La motivation au travail : comment motiver réellement et durablement au travail ?
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La rĂ©duction du stress et la prĂ©vention des risques psychosociaux ne garantissent pas, Ă elles seules, une amĂ©lioration du bien-ĂŞtre au travail. En effet, un salariĂ© peut ĂŞtre prĂ©servĂ© d’un stress Ă©levĂ© dans son environnement de travail mais pour autant s’y ennuyer profondĂ©ment. Les recherches sur la motivation au travail s’intĂ©ressent Ă ce qui va expliquer qu’un individu se sente bien dans son mĂ©tier et aux facteurs qui vont produire son engagement au travail.Â
La motivation au travail « fait rĂ©fĂ©rence aux Ă©nergies investies pour initier et rĂ©guler les comportements liĂ©s Ă un emploi et qui dĂ©terminent la forme, la direction, l’intensitĂ© et la durĂ©e de ces dits comportements » selon Jacques Forest et Geneviève A. Mageau, chercheurs en psychologie Ă l’UniversitĂ© du QuĂ©bec Ă MontrĂ©al. En effet, la motivation au travail varie en forme et en intensitĂ©, ce qui la rend multidimensionnelle.Â
Les différentes formes de la motivation
La théorie de l’autodétermination (TAD) contribue à comprendre plus finement la motivation au travail à travers deux grands types de motivation : la motivation autonome et la motivation contrôlée.
1. La motivation autonome
Cette forme de motivation est dite autonome car elle s’auto-entretient. Elle est donc peu couteuse en Ă©nergie, contrairement Ă la motivation contrĂ´lĂ©e.Â
Ă€ l’extrĂŞme droite du continuum d’autodĂ©termination se trouve la forme de motivation la plus autodĂ©terminĂ©e, soit la motivation intrinsèque. La motivation intrinsèque fait rĂ©fĂ©rence au fait d’accomplir une ou plusieurs tâches au travail par intĂ©rĂŞt, par plaisir ou encore par satisfaction inhĂ©rente Ă la tâche. Les travailleurs qui sont principalement motivĂ©s de façon intrinsèque indiqueront qu’ils ont beaucoup de plaisir Ă travailler et qu’ils s’amusent Ă rĂ©aliser les tâches relatives Ă leur emploi.Â
Juste à côté de la motivation intrinsèque se trouve la motivation identifiée, qui a trait aux tâches qui sont réalisées par conviction personnelle, parce qu’elles sont jugées comme importantes ou encore parce qu’elles correspondent aux valeurs de l’individu. Ces tâches ne sont pas nécessairement agréables, mais il est important pour la personne de les réaliser. À titre d’exemple, une personne décide d’assister aux réunions hebdomadaires de son unité de travail non pas parce que c’est une tâche plaisante en soi, mais bien parce que c’est important pour cette personne de s’impliquer. Les employés ayant un niveau élevé de motivation identifiée avanceront que leur travail leur permet d’atteindre leurs objectifs de vie ou encore que leur emploi concorde bien avec leurs valeurs personnelles.
2. La motivation contrôlée
On trouve au milieu du continuum d’autodĂ©termination le premier des deux types de motivation contrĂ´lĂ©e, soit la motivation introjectĂ©e. Ce type de motivation traite globalement de l’engagement, de l’égo et de la valeur personnelle contingente Ă la performance. Pour les individus ayant un degrĂ© Ă©levĂ© de ce type de motivation, leur valeur personnelle variera (Ă leurs yeux) en synchronie avec leurs performances au travail. Ă€ titre d’exemple, un vendeur estimera qu’il a une « valeur » personnelle s’il obtient de bons chiffres de ventes et il estimera qu’il n’est pas un travailleur valable dans les pĂ©riodes creuses. Son estime de soi est dĂ©pendante de sa performance, ce qui ne sera pas le cas avec des types de motivation plus autodĂ©terminĂ©e. Les individus ayant un degrĂ© très fort de motivation introjectĂ©e diront qu’ils travaillent pour ne pas perdre leur rĂ©putation ou qu’ils doivent ĂŞtre les meilleurs pour se sentir bien dans leur domaine.Â
Le deuxième type de motivation contrĂ´lĂ©e et aussi le type de motivation le moins autodĂ©terminĂ©e est la motivation extrinsèque, qui implique que l’individu agit par conformitĂ© ou encore pour la recherche de rĂ©compenses externes et l’évitement de punitions. Les individus avec un degrĂ© Ă©levĂ© de motivation extrinsèque avanceront entre autres qu’ils effectuent leur travail parce que cela leur procure un certain niveau de vie, que leur travail leur permet de faire beaucoup d’argent ou encore que la raison principale pour laquelle ils se rendent au travail chaque matin est le salaire et les avantages sociaux que celui-ci procure. La motivation extrinsèque rĂ©pond Ă la fonction Ă©conomique (versus expressive) du travail.Â

Applications concrètes des 4 types de motivation sur le monde du travail
La recherche démontre que des degrés élevés de motivation autonome (intrinsèque et identifiée) sont positivement corrélés à des conséquences salutaires et négativement corrélés à des conséquences malsaines. Et ce, tant au plan physique, psychologique (plus de vitalité et d’énergie, moins d’épuisement professionnel), comportemental (moins d’absentéisme, plus grande intention de demeurer en emploi) qu’économique (plus de profits et moins de coûts de santé).
Les diffĂ©rents types de motivation ont donc des impacts diffĂ©rents sur l’individu, sa performance, son bien-ĂŞtre et aussi sur l’organisation Ă laquelle il appartient.Â
Plus la motivation est dite autonome ou autodĂ©terminĂ©e, plus elle va concourir au dĂ©veloppement du bien-ĂŞtre de l’individu et aux comportements positifs associĂ©s. L’enjeu rĂ©side donc dans le fait de parvenir Ă construire une organisation du travail qui prĂ©serve l’individu d’un stress trop Ă©levĂ© mais Ă©galement qui lui permette de prendre du plaisir, d’éprouver un sentiment de fiertĂ© vis-Ă -vis de son travail et de comprendre le sens des activitĂ©s qu’il exĂ©cute.Â
Pour initier ou renforcer la démarche de prévention des risques psychosociaux dans votre entreprise, nous vous recommandons la documentation :

Consultante psychologue du travail
Psychologue du travail, ergonome et titulaire d'un DESS de Conseil en Management obtenu à Montréal, Clémence Ruelle intervient en tant que consultante psychologue du travail sur des sujets relatifs …
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