Connaissons-nous réellement notre niveau d’adaptation professionnelle ?

Publié le 14/05/2025 à 07:37·Modifié le 03/12/2025 à 17:57
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Temps de lecture : 3 min

Souvent présentée comme un critère d’embauche attendu, la capacité d’adaptation fait surtout référence à une capacité de se soumettre à différents rythmes de travail sous pression et répondre à des exigences multiples dans un temps donné. Toutefois, sans l’exprimer clairement, elle demande aussi de savoir manœuvrer avec les nombreuses incohérences organisationnelles.  

De la capacité d’adaptation au cauchemar d’adaptation

Tout comme notre niveau de tolérance ou d’endurance, notre capacité d’adaptation est bien individuelle, en fonction de chacun. Mais au travail, nous la traitons plutôt comme un genre d’acquis qui, disons-le, ne reçoit guère de considération. Pourtant, cette capacité d’adaptation peut vite se transformer en cauchemar d’adaptation.  

Responsable de risques psychosociaux importants lorsqu’elle est sur-sollicitée ou surexploitée, elle affecte nos humeurs, notre patience, notre capacité d’analyse et notre niveau de résistance au changement. Lorsque la limite est franchie, elle devient un important générateur de stress et d’anxiété qui impacte non seulement la performance, mais peut remettre en question notre système de valeurs individuelles et questionner celles de l’organisation ainsi que l’implication professionnelle et l’engagement. 

Nous pouvons célébrer toutes les innovations, les nouvelles technologies qui facilitent le travail, la communication, l’efficacité, mais nous ne pouvons pas changer les besoins fondamentaux de la nature humaine. Et lorsque nous en faisons abstraction, nous devenons malades psychiquement et physiquement. Il est facile, voire étrange, de penser que nous pouvons nous exposer continuellement à de nouveaux périmètres et paramètres sans en ressentir les effets. Comme si l’humain était cette machine qui devait s’adapter à nos désirs. 

Surexploitation des capacités et santé mentale

Aujourd’hui, la santé mentale au travail n’est plus un sujet réservé aux « faibles », comme étaient qualifiés, à une époque pas si lointaine, ceux qui ne savaient plus s’adapter. Parce qu’il s’agit bien d’adaptation surexploitée quand nous arrivons au bout de nos forces, quand nous « cassons ». On le sait maintenant, ce problème tentaculaire touche au moins 50 % des salariés. Et la QVCT n’a rien changé du paysage désastreux qu’offre le cadre professionnel, peu importe l’activité.  

Peut-être que certains éléments manquaient à l’équation ou que les organisations sont restées dans leur défensive habituelle, sourdes et muettes aux facteurs humains qui influencent l’organisation. Mais les conséquences sont importantes car ce déni ou cet évitement ne peut que se répercuter par la suite sur les salariés pris au piège des volontés dirigeantes axées sur des intérêts plus nobles à leurs yeux. Si l’envie vient de jeter la pierre sur un raisonnement qui, d’apparence, pourrait s’avérer simpliste, il faut alors se référer à notre échelle de valeurs socio-professionnelles. Plus le travail se rapproche de l’humain, moins il est reconnu et payé. Les soignants qui vivent tiraillés par la pression exercée de l’augmentation des besoins humains et leur incapacité de s’adapter davantage finissent eux aussi « cassés ». Lorsqu’on parle de fraternité comme valeur sociétale, il vaut mieux réviser sa copie.  

Une des raisons qui fait que nous ne sommes plus disponibles aux autres est que notre seuil de capacité d’adaptation se trouve franchi. L’individualisme n’est pas juste un problème occidental ayant pour origine un besoin égocentrique. C’est un courant alimenté par l’usure des limites personnelles et professionnelles. Plus nous devenons intolérants, moins nous pouvons nous adapter. Moins nous pouvons nous adapter, et plus nous devenons intolérants. 

Deux éléments fondamentaux pour l’humain se confrontent continuellement à une totale indifférence : la cohérence et l’acception des réalités telles qu’elles sont. Ils sont pourtant cruciaux pour favoriser la réduction des facteurs de stress de manière instantanée sans peser sur notre capacité d’adaptation. 

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Prisca Lepine auteur
Prisca Lépine

Québécoise au parcours atypique, d’abord psychologue clinicienne dans une large institution de santé, j’ai été rapidement saisie par l’impact du climat de travail sur les comportements, et, au même …

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