Perte de sens au travail : la faute aux problèmes qui reviennent en boucle
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Il est souvent dit que les meilleurs psychologues sont ceux qui savent poser les bonnes questions. Ils ne sont pas les seuls professionnels dans ce cas. Les juges ou encore les policiers dĂ©veloppent des techniques d’interrogation, non pas pour crĂ©er une vĂ©ritĂ©, mais bien pour que la convergence d’informations crĂ©dibles obtenues permette d’élucider une situation. En ce sens, nous pourrions penser que savoir poser des questions pourrait presque s’avĂ©rer ĂŞtre un art.Â
Dans les organisations, tout processus dĂ©cisionnel devrait favoriser l’application de telles techniques, Ă moins d’avoir une idĂ©e prĂ©cise en tĂŞte des rĂ©ponses que l’on veut obtenir ; sachant que ces rĂ©ponses sont rarement issues d’une intention rationnelle.Â
60% de toutes les réorganisations ne réussissent pas, 75% des temps de réunions n’aboutissent à aucune décision stratégique et au moins 1 décision sur 4 ne résout pas les problèmes. Ces chiffres devraient nous inciter à revisiter nos pratiques en matière d’intentionnalité et de pertinence. Mais pour que les bonnes questions soient posées, il doit y avoir évidemment un terrain propice au désir d’honnêteté et de franchise. C’est peut-être sur ce point précis que le bât blesse.
Christian Morel, dans son livre Les dĂ©cisions absurdes, soulève d’innombrables exemples, dans le cadre du travail, d'enchaĂ®nements et de rĂ©pĂ©titions d’erreurs ainsi que de la persĂ©vĂ©rance Ă les maintenir malgrĂ© toute une logique qui forcerait un changement de direction.Â
MĂŞme si les biais cognitifs sont devenus les joujoux favoris des prĂ©dicateurs de « solutions neuneuronales », nous n’avons pas vraiment la motivation de mieux faire…Enfin si, mais en Ă©vitant le plus possible les questions qui nous imposent la confrontation Ă une rĂ©alitĂ© considĂ©rĂ©e souvent comme douloureuse. Pourtant, mĂŞme si la rĂ©alitĂ© est difficile, elle est plus saine que tout ce que l’on fait pour l’éviter.Â
Au nom de l’empressement et du manque de temps, il est pratique courante de biaiser un processus dĂ©cisionnel, ou de le corrompre en faisant usage de toutes les formes de contournement. Ce qui confirme bien que l’évitement reste toujours la première raison des dysfonctionnements organisationnels. Mais au-delĂ de ce constat, cette manière de faire invalide les processus de rĂ©flexion et reprĂ©sente un exemple parfait de ce qui discrĂ©dite le management dans son intentionnalitĂ© et sa pertinence. Â
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