Enquête interne en matière de discrimination et de harcèlement sexuel : la Défenseure des droits délivre de nouvelles recommandations
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La Défenseure des droits, Claire Hédon, tire la sonnette d’alarme sur les enquêtes internes menées en matière de discrimination et de harcèlement sexuel, minées par la disparité des pratiques et les différents manquements des entreprises dans leur réalisation. Pour résoudre cette situation propice à la persistance de tels agissements et à l’impunité de leurs auteurs, cette dernière vient de délivrer plusieurs recommandations propres à chaque étape de la procédure.
Instituer des dispositifs d’écoute et de signalement efficaces et accessibles
Claire HĂ©don entame son propos sur les enquĂŞtes internes par un rappel essentiel. Les employeurs du secteur privĂ© sont tenus, en vertu de l’article 4 de l’accord national interprofessionnel du 26 mars 2010, de mettre en place un « dispositif de recueil des signalements ».Â
Dans cette perspective, rappelle cette dernière, les employeurs peuvent alors :
désigner d’un interlocuteur dédié (ex : référent harcèlement sexuel) ;
instituer une cellule d’écoute et/ou un dispositif de signalement.
A titre de bref rappel, la cellule d’écoute est une instance permettant à la victime présumée ou à un témoin d’être entendus, informés sur leurs droits et orientés, si nécessaire, vers des professionnels compétents (associations, médecine du travail, etc.). Susceptible de réunir des personnes internes et externes à l’entreprise, elle n’exige pas l’association des chargés des ressources humaines, la transmission des signalements ou encore l’ouverture d’une enquête.
S’agissant du dispositif de signalement, celui-ci se singularise en ce qu’il soumet l’employeur à l’obligation de traiter le signalement, généralement dans le cadre d’une enquête interne.
Internalisés ou externalisés, l’essentiel repose, selon la Défenseure des droits, sur l’exigence de garantir la compétence et l’impartialité des membres de la cellule d’écoute ou du dispositif de signalement.
Notez le
La pertinence d’une externalisation dépendra, entre autres, de la taille et des spécificités de chaque entreprise. Pour les petites entreprises par exemple, elle présentera un intérêt certain afin de garantir l’indépendance et la confidentialité des dispositifs.
Pour ce faire, elle exige que celles-ci soient formées, préalablement, régulièrement et avec intensité, en matière :
de recueil de la parole et d’orientation de la victime ;Â
de cadre juridique applicable (harcèlement discriminatoire, harcèlement sexuel, aménagement de la preuve, etc.) ;
d’identification des types de violence ;Â
d’obligation de santĂ© et sĂ©curitĂ© supportĂ©e par l’employeur.Â
Mais pour assurer l’efficacité de ces dispositifs, encore faut-il que les salariés acceptent d’y recourir. Or sur ce point, il est constaté que les taux de saisine, frappés par de multiples facteurs, demeurent extrêmement faibles (manque d’information, manque de confiance, crainte de représailles, etc.).
Pour enrayer cette tendance, la DĂ©fenseure des droits prĂ©conise, d’une part, de communiquer rĂ©gulièrement sur :Â
les voies de signalement existantes afin de favoriser son recours ;
les garanties apportĂ©es en termes de confidentialitĂ© et d’impartialité ;Â
et les protections susceptibles d’être mises en place.Â
Notez le
Afin que cette communication touche le plus grand nombre de salariés, plusieurs supports de communication doivent être simultanément mobilisés (ex : intranet, affichage, flyers, réunions).
D’autre part, elle appelle Ă faciliter l’accès aux cellules d’écoute et aux dispositifs de signalement :Â
à toutes les catégories de salariés (CDI, CDD, intérimaires, apprentis, etc.) et à d’autres catégories d’intervenants (candidats, bénévoles, etc.) ;
en mobilisant, une fois encore, diffĂ©rents canaux de communication (tĂ©lĂ©phone, mail, chat en ligne, etc.).Â
Suivre avec rigueur les différentes étapes du traitement d’un signalement
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