Se protéger contre les surfaces contaminées par les moisissures

Publié le 11/07/2018 à 07:35
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Temps de lecture : 4 min

Attention

La réglementation a pu évoluer depuis la publication de cet article. Pensez à vérifier les textes en vigueur.

La plupart des moisissures sont inoffensives pour les humains. Cependant, il existe une cinquantaine d’espèces pouvant présenter un risque pour la santé des personnes dont les défenses immunitaires sont affaiblies. A ce jour, aucune valeur limite d’exposition professionnelle pour la concentration de moisissures dans l’air ambiant n’a été établie.

Les moisissures sont des champignons microscopiques qui se ramifient en filaments. Lorsque ces derniers sont très nombreux, ils deviennent visibles à l’œil nu. Les moisissures sont présentes dans la nature où elles se nourrissent des matières organiques, qu’elles dégradent par une succession de réactions chimiques. Ces réactions conduisent à la production de molécules parfois bénéfiques pour l’homme, telle que la pénicilline, mais aussi parfois toxiques comme la mycotoxine.

Les moisissures résistent à des températures élevées (jusqu’à 61 °C). Elles se développent préférentiellement dans des endroits humides (en raison d’un dégât des eaux, d’une ventilation mécanique ou naturelle insuffisante, etc.) et se nourrissent de matières à base de cellulose (bois, papier, carton, etc.). Les moisissures peuvent générer une odeur caractéristique et prospérer à l’intérieur d’un bâtiment ou d’un local.

Pour éviter tout risque pour la santé des salariés, il faut rechercher les causes de l’humidité en examinant les points suivants :

  • rechercher s’il y a un dĂ©gât des eaux Ă  l’intĂ©rieur du local. S’il existe une fuite, elle doit ĂŞtre immĂ©diatement colmatĂ©e et l’eau stagnante Ă©liminĂ©e. En fonction du type de fuite, le passage d’un plombier ou la rĂ©alisation de travaux plus importants doivent ĂŞtre effectuĂ©s (travaux d’isolation par exemple) ;
  • identifier les parois froides sur lesquelles se condense la vapeur d’eau dĂ©gagĂ©e par l’activitĂ© humaine, telles qu’un encadrement de fenĂŞtre mal isolĂ©e, un mur donnant sur l’extĂ©rieur ou mitoyen Ă  un local non chauffĂ©, etc. ;
  • vĂ©rifier la ventilation du local afin d’assurer que le renouvellement de l’air est suffisant pour diminuer le taux d’humiditĂ©. Si la ventilation est mĂ©canique, elle doit ĂŞtre vĂ©rifiĂ©e par un organisme de contrĂ´le agrĂ©e. S’il s’agit d’une ventilation naturelle, il faut s’assurer que les fenĂŞtres soient ouvertes tous les jours.

Si la présence des moisissures est confirmée, il faut traiter la surface contaminée par le personnel d’entretien habituel ou une société spécialisée dès lors que le chantier nécessite d’importants moyens de confinement pour le nettoyage et la désinfection du local contaminé.

Les mesures de prévention à mettre en place en vue du nettoyage doivent être adaptées en fonction de l’importance de la contamination. Ces mesures peuvent être les suivantes :

  • confiner le chantier, en utilisant une bâche plastique verticale ou la simple fermeture de la porte du local concernĂ© ;
  • fermer hermĂ©tiquement les entrĂ©es et les sorties d’air du local ;
  • limiter l’accès seulement aux personnes concernĂ©es et nĂ©cessaires Ă  l’opĂ©ration ;
  • contrĂ´ler l’absence de dispersion d’une pièce Ă  l’autre par les faux plafonds ;
  • utiliser des moyens de nettoyage non dispersifs tels qu’un balai ou des lingettes humides.

Le nettoyage est réalisé selon différents techniques, soit à l’essuyage à l’aide des supports imprégnés, soit à la pulvérisation manuelle. Un second traitement doit ensuite être effectué avec un désinfectant afin d’éliminer les moisissures restantes.

Les opérateurs doivent porter des équipements de protection individuelle (EPI) en fonction du produit et la technique utilisés. Ces équipements peuvent être les suivants :

  • masque de protection respiratoire, tels qu’anti aĂ©rosol au moins de classe P2 ou anti gaz dont les classes et les types des filtres sont choisis selon le produit de nettoyage et dĂ©sinfection utilisĂ© ;
  • combinaison jetable avec capuche de type 5B ;
  • lunettes-masque pour les yeux ;
  • gants de protection Ă©tanches contre les risques biologiques et chimiques ;
  • sur-chaussures Ă  usage unique.

Dans les zones géographiquement humides, il faudra étudier la possibilité d’installer un déshumidificateur dans le local ou au niveau de la centrale de traitement d’air neuf afin d’éviter le développement de moisissures.


Références : ED 6299 – Surfaces contaminées par des moisissures. Que faire ? – mai 2018 INRS (Institut National de Recherche en Sécurité)

Isabelle Castellan

Ingénieur en sécurité du travail

Je participe depuis des années à la mise en œuvre des politiques de sécurité et de prévention, ainsi qu'à l'évaluation des risques professionnels dans l'industrie, la fonction publique et le BTP. Je …

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