Sexisme au travail : le HCE appelle Ă  renforcer les obligations des employeurs

Publié le 03/02/2026 à 14:21
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Temps de lecture : 4 min

Dans son rapport annuel 2026, le Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes (HCE) dresse un constat inquiétant sur l’état des lieux du sexisme en France, notamment avec l’émergence des mouvements masculinistes. Un fléau qui persiste, notamment au travail. A ce titre plusieurs recommandations à destination des entreprises sont formulées. 

Sexisme : un constat alarmant Ă  tous les niveaux et dans le monde du travail

Chargé depuis 2019 de remettre annuellement au Gouvernement un rapport sur l’état du sexisme en France, le Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes dresse un constat inquiétant de l’évolution du sexisme et de la situation. 

Bon Ă  savoir

Les agissements sexistes se caractérisent notamment par le fait d’avoir pour objet ou pour effet de porter atteinte à la dignité de la personne ou de créer un environnement intimidant, hostile, dégradant, humiliant ou offensant en fonction du sexe.

Il ressort du rapport que les inégalités entre les sexes sont perçues différemment selon les espaces sociaux et le genre. 

Pour les femmes, le monde du travail est le lieu où les inégalités sont les plus marquées, devant la rue et les transports. A contrario, les hommes désignent en premier l’espace public. 

Plus édifiant encore, près de la moitié des femmes déclarent avoir été confrontées à des discriminations en raison du sexe au travail. Par ailleurs, pour 72 % de la population, les femmes seraient moins bien traitées que les hommes de manière générale. 

Le Haut Conseil à l’Egalité relève la persistance de mécanismes structurels d’inégalités. Sont identifiés : 

  • le Ă©carts de rĂ©munĂ©ration ;
  • la sous-reprĂ©sentation dans les postes Ă  responsabilitĂ© ;
  • et les obstacles Ă  l’évolution professionnelle traduisent la persistance de mĂ©canismes structurels d’inĂ©galitĂ©s. 

Notez le

Dans le secteur privé, les femmes gagnent en moyenne 22 % de moins que les hommes. Par ailleurs, à temps de travail et postes égaux ces écarts atteignent 4 %. 

78 % des répondants considèrent que les hommes doivent assurer la responsabilité financière de la famille, et les femmes sont majoritairement associées à la sphère domestique et aux rôles parentaux.

En outre :

  • 68 % des personnes interrogĂ©es estiment qu’il est normal que les femmes interrompent plus longtemps leur activitĂ© professionnelle après la naissance d’un enfant ;
  • et 40 % jugent qu’elles devraient cesser de travailler pour s’occuper des enfants. 

Sexime : les recommandations clés du HCE pour les employeurs

26 recommandations sont formulées dans le rapport. Deux d’entre elles concernent directement les entreprises.

La première est destinée aux structures privées, publiques et associatives, et leur commande de former et prévenir des violences sexistes et sexuelles (VSS).

Le Haut Conseil à l’Egalité rappelle que le Code du travail impose aux employeurs de prendre toutes les mesures pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs (Code du travail, art. L. 4121-1). Il regrette que malgré cette obligation légale, la prévention des VSS soit souvent négligée, soit par méconnaissance, manque de moyens ou sous-estimation des risques.

Pour ce faire, le rapport propose de rendre obligatoire la prise en compte du risque VSS dans le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) alors que c’est actuellement facultatif. 

Rappel

Le DUERP répertorie tous les risques professionnels existants dans l’entreprise ainsi que la traçabilité collective de ces expositions, afin de pouvoir ensuite préconiser des actions visant à les réduire ou à les supprimer totalement.

Le rapport recommande également de renforcer l’application effective des sanctions pénales et financières en cas de manquement des entreprises aux obligations légales en matière de prévention et de traitement des violences sexistes sexuelles.

Bon Ă  savoir

Actuellement, en tant qu’employeur, vous êtes tenu de désigner un référent harcèlement sexuel si votre entreprise compte au moins 250 salariés (Code du travail, art. L. 1153-5-1). Si votre entreprise compte moins de 250 salariés, vous le pouvez également mais cette désignation ne revêt, dans un tel cas, pas un caractère obligatoire.

Pour mémoire, une proposition de loi, cosignée par 111 parlementaires de tous bords politiques,
ambitionne de lutter de manière intégrale contre les violences sexistes et sexuelles, y compris au travail.

De quoi espérer une évolution positive sur la situation du sexisme au travail et des VSS.

Pour en savoir plus sur la prévention des risques liés aux agissements sexistes, les Editions Tissot vous proposent leur documentation « Santé sécurité au travail ACTIV ».

Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les femmes, rapport annuel 2026 sur l'état des lieux du sexisme en France : la menace masculiniste, 21 janvier 2026

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Tiphaine Mollier

Juriste en droit social et rédactrice au sein des Editions Tissot

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