Mesures de protection contre les braquages

Publié le 14/11/2012 à 00:00·Modifié le 11/07/2017 à 18:23
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Temps de lecture : 3 min

Attention

La réglementation a pu évoluer depuis la publication de cet article. Pensez à vérifier les textes en vigueur.

L’employeur doit prendre toutes les mesures pour protéger son salarié contre les risques d’agression. A défaut, on considère qu’il a manqué à son obligation de sécurité.

Les faits

Un directeur de magasin a été victime de 2 cambriolages et 2 braquages dans le magasin dont il avait la responsabilité entre 2006 et 2007. Il s’arrête en maladie à la suite d’une agression en 2007. A sa visite de reprise, le médecin du travail conclut qu’il est définitivement inapte au poste occupé. Un poste de reclassement de préparateur de commandes lui est proposé. Le salarié le refuse. Il est licencié pour inaptitude physique. Il saisit le Conseil de prud’hommes d’une demande de dommages-intérêts contre son ex-employeur pour violation de son obligation de sécurité.

Ce qu’en disent les juges

Les juges font droit à cette demande. Ils relèvent:

  • que la seule mesure prise Ă  la fin de l’annĂ©e 2006 Ă©tait l’installation d’une camĂ©ra de surveillance placĂ©e Ă  l’extĂ©rieur du magasin ;
  • qu’une proposition de soutien psychologique a Ă©tĂ© faite le 2 aoĂ»t 2007, soit après la quatrième agression, mesure qui ne pouvait pas sĂ©rieusement correspondre Ă  une mesure de protection ;
  • que l’employeur a proposĂ© au salariĂ© une mutation vers un autre magasin, dont on ne sait s’il Ă©tait Ă©quipĂ© d’un dispositif de sĂ©curitĂ© suffisant ;
  • que les mesures de protection proposĂ©es par le salariĂ© et par le CHSCT n’avaient pas Ă©tĂ© suivies d’effet.
Arrêt de la Cour de cassation, chambre sociale, 26 septembre 2012, n° 10–16307 (pdf | 8 p. | 54 Ko)

D’autant que le salarié avait suggéré des solutions à l’employeur :

  • avoir recours Ă  un maĂ®tre-chien ;
  • installer un coffre-fort spĂ©cial dĂ©clenchant une alerte lorsqu’on l’ouvre ;
  • et mettre Ă  disposition du personnel un « bip » en relation directe avec les fonctionnaires de police.

Ces solutions ont été rejetées par l’employeur pour qui ces mesures complémentaires ne permettaient pas d’éviter les violences et les vols « puisque, dans d’autres magasins, la mise en place d’un coffre à code n’avait pas empêché les braquages », ni d’ailleurs le recours à un maître-chien parce que celui-ci « pouvait s’absenter momentanément ».

Les juges condamnent l’employeur pour non-respect de son obligation de sécurité. Pour eux, il n’a pas pris toutes les mesures nécessaires pour préserver le salarié d’un danger qu’il ne pouvait ignorer.

Pour avoir davantage d’exemples de situations dans lesquelles l’employeur manque à son obligation de sécurité de résultat, les Editions Tissot vous proposent leur ouvrage « Pratique de la santé sécurité au travail ».

Cour de cassation, chambre sociale, 26 septembre 2012, n° 10–16307 (manque à son obligation de sécurité de résultat l’employeur qui ne prend pas les mesures de protection nécessaires pour éviter que son salarié ne subisse une agression)

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