Location et prêt de matériel : quelles obligations et responsabilité en matière de sécurité ?

Publié le 22/09/2016 à 08:20·Modifié le 11/07/2017 à 18:28
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Temps de lecture : 4 min

Attention

La réglementation a pu évoluer depuis la publication de cet article. Pensez à vérifier les textes en vigueur.

Un nombre important d’entreprises du secteur du BTP a recours à la location de matériel. Cette location doit faire l’objet d’un contrat, régi par les dispositions prévues par le Code civil, qui organise les relations entre le loueur et le preneur de matériels ainsi que les obligations de chacun.

La réglementation relative à l’hygiène et à la sécurité du travail fixe des obligations en matière de sécurité à l’intention des employeurs qui mettent à disposition de leurs salariés des matériels pour les besoins de leur activité. Elle définit également les règles applicables aux responsables de la mise sur le marché de certains équipements de travail. Ces équipements, visés par le Code du travail, vont impliquer à la fois le loueur et le locataire :

  • le locataire doit s’assurer que le matĂ©riel louĂ© et mis Ă  disposition des salariĂ©s est adaptĂ© aux tâches Ă  effectuer et qu’il peut ĂŞtre utilisĂ© en toute sĂ©curité ;
  • le loueur doit garantir que les Ă©quipements en location sont conformes aux règles de conception qui leur sont applicables.

Les obligations du loueur différent selon que le matériel loué est visé ou non par les dispositions de l’article L. 4311–3 du Code du travail.

Obligations du loueur

  • mettre Ă  disposition des matĂ©riels offrant de bonnes conditions de travail ;
  • fournir le dernier rapport de vĂ©rification pĂ©riodique et la notice d’instruction ;
  • fournir un document attestant de la conformitĂ© de l’équipement aux exigences techniques applicables s’il s’agit de machines ;
  • conseiller sur le matĂ©riel le mieux adaptĂ© Ă  la tâche Ă  effectuer et les qualifications nĂ©cessaires pour l’opĂ©rateur.

Obligations du locataire

  • choisir un matĂ©riel adaptĂ© Ă  la tâche Ă  effectuer ;
  • installer et rĂ©gler les Ă©quipements de façon Ă  garantir la sĂ©curitĂ© des travailleurs ;
  • mettre Ă  disposition des salariĂ©s des Ă©quipements conformes aux règles techniques applicables ;
  • respecter les consignes et conseils du loueur ;
  • maintenir les Ă©quipements en conformitĂ© pendant leur durĂ©e de location.

Dispositions du Code du travail

La mise en service ou l’utilisation d’équipements de travail non conformes aux règles techniques de conception qui leur sont applicables et aux procédures de certification est interdite (C. trav., art. L. 4321–2). Cette interdiction s’adresse au locataire du matériel. Le chef d’entreprise doit donc s’assurer :

  • qu’il loue un Ă©quipement de travail (neuf ou d’occasion) conforme aux règles techniques qui le concernent ;
  • que les formalitĂ©s et les procĂ©dures de mise sur le marchĂ© ont Ă©tĂ© accomplies, c’est-Ă -dire, procĂ©dure de certification de conformitĂ©, prĂ©sence de la dĂ©claration CE de conformitĂ© pour la première location Ă  l’état neuf ou certificat de conformitĂ© pour un matĂ©riel d’occasion, existence d’un marquage CE, notice d’instruction entre autres.

Le non-respect de ces dispositions est sanctionné d’une amende de 10 000 euros et permet, à lui seul, des poursuites à l’encontre du locataire, même en l’absence d’accident du travail occasionné par l’équipement utilisé (C. trav., art. L. 4741–1).

Le chef d’entreprise qui loue de matériel doit, en outre, veiller à ce que les équipements de travail mis en service ou utilisés dans son établissement soient équipés, installés, utilisés, réglés et maintenus de manière à préserver la sécurité et la santé des travailleurs (C. trav., art. L. 4321–1). Il doit mettre à dispositions des salariés des outils, des machines ou des appareils leur permettant de réaliser le travail demandé dans les meilleures conditions.

L’article L. 4121–3 du Code du travail lui impose par ailleurs d’évaluer les risques pour les salariés, y compris dans le choix des équipements de travail et des installations à aménager. Il doit transcrire dans le document unique les résultats de l’évaluation pour ce qui concerne l’adaptation des matériels loués pour les travaux à réaliser, les risques de ces équipements et les mesures de prévention apportées.

Enfin, il faut savoir que le Code du travail prévoit d’autres prescriptions à respecter, telles que l’installation et l’espace autour de la machine, la stabilité, etc.

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Notes techniques hygiène et sécurité du travail, n° 243 – juin 2016 (Institut national de recherche en sécurité).

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