Changement climatique : protéger la santé des salariés des risques liés à la chaleur
Il suffit de penser à l’actualité récente pour vérifier à quel point la hausse des températures affecte notre vie quotidienne, notre organisation, nos activités. A l’évidence, cette conséquence du changement climatique impacte aussi les risques pesant sur la santé et la sécurité des travailleurs. L’heure est donc à l’action pour les employeurs.
Notre climat est en train de changer : cette affirmation, qui faisait encore dĂ©bat il y a quelques annĂ©es, ne souffre plus aujourd’hui de la moindre contestation.Â
Les deux consĂ©quences les plus importantes du changement climatique rĂ©sident dans l’augmentation des tempĂ©ratures ainsi que dans l’accroissement de la frĂ©quence et de la violence des alĂ©as climatiques.Â
En France, les trois années les plus chaudes depuis le 20e siècle se situent toutes après 2020. Par ailleurs, le nombre de jours de forte chaleur (au moins 30°C) augmente de manière significative sur l'ensemble du territoire, en particulier dans le sud et le centre de l’Hexagone. Cette hausse des températures a des impacts en termes de risques professionnels.
La chaleur et le corps humain, comment ça marche ?
Un peu de science : c’est quoi l’homéothermie et la thermorégulation ?
L’homme est homéotherme. Cela signifie que pour fonctionner de manière optimale, le corps humain cherche à maintenir sa température interne à une valeur proche de 37 ° grâce à un mécanisme de thermorégulation.
Plus la température de notre environnement augmente et plus notre corps devra fournir d’efforts pour maintenir cette homéothermie. Par ailleurs, plus nous fournissons d’efforts physiques et plus notre corps va produire de chaleur, ce qui compliquera donc d’autant plus ce travail de thermorégulation. Enfin, un environnement humide va empêcher notre transpiration de s’évaporer et limiter ainsi les possibilités de refroidissement de notre corps (la chaleur sera mortelle dès 35° dans un environnement saturé d’humidité alors que l’on peut survivre à des températures de 50° dans un environnement sec).
Les conséquences : stress thermique et coup de chaleur
Une situation de stress thermique apparaĂ®t lorsqu’il ne nous est plus possible de rĂ©guler notre tempĂ©rature interne.Â
Une exposition à ce stress thermique, même modérée, peut déjà provoquer fatigue, perte de vigilance et modification de l’humeur. Une exposition plus intense risque d’entraîner un emballement de notre température interne. C’est ce que l’on appelle le coup de chaleur. Les symptômes du coup de chaleur peuvent se présenter sous différentes formes : soif intense, vertiges, transpiration excessive, fièvre élevée, somnolence, crampes musculaires et vision floue.
Toute activité professionnelle doit être arrêtée dès les premiers symptômes. En effet, le coup de chaleur peut provoquer une perte de connaissance, voire conduire au décès de la personne sous ses formes les plus graves.
Les obligations de l’employeur : la nécessité de prévoir des mesures
La loi ne prévoit pas spécifiquement de température au-dessus de laquelle il est nécessaire d’arrêter une activité de travail. Mais attention, il ne faut surtout pas en déduire que l’employeur n’a aucune responsabilité en ce qui concerne l’exposition d’un travailleur à la chaleur. Au contraire, celle-ci sera même renforcée à compter du 1er juillet 2025.
Sa faute inexcusable pourrait également être reconnue s’il est démontré qu’il n’a pas pris les mesures nécessaires pour protéger son salarié alors même qu’il avait, ou aurait dû avoir, conscience du danger auquel celui-ci était exposé.
Il est possible, dans une perspective de simplification, de classer ces mesures en 4 grandes catégories :
Un environnement de travail amĂ©nagĂ© :Â
- vérifier que les adaptations techniques pertinentes (stores, aération, ventilateurs, etc.) permettant de limiter les effets de la chaleur ont été mises en place et sont fonctionnelles ;
- s’assurer du renouvellement de l’air dans les locaux fermés où les salariés sont amenés à séjourner ;
- prévoir un local de repos frais ou des aménagements ombragés pour les travaux en extérieur.
Des Ă©quipements de protection adaptĂ©s :Â
- s’assurer de la compatibilité des équipements de protection individuelle et collective avec la chaleur ;
- prévoir des aides mécaniques à la manutention.
Une souplesse dans l’organisation du travail :Â
- aménager les horaires : début plus matinal, suppression des équipes d’après-midi, etc.
- favoriser si possible le télétravail ;
- organiser des pauses supplémentaires et/ou plus longues aux heures les plus chaudes, dans des lieux frais si possible ;
- s’assurer de la bonne hydratation des travailleurs, surtout en cas de travail à l’extérieur ;
- prévoir une organisation du travail adaptée à l’activité : réduire les cadences si nécessaire, alléger les manutentions manuelles, etc.
Une vigilance accrue sur les règles de sĂ©curitĂ© :Â
- éviter le travail isolé ;
- former et informer les salariés sur les risques, les signes et symptômes du coup de chaleur et les bonnes pratiques, diffuser les consignes de conduite à tenir le cas échéant.
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