Obligation de sécurité de l’employeur : une responsabilité pénale étendue aux salariés des sous-traitants
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La réglementation a pu évoluer depuis la publication de cet article. Pensez à vérifier les textes en vigueur.
Obligation de sécurité : une responsabilité face à ses salariés
Tout employeur est tenu envers ses salariés à une obligation de résultat en matière de santé et de sécurité. Il est par conséquent responsable lors des accidents du travail ou des maladies professionnelles, le caractère professionnel étant alors établi. Il assume ainsi la réparation forfaitaire des dépenses réalisées par la Sécurité sociale.
En plus de cette réparation forfaitaire, il peut aussi être contraint d’assumer la prise en charge de tous les préjudices subis par la victime.
C’est le cas lorsque l’employeur a commis une faute inexcusable. Cette faute est caractérisée par la situation où l’employeur « avait ou aurait dû avoir conscience du danger auquel était exposé le salarié, et qu’il n’a pas pris les mesures nécessaires pour l’en préserver ».
Obligation de sécurité : une responsabilité aussi pour les sous-traitants
Sur les chantiers, des salariés de vos sous-traitants sont amenés à travailler à côté de vos propres salariés ou de façon indépendante. Si un accident intervient à un salarié d’un sous-traitant, la responsabilité de l’employeur donneur d’ordre peut-elle être engagée sur le plan pénal ? La Cour de cassation vient de répondre par l’affirmative par un arrêt du 17 novembre 2015.
Le donneur peut être poursuivi pénalement s’il a commis une faute caractérisée exposant autrui à un risque d’une particulière gravité. C’est le cas si le donneur d’ordre n’a défini aucune mesure spécifique d’organisation des travailleurs des autres entreprises intervenant sur son site contre un risque identifié et que le Code du travail prévoit l’obligation de mise en place de mesures de prévention face à ce risque. La sanction prononcée peut monter à 5 ans de prison et 75 000 euros d’amende en cas d’accident mortel.
En effet, il incombe au sous-traitant de veiller à la sécurité de ses travailleurs amenés à travailler sur le chantier concerné. Mais le donneur d’ordre a également l’obligation de veiller à l’organisation de la prévention des risques liés à la co-activité. Le donneur d’ordre doit ainsi veiller à la bonne réalisation du Plan particulier de sécurité et de protection de la santé (PPSPS) et à sa bonne mise en œuvre.
Obligation de sécurité : le cas des intérimaires
Si un employeur recourt à des intérimaires sur les chantiers, en cas d’accident, le salarié peut agir en reconnaissance de faute inexcusable. Cette action doit être engagée contre l’agence d’intérim et non contre la société utilisatrice. Mais l’agence d’intérim peut agir contre la société utilisatrice dont la responsabilité est engagée sur l’accident de l’intérimaire pour demander le remboursement du montant de la condamnation.
L’accident de l’intérimaire a également un impact sur la cotisation accident du travail de la société utilisatrice. L’entreprise utilisatrice voit son compte employeur intégré un tiers du coût moyen pour le type d’incapacité temporaire subi par l’intérimaire et non d’un tiers des sommes effectivement perçues par la victime.
Vous avez des questions sur l’appréciation de l’obligation de sécurité par la Cour de cassation ? Les Editions Tissot vous conseillent leur documentation « Jurisprudence commentée en Santé Sécurité au Travail ».
Cour de cassation, chambre criminelle, 17 novembre 2015, n° 14–83894
Olivier CASTELL
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