Licenciement pour inaptitude : qu’en est-il si l’inaptitude résulte d’un manquement de l’employeur à son obligation de sécurité ?
Attention
La réglementation a pu évoluer depuis la publication de cet article. Pensez à vérifier les textes en vigueur.
Un licenciement pour inaptitude ne peut ĂŞtre envisagĂ© si cette inaptitude rĂ©sulte elle-mĂŞme d’un manquement de l’employeur Ă son obligation de sĂ©curitĂ©. Cette solution, appliquĂ©e Ă de multiples occasions, nous conduit Ă nous interroger sur cette question : qu’en est-il si l’employeur invoque la prescription du manquement qui lui est reprochĂ© ? Le licenciement peut-il ĂŞtre malgrĂ© tout justifiĂ© ?Â
Licenciement d’un salarié inapte : injustifié si l'inaptitude découle d’un manquement de l’employeur à son obligation de sécurité
L’employeur confronté à l’inaptitude d’un salarié peut, dans des circonstances précisément identifiées par la loi, engager une procédure de licenciement à son encontre. Aussi, cette rupture ne peut intervenir que si l’employeur justifie :
- soit de son incapacitĂ© Ă satisfaire Ă son obligation de reclassement ;Â
- soit du refus, par le salariĂ©, de sa ou de ses propositions de reclassement ;Â
- soit d’une dispense expresse de reclassement.Â
Une rĂ©serve a Ă©tĂ© cependant explicitĂ©e par la Cour de cassation il y a de cela plusieurs annĂ©es.Â
Quelquefois oubliĂ©e voire ignorĂ©e des employeurs, elle repose sur l’idĂ©e qu’un licenciement pour inaptitude ne peut ĂŞtre justifiĂ© s’il est dĂ©montrĂ© que l'inaptitude est elle-mĂŞme consĂ©cutive Ă un manquement de l'employeur Ă son obligation de sĂ©curitĂ©.Â
Notez le
Le licenciement notifié en méconnaissance de cette règle autorisera, de ce fait, le salarié à solliciter une indemnité pour licenciement sans cause réelle et sérieuse. Il disposera, à cette fin, et à compter de la notification de son licenciement, d’un délai de 12 mois pour saisir le juge prud’homal.
Rappelée à intervalles réguliers, cette solution a fait l’objet d’une nouvelle illustration en septembre 2024 (Soc., 18 septembre 2024, n° 23-14.652). L’affaire concernait ici un employeur qui avait procédé au licenciement d’une salariée inapte alors même qu’il était démontré :
- d’une part, que ce dernier avait manquĂ© Ă son obligation de sĂ©curitĂ© en ne prenant aucune mesure destinĂ©e Ă allĂ©ger la charge de travail de la salariĂ©e ;Â
- d’autre part, que l’inaptitude de cette salariĂ©e Ă©tait consĂ©cutive Ă ce manquement de l’employeur.Â
Il nous paraĂ®t opportun, Ă ce stade, de mentionner d’autres hypothèses couvertes par cette solution. A savoir si l’employeur :Â
- n’a pas aménagé le poste de travail d’un salarié conformément aux préconisations du médecin du travail ;
- a tardé à organiser une visite de reprise bien qu’ayant été informé du fait que le salarié continuait à manipuler des charges lourdes et à effectuer des missions pénibles ;
- n’a pas pris toutes les mesures de prévention nécessaires pour faire cesser une situation de conflit opposant un salarié à d'autres collègues ;
- a imposé au salarié, pendant plusieurs années, un volume de travail anormal.
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