Reconnaissance d’un accident du travail : lorsqu’une salariée se met à pleurer à l’issue d’un entretien disciplinaire
Attention
La réglementation a pu évoluer depuis la publication de cet article. Pensez à vérifier les textes en vigueur.
En exerçant son pouvoir de direction et de sanction, l’employeur peut mettre à mal certains salariés. Pour autant, peut-on vraiment qualifier des manifestations émotionnelles, telles que des pleurs, d’accident de travail ? La jurisprudence est plutôt unanime sur le sujet, en atteste une nouvelle décision de la cour d’appel de Paris.
Accident du travail : rappel sur les critères nécessaires à sa reconnaissance
Ces dernières annĂ©es, les dĂ©clarations d’accident de travail pour choc Ă©motionnel ont explosĂ©, tout comme les dĂ©clarations de maladies professionnelles psychiques.Â
Si la jurisprudence a généralement tendance à favoriser les salariés, notamment en matière de risques professionnels, on notera que les juges du fond adoptent sur cette thématique une position plutôt objective et légitime.
Comme le rappelle la cour d’appel de Paris dans une décision du 4 octobre, la réunion de trois éléments est nécessaire pour caractériser un accident du travail :
- un fait accidentel daté de manière certaine ;
- une lésion corporelle, physique ou psychique ;
- un lien avec le travail, c'est-Ă -dire que le fait accidentel doit survenir par le fait ou Ă l'occasion du travail.
Evidemment, cette définition suppose, pour jouer, que le salarié soit sous la subordination de son employeur au moment des faits.
Si ces conditions sont rĂ©unies, alors l’accident est prĂ©sumĂ© ĂŞtre un accident du travail. Mais encore faut-il qu’elles soient effectivement rĂ©unies !Â
Accident du travail : l’exercice normal du pouvoir de direction est à lui seul insuffisant pour le caractériser
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