprises les moins touchées par ces problématiques sont celles qui comptent un effectif entre 10 et 249 salariés.  Enfin, on observe une différence significative de 13 points entre les salariés des entreprises stables et ceux des entreprises en situation de repli.
Les causes de cette amélioration
Labellisée grande cause nationale, la santé mentale a été particulièrement à l'honneur durant l’année 2025.
L’étude révèle d’ailleurs un lien entre les actions menées cette année-là et une amélioration de la santé mentale des salariés. En effet, selon les rédacteurs, cette grande cause nationale a favorisé la libération de la parole. 71 % des répondants considèrent que la santé mentale est un sujet un peu moins tabou dans la société et 61 % indiquent avoir eu plus de facilité à évoquer les sujets de santé mentale au travail qu’il y a quelques années.
Les facteurs professionnels s'érigent au 3e rang des causes qui impactent le plus la santé mentale des travailleurs, derrière le manque de temps pour soi et la situation économique du pays. 1 salarié sur 5 cite le travail comme cause principale de  la dégradation de leur santé mentale.
L’étude suggère que pour agir efficacement sur la santé mentale, trois leviers prioritaires se dégagent :
- déployer des politiques de management centrées sur la prise en compte des émotions et la reconnaissance du travail ;
- renforcer le soutien psychologique des individus, reconnu pour améliorer l’estime de soi et favoriser la régulation émotionnelle ;
- prévenir et réguler les tensions et les conflits à la source.
Bon Ă savoir
Une charte d’engagement « Santé mentale et emploi » destinée aux entreprises a ainsi été lancée à la fin du mois d’août 2025, soutenue et relayée par le Gouvernement.
Actions de prévention en entreprise : inégales selon les secteurs malgré leur impact sur la santé mentale et la productivité
L’étude procède cette année à un focus sur les effets de la santé mentale sur la productivité et l’impact des politiques de prévention menées.
Même si le lien entre santé mentale et implication au travail tend à s’affaiblir, les travailleurs en très mauvaise santé mentale se déclarent moins engagés au travail et valorisent moins la marque employeur.
Bon Ă savoir
Pour les rédacteurs du baromètre, le fait que le lien avec l’implication au travail diminue voir disparaisse peut traduire un risque accru d’épuisement professionnel, susceptible d’entraîner une hausse des arrêts de travail en 2026.
La grande cause nationale 2025, renouvelée en 2026 n’a pas eu d’effet significatif sur les dispositifs de prévention mis en place par les entreprises. L’étude révèle ainsi que près d’un salarié sur deux n’a aucun accès à des mesures de prévention et seuls 2 salariés sur 10 ont accès à une prévention complète sur 3 niveaux.
Notez le
Un plan de prĂ©vention complet en santĂ© mentale inclus :Â
- une prévention primaire : anticipation des risques psychosociaux (RPS) pour limiter leur apparition ;
- une prévention secondaire : sensibilisation aux RPS pour limiter leurs effets ;
- une prévention tertiaire : accompagnement des salariés dont la santé mentale est dégradée.
Des disparités importantes sur les actions de prévention menées s’observent selon les secteurs.
L’étude révèle pourtant que 86 % des salariés bénéficiant d’un plan de prévention complet estiment que cela a permis une amélioration de leur santé mentale (+ 3 points par rapport à 2025).
Par ailleurs 90 % des travailleurs en très bonne santé mentale font partie d’une organisation ayant mis en place une prévention complète. Se doter d’un plan de prévention améliore significativement les résultats des équipes.
Bon Ă savoir
Un salarié en mauvaise santé mentale, c’est une baisse de 45 % de recommandation de l’employeur et de 33 % de l’engagement au travail.
Management et QVCT : des leviers clés pour la santé mentale des travailleurs
Pour les salariĂ©s interrogĂ©s, une bonne santĂ© mentale passe prioritairement par la mise en place d’actions sur :Â
- les conditions de travail, la santé et la sécurité au travail ;
- les relations au travail et l'ambiance de travail.
Parallèlement, ils sont moins satisfaits à propos de ces deux sujets que l’année précédente.
Or, l'Ă©tude rĂ©vèle qu’en travaillant sur ces sujets :Â
- les entreprises gagneraient en engagement et en marque employeur ;
- l’absentéisme diminuerait de 1,2 points ;
- et le turn over diminuerait de 3,4 points.
Notez le
Un gain de 10 points de QVCT occasionnerait +7 points de performance durable et +4 points de santé mentale.
L'Ă©tude s’achève sur 4 recommandations Ă destination des entreprises :Â
- comprendre l’impact de la santé mentale ;
- agir à chaque niveau de prévention des risques ;
- manager la qualité de vie au travail ;
- engager les équipes et communiquer.
Pour déployer une politique de prévention durable, les Editions Tissot vous conseillent leur documentation « RPS et QVCT : le pas à pas d’une démarche à succès ».
Baromètre Qualisocial x IPSOS-BVA, Santé mentale & QVCT 2026 « La santé mentale des travailleurs en 2026 : état des lieux et enjeux », 3e édition, Janvier 2026
Juriste en droit social et rédactrice au sein des Editions Tissot
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