Enquête : impacts de l’intelligence artificielle sur le travail

Publié le 19/04/2023 à 08:09
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Temps de lecture : 4 min

Attention

La réglementation a pu évoluer depuis la publication de cet article. Pensez à vérifier les textes en vigueur.

Le LaborIA a été fondé en novembre 2021 par le ministère du Travail en partenariat avec l’Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique (Inria). Son objectif est d’analyser les effets de l’intelligence artificielle (IA) sur le travail. On connaît les premiers résultats de son enquête menée auprès de 250 décideurs d’entreprise.

Enquête SIA : présentation

L’enquête de LaborIA a été menée auprès d’entreprises publiques et privées de plus de 50 salariés. Elle se présente sous la forme d’un questionnaire adressé à 250 décideurs (39,2 % de DRH, 22 % de DAF, 25,2 % service informatique, production, Marketing, etc.) qui sont actifs en matière d’utilisation de SIA.

Parmi les secteurs d’activité représentés, on peut citer :

  • l’industrie (15 %) ;
  • l’administration publique (15 %) ;
  • les services financiers (13 %) ;
  • le commerce de gros et de dĂ©tail (14 %) ;
  • le BTP, la construction et le transport ( 9 %) ;
  • autres services (34 %).

Notez le

70 % de l’échantillon travaillent dans des TPE-PME et 30 % dans des ETI et des grandes entreprises.

EnquĂŞte SIA : les raisons qui poussent Ă  investir dans les SIA

Le questionnaire porte sur l’impact de l’intelligence artificielle sur le travail, les raisons qui poussent les entreprises à investir dans les systèmes d’IA (SIA) et les problèmes que ces dernières peuvent rencontrer lors de leur mise en œuvre.

Distinction entre les utilisateurs de SIA et les non-utilisateurs

83 % des répondants déclarent n’avoir aucun projet de SIA, cela représente 85 % des PME. Parmi ceux qui répondent avoir un projet de SIA (17 %), 15 % sont des PME et 22 % travaillent dans des entreprises de 250 salariés et plus.

Le questionnaire permet de distinguer :

  • les utilisateurs des SIA. Ils reprĂ©sentent 21,2 % des personnes interrogĂ©es (42 personnes/250). Les questions qui leur sont posĂ©es permettent de savoir quel type de SIA ils utilisent, les motifs d’utilisation, les obstacles rencontrĂ©s lors de leur mise en Ĺ“uvre et l’impact sur le travail ;
  • des non-utilisateurs. Ces derniers sont interrogĂ©s sur leur reprĂ©sentation de l’IA.

L’industrie représente le secteur qui utilise le plus les SIA (27 %) parmi les répondants. Cette prépondérance s’explique notamment par le développement de l’usage de robots industriels et les SIA de détection de défaut.

Les utilisateurs des SIA sont 13 % dans l’administration publique et 14 % dans le commerce de gros et de détail. Le secteur qui déclare le moins de cas d’usage de SIA est le secteur du BTP, de la construction et du transport.

Les SIA utilisés

Pour cette enquête, les SIA sont regroupés en 6 catégories. Il ressort que les plus utilisés sont :

  • dĂ©tection de dĂ©fauts et d’anomalies (35 %). Cela reprĂ©sente 22 rĂ©pondants dont 9 du secteur de l’industrie ;
  • les machines autonomes (19 %). 7 des 12 rĂ©pondants sont du secteur de l’industrie ;
  • les chatbots et callbots (16 %). Sur les 10 rĂ©pondants, 4 sont dans le services financiers, 2 dans l’industrie ;
  • l’utilisation de la vision (11%) ;
  • les SIA linguistiques (5 %).

L’industrie est le secteur le plus mature en ce qui concerne l’appropriation des SIA notamment en raison de ses besoins d’autonomisation des tâches manuelles.

Parmi les motifs avancés pour justifier le recours aux SIA :

  • 81 % des utilisateurs dĂ©clarent qu’ils les utilisent pour rĂ©duire les risques d’erreur, 86 % dans l’industrie) ;
  • 75 % pour l’amĂ©lioration des performances des salariĂ©s, 70 % pour l’industrie ;
  • 74 % la rĂ©duction des tâches fastidieuses.

Parmi les freins et obstacles rencontrés lors de l’avancement d’un projet SIA :

  • 38 % invoquent la compatibilitĂ© avec les outils existants ;
  • 37 % le manque d’expertise en interne ;
  • 32 % le coĂ»t de l’investissement ;
  • la rĂ©ticence du personnel et celle des syndicats est Ă©voquĂ©e par 10 % des rĂ©pondants.

Impact des SIA sur le travail

Il ressort de cette enquête que 73 % des utilisateurs de SIA estiment que leur impact sur le travail est plutôt positif alors qu’ils sont 45 % chez les non-utilisateurs à imaginer un impact plutôt positif.

Les non-utilisateurs envisagent pour 40 % d’entre eux que les SIA n’auraient aucun impact sur le travail (8 % pour les utilisateurs) et qu’ils auraient un impact négatif pour 12 % d’entre eux (0 pour les utilisateurs).

72 % des utilisateurs déclarent que les SIA ont un impact sur leur autonomie, 68 % sur l’évolution de leurs savoir-faire et 47 % sur le sens donné au travail.

Pour compléter et confronter les résultats de cette enquête, des investigations terrains sont actuellement en cours.


Ministère du travail, LaborIA : premiers résultats d’une étude sur le déploiement de l’IA dans les organisations, 28 mars 2023

Isabelle Vénuat

Juriste en droit social et rédactrice au sein des Editions Tissot

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