QUESTION, RÉPONSE

Le rhume des foins, ce n’est pas le problème de l’employeur

Publié le 28/05/2025 à 07:38
·

Temps de lecture : 2 min

Faux. 

C’est la période des pollens et certains salariés, sujets au rhume des foins, éternuent à répétition et ont les yeux larmoyants. C’est contrariant, mais on pourrait penser que cela ne concerne pas spécialement l’employeur.

Tout dépend de l’allergie en cause.

Saviez-vous que certains produits sont à l’origine de rhinites professionnelles ?

Lors de contacts souvent répétés, les agents sensibilisants ou allergènes, de nature chimique ou protéique, peuvent induire une sensibilisation. Lors de contacts ultérieurs, ils peuvent provoquer une réaction allergique, respiratoire ou cutanée.

Les allergies respiratoires peuvent se traduire par des rhinites ou des asthmes professionnels, mais aussi par des pneumopathies d’hypersensibilité. Le plus fréquent est l’asthme.

Notez le

L’asthme concerne environ 4 millions de personnes en France. On estime que 15 à 20 % des asthmes sont d’origine professionnelle.

L’asthme professionnel est le plus souvent provoqué par les produits de nettoyage, la farine et les produits de coiffure. De nombreux métiers sont concernés : mise en propreté, coiffure ou boulangerie-pâtisserie, mais aussi, par exemple, transformation du bois (poussières de bois et colles) ou élevage (poils ou plumes d’animaux).

Les agents le plus souvent mis en cause dans la dermatite de contact allergique professionnelle sont les métaux, les produits de coiffure et les biocides. Les métiers les plus concernés sont ceux de la coiffure, de la santé et de la mise en propreté, ainsi que les métiers de maçon et de mécanicien.

Ces allergies sont très pénalisantes et nécessitent souvent un aménagement de poste, un reclassement ou une réorientation professionnelle des travailleurs concernés. Leur prévention est donc indispensable.

La démarche de prévention consiste à :

  1. Évaluer les risques, à savoir notamment estimer la dangerosité des produits, mesurer les facteurs d’ambiance, analyser les processus. Les principales sources d’information pour les produits sont les fiches de données de sécurité, les fiches toxicologiques ou les tableaux de maladies professionnelles.
  2. En priorité, supprimer ou substituer les agents sensibilisants si cela est techniquement possible. Par exemple, un nettoyant de surface avec biocides peut être remplacé par un détergent formulé sans biocide.
  3. Adapter les méthodes de travail. Ainsi, en prothésie ongulaire, les produits en aérosols peuvent être remplacés par des formes en gel.
  4. Confiner ou capter à la source, comme en boulangerie quand la farine est chargée directement depuis un silo vers un pétrin muni d’un capot transparent.
  5. En complément, adopter des protections individuelles adaptées.
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Michaël Bouvard

Chargé de mission qualité de vie au travail

Chargé de mission qualité de vie au travail, j'oeuvre sur différents sujets relevant de ce domaine : prévention et évaluation des risques psychosociaux, prise en compte de la qualité de vie au …

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