Tirer parti de ses drivers pour conserver le sens du travail
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Attention
La réglementation a pu évoluer depuis la publication de cet article. Pensez à vérifier les textes en vigueur.
Le sens que l’on trouve dans son travail varie d’une personne à l’autre. Il dépend de nos valeurs, de nos ambitions ou encore de la phase de vie que nous traversons. Le travail peut perdre de son sens si les conditions de travail se dégradent ou tout simplement si, pris dans le quotidien, nous perdons de vue le pourquoi de notre présence et nous nous sentons moins stimulés. Il sera alors nécessaire de prendre le temps de faire le point.
Apprendre à connaître ses drivers
Dans un premier temps, vous allez dresser votre portrait selon deux axes :
- Ce qui guide mes efforts au quotidien : l’œuvre ou la performance ;
- Ce que je recherche pour me sentir bien : la cohésion avec les collègues ou la considération professionnelle.
Les descriptions des encarts ci-dessous vous sembleront peut-être caricaturales. Il s’agit simplement d’un continuum sur lequel vous positionner, plutôt aux extrêmes ou plus au centre. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse, ni de profil meilleur qu’un autre.
1 ) Au quotidien, je concentre plutôt mes efforts sur… |
|
La performance |
L’œuvre |
J’ai tendance à être boulimique en termes de quantité de dossiers/de tâches |
Il m’arrive de refuser certaines tâches pour me concentrer sur un dossier important |
Il m’arrive de ne pas réussir à tout faire |
Je mets un point d’honneur à aller jusqu’au bout |
Je préfère avoir un feed-back après plutôt que pendant |
Je recherche du feed-back en cours de travail et j’aime expliquer comment je m’y suis pris |
Je suis assez peu sensible Ă la critique |
Je suis sensible Ă la critique Ă posteriori |
Plus c’est impossible, plus ça me stimule |
Je stress si je manque de temps |
Je suis multitâche |
Je suis monotâche |
2) Au quotidien, j’ai plutôt tendance, pour me sentir bien, à rechercher… |
|
La cohésion avec les collègues |
La considération professionnelle |
Je cherche Ă mieux connaitre les autres au-delĂ du travail |
Je cherche Ă comprendre la logique des autres |
Les désaccords me mettent mal à l’aise |
Je considère que le désaccord est inévitable à 100 % |
Je suis sensible aux tensions relationnelles |
Je ne suis pas trop perturbé par les tensions |
Je souhaite que l’on m’apprécie pour mes qualités personnelles |
Je souhaite que l’on m’apprécie pour mes compétences |
Selon votre appréciation, vous pourrez vous positionner librement sur la matrice ci-après :

S’appuyer sur ses forces
Vous pouvez prolonger votre réflexion en vous posant les questions suivantes :
- qu’est-ce qui, dans mon poste, me permet d’aller dans le sens de cette tendance ? Ou au contraire, la contraint ?
- y a-t-il des habitudes que j’ai prises, malgré moi, et qui me mettent en tension ? Ou des choses que j’évite de faire ? Que je dis ou que j’évite de dire ?
- dans les mois ou les années qui se sont écoulés, est-ce que je trouvais davantage de sens ou moins qu’aujourd’hui ? Si oui, à quand cela remonte ? Qu’est-ce qui a changé ?
- qu’ai-je mis en place pour satisfaire mes besoins ?
- comment m’appuyer davantage sur mes forces ?
Si vous ne trouvez pas de sens dans votre travail actuellement, vous remarquerez des paradoxes entre les composantes de votre poste, vos besoins, et ce que vous êtes amené à faire pour compenser. Par exemple, une personne qui chercherait avant tout de la considération sera peu à l’aise dans un environnement où la convivialité prend beaucoup de place. Elle pourrait se forcer à y participer, mais épuiserait ses ressources plus rapidement.
Dans l’idéal, couchez vos réponses sur le papier, cela vous aidera à consolider votre pensée et à établir une feuille de route si vous le souhaitez.
Trouver l’équilibre avec ses collègues
On peut utiliser cet outil pour mieux déchiffrer le comportement de ses collègues et faciliter la compréhension mutuelle au quotidien. Voici un guide pour un usage collectif, dans le cadre d’un séminaire par exemple :
- en amont, chacun se positionne. L’animateur centralise les résultats ;
- en collectif, on se prête au jeu du « qui est-ce » pour deviner qui s’est placé où ;
- puis on négocie la position de chacun afin de finaliser le portrait collectif ;
- on peut l’utiliser ultérieurement pour répartir la charge de travail par exemple.
Il peut aussi ĂŞtre utile pour apaiser un conflit naissant de se demander :
- quel est le point de départ des tensions ? Peut-on l’expliquer par une différence de fonctionnement ou au contraire par une grande similarité ? ;
- comment les choses ont évolué par la suite ? De quelle manière les tendances de chacun ont joué ? ;
- aujourd’hui, quels sont les points de désaccords ? Dans quelle mesure cela implique ces portraits ?.
Mobilisé selon un prisme collectif, cet outil permettra de consolider la cohésion des équipes, si essentielle au sens du travail. Lorsque les membres d'une équipe travaillent en harmonie, ils sont plus susceptibles d'atteindre leurs objectifs communs, ce qui renforce le sentiment d'accomplissement de chacun.
Bon Ă savoir
Cet article ne se réfère pas à un modèle scientifique. Il propose une matrice simplifiée pour mieux se comprendre afin de maintenir le sens de son travail dans la durée.
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Psychologue clinicienne - Consultante
Psychologue depuis 10 ans, Emma met son expérience de terrain au service des préventeurs, RH et élus, souvent en première ligne et eux aussi fragilisés.
Son objectif : leur transmettre des outils …
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