Plan de sauvegarde de l’entreprise : n’oubliez pas les risques psychosociaux !

Publié le 03/05/2023 à 08:33
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Temps de lecture : 4 min

Attention

La réglementation a pu évoluer depuis la publication de cet article. Pensez à vérifier les textes en vigueur.

Un plan de sauvegarde de l’entreprise (PSE) peut engendrer des risques psychosociaux. Plusieurs décisions du Conseil d’Etat rappellent que les entreprises doivent les anticiper et mettre en place les mesures nécessaires pour les prévenir. Quels facteurs de risque sont concernés ? Quelle prévention envisager ?

PSE : Inclure les risques psychosociaux

Dans 2 décisions de mars 2023, le Conseil d’Etat rappelle que les entreprises qui élaborent un PSE doivent expressément prendre en compte les risques psychosociaux.

Lorsqu’une entreprise transmet pour homologation son PSE à la direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (DREETS), celle-ci est chargée de vérifier ce que prévoit l’employeur comme « mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs » et comment il « veille à l'adaptation de ces mesures pour tenir compte du changement des circonstances » (Code du travail, art. L. 4121-1).

L’administration doit notamment :

  • vĂ©rifier que l’employeur transmette au comitĂ© Ă©conomique et social et des Ă©lĂ©ments relatifs Ă  l’identification et Ă  l’évaluation des consĂ©quences de la rĂ©organisation de l’entreprise sur la santĂ© ou la sĂ©curitĂ© des salariĂ©s et les actions prĂ©ventives et curatives projetĂ©es ;
  • contrĂ´ler les mesures prĂ©cises et concrètes mises en place, en lien avec les principes gĂ©nĂ©raux de prĂ©vention (C. trav., art. L. 4121-2) « au nombre desquels figurent, entre autres, l’évaluation des risques qui ne peuvent pas ĂŞtre Ă©vitĂ©s, la planification de la prĂ©vention en y intĂ©grant, notamment, l’organisation du travail, les conditions de travail, les relations sociales, et la prise de mesures de protection collective en leur donnant la prioritĂ© sur les mesures de protection individuelle ».

Dans les situations faisant l’objet de ces décisions, le sujet des risques psychosociaux a été mis en avant.

Quels facteurs de risques psychosociaux engendre un PSE ?

Les premiers impacts concernent les personnes qui partent. L’anticipation de la perte de l’emploi est source de stress, d’angoisse, de dépression et de peur du futur. En outre, l’exclusion touche à l’identité professionnelle et peut déclencher un processus de deuil de son emploi.

Un PSE entraîne aussi des conséquences pour les salariés qui restent :

  • une augmentation de l’intensitĂ© et du temps de travail. La charge de travail des salariĂ©s partis est rĂ©partie parmi les autres ;
  • une charge mentale liĂ©e au fait de voir une partie de ses collègues s’en aller et au stress que tout le processus du PSE peut engendrer ;
  • des tensions et des conflits peuvent naĂ®tre entre collègues, entre les salariĂ©s et la direction, parfois liĂ©s Ă  un manque de comprĂ©hension ;
  • l’insĂ©curitĂ© socio-Ă©conomique engendre beaucoup de stress, la peur d’être le prochain Ă  partir ainsi qu’une forme d’instabilitĂ© et d’incertitude.

Le saviez-vous ?
Les rescapés peuvent être touchés par le syndrome du survivant, ce qui entraîne une montée de la colère, de la tristesse ou de la peur, de la gêne, voire de la culpabilité, de la méfiance vis-à-vis de la direction, un désengagement et de la démotivation.

Comment prévenir les risques psychosociaux dans le cadre d’un PSE ?

Outre la répartition de la charge de travail et la gestion des relations de travail, une entreprise qui vit un PSE doit mettre en place un réel accompagnement du changement.

Il est possible de :

  • communiquer rĂ©gulièrement, informer les salariĂ©s tout au long du processus, en Ă©tant transparent, voire prĂ©senter une vision pour l’avenir ;
  • former en amont les managers Ă  ce type de situation et Ă  la gestion des Ă©motions de salariĂ©s traumatisĂ©s ou en deuil d’emploi ;
  • inciter ceux qui conservent leur poste Ă  exprimer leurs sentiments, que ce soit en mettant en place une permanence psychologique ou des groupes d’échanges ;
  • crĂ©er des groupes de travail participatifs avec les salariĂ©s restants ;
  • installer un système de remontĂ©e des situations individuelles.

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Conseil d’Etat, 4e et 1re chambres réunies, 21 mars 2023, n° 460660, n° 460924 et n° 450012 (
le PSE doit comporter des mesures propres à protéger les salariés des conséquences sur leur santé physique ou mentale de la cessation de l’activité de l’entreprise)

2992
Michaël Bouvard

Chargé de mission qualité de vie au travail

Chargé de mission qualité de vie au travail, j'oeuvre sur différents sujets relevant de ce domaine : prévention et évaluation des risques psychosociaux, prise en compte de la qualité de vie au …

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