Protection d’un salarié candidat aux élections : quid en cas d’élections annulées et reportées ?

Publié le 09/02/2024 à 07:48·Modifié le 07/05/2024 à 07:59
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Temps de lecture : 3 min

Attention

La réglementation a pu évoluer depuis la publication de cet article. Pensez à vérifier les textes en vigueur.

Un salarié qui se porte candidat aux élections professionnelles bénéficie d’une protection d’en principe 6 mois. Mais quel est le point de départ précis de ce délai et quelles conséquences peut avoir l’annulation et le report de l’élection ?

Une protection de 6 mois pour le candidat aux élections professionnelles

Un salarié qui se porte candidat aux élections professionnelles bénéficie d’une protection dès lors que l’employeur a connaissance de la candidature du salarié ou de son imminence. Cette protection bénéficie tant pour les candidats au premier tour qu’au second.

Et même si le salarié n’est pas élu, il la conserve pendant 6 mois à compter de l’envoi de la lettre de candidature à l’employeur.

La protection joue même si le collaborateur retire sa candidature avant l'élection ou si les élections sont annulées.

Sachant que pour déterminer si un salarié est toujours protégé, il faut se placer à la date d’envoi de la convocation à l’entretien préalable au licenciement. Une situation souvent favorable au salarié puisque sa protection pourra s’appliquer même si son statut protecteur a expiré au jour de l’entretien. Mais qui peut aussi jouer en sa défaveur si elle démarre juste après la convocation.

Une protection qui s’apprécie au jour de la convocation à l’entretien préalable peu important l’annulation et le report des élections

La Cour de cassation vient de nous donner un bon exemple de la façon dont il faut apprécier la protection.

Dans cette affaire, un salarié s’était porté candidat aux élections du CHSCT (remplacé depuis par le CSE). Sa candidature avait été déclarée le 27 décembre 2016 et sa protection courait donc jusqu’à fin juin 2017. Le 2 juin les élections ont été annulées.

Il a été convoqué à un entretien préalable le 3 juillet, qui a eu lieu le 12 juillet, avant d’être licencié le 18.

Sachant que le 4 juillet 2017, dans le cadre des nouvelles élections à venir, il a été décidé de maintenir les candidatures initiales. Soit vraiment juste après que le salarié avait été convoqué à un entretien préalable mais avant cet entretien. Fallait-il en déduire que le salarié était protégé ?

Non pour la Cour de cassation dans la mesure où à la date de la convocation le salarié ne bénéficiait pas d’un statut protecteur. Peu importe qu’il en ait acquis un dès le lendemain et que l’employeur soit au courant au jour de l’entretien, ce qui compte c’est la situation à la date d’envoi de la convocation.

Pour en savoir davantage sur l’étendue du statut protecteur, les Editions Tissot vous suggèrent leur documentation « CSE ACTIV ».


Cour de cassation, chambre sociale, 31 janvier 2024, n° 22-18.618 (la qualité de salarié protégé s'apprécie à la date de l'envoi par l'employeur de la convocation à l'entretien préalable au licenciement)

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