Rétrospective de l’année 2024 en santé-sécurité au travail : retour sur 3 nouveautés entrées en vigueur
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2024 entame sa dernière ligne droite. Pour l’occasion, revenons sur cette annĂ©e si spĂ©ciale qui, en dĂ©pit des turbulences politiques, a tout de mĂŞme apportĂ© son lot de nouveautĂ©s. Mais entre les mesures entrĂ©es en vigueur, celles annoncĂ©es, reportĂ©es ou encore abandonnĂ©es, difficile de s’y retrouver. Nous vous proposons donc, Ă travers une sĂ©rie de trois articles, de faire le point.Â
Indemnisation des arrêts maladie faisant suite à une interruption médicale de grossesse
Toute salariĂ©e placĂ©e en arrĂŞt maladie Ă la suite d’une interruption mĂ©dicale de grossesse perçoit, sans dĂ©lai de carence, des indemnitĂ©s journalières versĂ©es par la SĂ©curitĂ© sociale.Â
Cette mesure, instituĂ©e par la loi de financement de la SĂ©curitĂ© sociale pour 2024, s’applique Ă tous les arrĂŞts de travail prescrits depuis le 1er juillet 2024.Â
Rappel
Distinctes des interruptions volontaires de grossesse (IVG), les interruptions mĂ©dicales de grossesses (IMG) sont pratiquĂ©es lorsque la poursuite de la grossesse met en grave pĂ©ril la santĂ© de la femme enceinte ou s’il existe une forte probabilitĂ© que l'enfant Ă naĂ®tre soit atteint d'une affection d'une particulière gravitĂ© reconnue comme incurable au moment du diagnostic.Â
Notez Ă©galement que cette indemnisation sans dĂ©lai de carence concerne Ă©galement, depuis le 1er janvier 2024, les salariĂ©s ayant vĂ©cu une interruption spontanĂ©e de grossesse (fausse couche).Â
Source : Loi n° 2023-1250 du 26 décembre 2023 de financement de la Sécurité sociale pour 2024, art. 64, Jo du 27 et Loi n° 2023-567 du 7 juillet 2023 visant à favoriser l'accompagnement psychologique des femmes victimes de fausse couche, Jo du 8
Modalités et conditions de réalisation de la contre-visite médicale patronale précisées
Un salarié placé en arrêt maladie peut parfois bénéficier, en complément de ses indemnités journalières de Sécurité sociale (IJSS), d’une indemnité versée par son employeur en vue d’assurer le maintien total ou partiel de sa rémunération.
Rappel
Le Code du travail suspend l’éligibilité du salarié à diverses conditions tenant, entre autres, à son ancienneté ou encore à la justification de son état de santé dans un certain délai. Pour autant, pensez à vous reporter aux sources conventionnelles applicables dans votre entreprise. Celles-ci peuvent, en effet, retenir des conditions et des modalités d’indemnisation plus favorables au salarié.
L’employeur tenu au versement de cette indemnitĂ© complĂ©mentaire dispose, sauf en Alsace-Moselle, de la facultĂ© de soumettre le salariĂ© Ă une contre-visite mĂ©dicale. Le cas Ă©chĂ©ant, les conclusions formulĂ©es par le mĂ©decin diligentĂ© pourront priver le salariĂ© de son droit au maintien de salaire.Â
Selon quelles modalités cet examen doit-il être organisé ? Le législateur avait, il y a plusieurs années, renvoyé à un décret d’application le soin de fournir ces indications. Mais face au retard accusé par les pouvoirs publics, cette charge avait été finalement reportée sur la Cour de cassation. Ainsi, il aura fallu attendre le Journal officiel du 6 juillet pour constater la publication de ce décret. Quelles sont donc les exigences à respecter depuis le 7 juillet 2024 ?
Premièrement, il est fait obligation au salarié de communiquer à l’employeur, dès le début de son arrêt de travail et à l’occasion de tout changement :
- son lieu de repos s’il ne s’agit pas de son domicile ;
- et, s'il bénéficie d'un arrêt de travail portant la mention « sortie libre », les horaires auxquels la contre-visite peut s'effectuer.
En cas de mandatement d’un médecin, le décret établit que la visite peut survenir à tout moment. S’agissant du cadre de sa réalisation, il est précisé que le médecin arbitrera librement entre :
- une convocation du salarié à son cabinet, et ce, par tout moyen conférant date certaine ;
- une présentation inopinée au domicile du salarié ou sur le lieu communiqué par ce dernier.
Au terme de sa mission, le médecin doit informer l'employeur :
- du caractère justifié ou injustifié de l'arrêt de travail ;
- ou bien de l'impossibilité de procéder au contrôle pour un motif imputable au salarié (ex : refus de se présenter à la convocation, absence lors de la visite à domicile).
Pour mémoire, le versement des indemnités complémentaires peut être interrompu si le médecin conclut à l’absence de justification de l’arrêt de travail ou constate l’impossibilité de procéder à l’examen du salarié.
Source : Décret n° 2024-692 du 5 juillet 2024 relatif à la contre-visite mentionnée à l'article L. 1226-1 du Code du travail, Jo du 6
Dématérialisation de la procédure de demande de mobilisation des points inscrits sur le compte professionnel de prévention
Le compte professionnel de prĂ©vention (C2P) est un dispositif rĂ©servĂ© Ă tout salariĂ© surexposĂ© Ă au moins un facteur de risque professionnel. Il est alimentĂ©, chaque annĂ©e, Ă hauteur de :Â
- 4 points par facteur de risque auquel le salariĂ© est exposĂ© (par an) ;Â
- 1 point par facteur de risque auquel le salarié est exposé pour chaque trimestre d’exposition (si son contrat de travail débute ou s'achève en cours d'année civile).
Les droits acquis par le salariĂ© peuvent ainsi permettre au salariĂ© de financer :Â
- une action de formation professionnelle en vue d'accĂ©der Ă un emploi non exposĂ© ou moins exposĂ© Ă certains facteurs de risques professionnels ;Â
- une rĂ©duction de sa durĂ©e de travail ;Â
- un dĂ©part Ă la retraite avant l’âge lĂ©gal ;Â
- une ou plusieurs actions dans le cadre d'un projet de reconversion professionnelle (action de formation, bilan de compĂ©tence, VAE) et, le cas Ă©chĂ©ant, sa rĂ©munĂ©ration durant un congĂ© de reconversion professionnelle.Â
Afin d’utiliser les points inscrits sur son C2P, il revenait Ă son titulaire, jusqu’au 31 aoĂ»t 2024, d’effectuer une demande en ligne ou d’adresser celle-ci par courrier Ă la CARSAT compĂ©tente.Â
Seulement, cette procĂ©dure a sensiblement Ă©voluĂ© depuis le 1er septembre 2024.Â
S’agissant, tout d’abord, de la possibilitĂ© d’adresser une demande auprès de la CARSAT, notez que celle-ci est dorĂ©navant limitĂ©e aux seuls salariĂ©s souhaitant financer une rĂ©duction de leur temps de travail ou un dĂ©part anticipĂ© Ă la retraite.Â
S’agissant, ensuite, des titulaires souhaitant utiliser leur compte pour financer une action de formation professionnelle, deux autres changements ont Ă©tĂ© actĂ©s.Â
En premier lieu, ces derniers peuvent effectuer leur demande via la plateforme dĂ©diĂ©e au compte personnel de formation (CPF).Â
A cette Ă©volution s’ajoute, pour les titulaires souhaitant procĂ©der Ă abondement de leur CPF Ă cette fin, la suppression de l’obligation de joindre, Ă toute demande de formation, un document prĂ©cisant :Â
- le montant qu'il souhaite consacrer Ă sa formation au titre des points inscrits sur son C2P ;Â
- ainsi que le poste qu'il occupe.Â
Consultez le reste des nouveautĂ©s entrĂ©es en vigueur au cours de cette annĂ©e 2024 dans notre nouveau dossier spĂ©cial :Â
Juriste en droit social
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