La période probatoire : prendre le temps de confirmer un salarié dans son nouveau poste

Publié le 16/03/2009 à 00:00·Modifié le 11/07/2017 à 18:20
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Temps de lecture : 5 min

Attention

La réglementation a pu évoluer depuis la publication de cet article. Pensez à vérifier les textes en vigueur.

Vous êtes satisfait du travail de l’un de vos collaborateurs et souhaitez le faire évoluer dans ses fonctions et ses responsabilités. Mais comment être sûr que votre décision est la bonne ? Et si le salarié ne se plaisait pas dans son nouvel emploi ? Pour vous laisser la possibilité de revenir en arrière, prévoyez une période probatoire.


La pĂ©riode probatoire est très souvent confondue avec la pĂ©riode d’essai et c’est Ă  tort ! Elle ne rĂ©pond ni au mĂŞme contexte, ni Ă  la mĂŞme finalitĂ©, ni au mĂŞme rĂ©gime juridique. 

La période probatoire, qui correspond le plus souvent à un changement de poste du salarié initié par l’employeur, permet de valider ou non la compétence du salarié dans ses nouvelles fonctions. Elle s’inscrit surtout dans un contrat de travail déjà en cours d’exécution, ce qui n’est pas le cas de l’essai.


Décider d’une période probatoire ?

Par avenant, après analyse de la convention collective. Traditionnellement, la pĂ©riode probatoire rĂ©sulte d’un avenant au contrat de travail que vous proposez au salariĂ©. 

La période probatoire sera possible dans tous les cas, sauf si la convention collective l’interdit clairement, ce qui est possible. Vous devez rester d’autant plus vigilant que certaines conventions encadrent les périodes probatoires, sans les interdire (elle peut par exemple apporter des précisions sur les conséquences de la rupture de la période probatoire).

Dans le silence de votre convention collective, vous êtes libre de proposer, par avenant, cette période « particulière » au salarié.

Rester prudent en termes de gestion de postes. Vous avez tout intérêt à ne pas vous précipiter et à ne pas pourvoir immédiatement au remplacement du salarié en période probatoire. Vous devez attendre son expiration. Pourquoi ? Parce qu’en cas d’échec de cette période probatoire, le salarié retrouve, en principe, son ancien poste. S’il a été pourvu entre temps, vous risquez de vous retrouver avec deux salariés pour un seul et unique poste !

Définir la durée de la période probatoire. Rien n’est prévu dans le Code du travail. Prévoyez une période identique à celle que serait la période d’essai pour un salarié que vous embaucheriez à ce poste. Il convient d’être raisonnable et de ne pas abuser : pour un poste de non-cadre, envisagez entre 1 et 3 mois suivant la difficulté du poste et, pour un poste de cadre, entre 3 et 6 mois maximum.


Bien distinguer période probatoire et période d’essai

Un mĂŞme esprit. Vous pouvez proposer au salariĂ© une Ă©volution de carrière, comme une promotion. Dans ce contexte, vous pouvez souhaiter vous assurer des rĂ©elles compĂ©tences de votre salariĂ©, tandis que le salariĂ©, de son cĂ´tĂ©, doit aussi vĂ©rifier que son nouveau poste lui convient. 

Pas aux mĂŞmes moments. La pĂ©riode d’essai se situe au dĂ©but de l’exĂ©cution du contrat de travail (certains disent mĂŞme qu’elle prĂ©cède l’embauche dĂ©finitive du salariĂ©), alors que la pĂ©riode probatoire se situe au cours de l’exĂ©cution du contrat de travail. 

Notez-le : si tout va bien, au terme de la période probatoire, le salarié reste dans ses nouvelles fonctions et un avenant modificatif à son contrat de travail lui sera proposé.

Des ruptures aux consĂ©quences bien diffĂ©rentes. Dans ce contexte d’évolution de fonction, vous ne pouvez proposer qu’une pĂ©riode probatoire et non pas une pĂ©riode d’essai, mĂŞme s’il est vrai que les deux pĂ©riodes permettent d’apprĂ©cier les aptitudes professionnelles du salariĂ©. 

Mais les conséquences de la rupture de ces deux périodes divergent radicalement : la rupture de l’essai entraîne la rupture définitive du contrat de travail du salarié, alors que la rupture de la période probatoire n’entraîne pas la rupture du contrat de travail :

  • vous devez replacer le salariĂ© dans ses fonctions antĂ©rieures, sous peine d’être condamnĂ© pour licenciement dĂ©pourvu de cause rĂ©elle et sĂ©rieuse ;
  • le salariĂ© retrouve son poste et toutes les caractĂ©ristiques de son contrat de travail avant la signature de l’avenant (rĂ©munĂ©ration, par exemple).


Attention : vous ne pouvez pas proposer au salarié de signer une clause par laquelle ce dernier accepterait que la rupture de la période probatoire entraîne la rupture ferme et définitive de son contrat de travail. Une telle clause est nulle et ne produit aucun effet.


Quelles conséquences si la période probatoire n’est pas satisfaisante ?

Si vous n’êtes pas satisfait ou si le poste ne convient pas au salariĂ©, alors il est nĂ©cessaire de revenir Ă  la situation antĂ©rieure. 

Dans ce cas, écrivez un courrier recommandé ou remis en main propre contre décharge au salarié (à moins que ce ne soit lui qui le fasse), pour l’informer que la période probatoire n’ayant pas été concluante, il retrouve donc son ancien poste assorti de ses anciennes conditions de rémunération.

 

Le licenciement restera possible s’il n’est pas lié au résultat de la période probatoire. Ainsi, le salarié s’exposera au risque d’être licencié si, par exemple, il refuse de retourner à son ancien poste de travail ou si la situation économique de l’entreprise s’est dégradée.

Ne faites pas l’erreur de rompre le contrat, comme s’il s’agissait d’une pĂ©riode d’essai. 

Dans ce cas, la rupture s’analyserait comme un licenciement sans cause réelle et sérieuse et le conseil des prud’hommes pourrait vous condamner à des dommages et intérêts d’un montant égal au minimum aux 6 derniers mois de salaire de l’intéressé, ainsi qu’à des dommages et intérêts liés au non-respect de la procédure de licenciement (1 mois de salaire supplémentaire).


 

En collaboration avec Louis Maffre, juriste en droit social


Pour plus de précisions sur la période probatoire, les Editions Tissot vous proposent un extrait de leur ouvrage « Gestion du personnel simplifiée ».

Article publié le 16 mars 2009

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