L’employeur peut-il imposer la mise en place de bons de délégation ?

Publié le 08/06/2012 à 00:00·Modifié le 11/07/2017 à 18:23
·

Temps de lecture : 3 min

Attention

La réglementation a pu évoluer depuis la publication de cet article. Pensez à vérifier les textes en vigueur.

Le bon de délégation ne figure pas dans le Code du travail : il s’agit simplement d’une pratique répandue, depuis longtemps, et donc bien connue des tribunaux…

Les bons de délégation consistent à créer une procédure interne à l’entreprise de déclaration écrite et formalisée des absences liées à l’utilisation des heures de délégation: depuis longtemps sous la forme de « bons », c’est-à-dire de formulaires types à remplir et à remettre, et, de plus en plus aujourd’hui, sous la forme de systèmes automatisés de déclaration des heures de départ et retour.

Les litiges soumis aux tribunaux ont donc porté sur la question de savoir si la simple existence ou les modalités d’organisation de ces bons de délégation étaient licites au regard des principes de libre utilisation des heures de délégation.

Les tribunaux, comme le ministère, ont jugé que les bons de délégation ne sont pas en soi illicites mais leurs modalités peuvent les rendre illicites :

  • ils sont licites lorsque leurs modalitĂ©s sont uniquement celles strictement nĂ©cessaires Ă  la bonne marche de l’entreprise, c’est-Ă -dire l’information de l’employeur prĂ©alable au dĂ©part du salariĂ© (nom, prĂ©nom, mandat en lien avec les dĂ©marches, voire durĂ©e prĂ©sumĂ©e de l’absence Ă  titre indicatif), voire Ă  son retour et la comptabilisation mensuelle des heures utilisĂ©es.
  • ils sont illicites lorsque leurs modalitĂ©s aboutissent Ă  instituer un contrĂ´le prĂ©alable, voire un rĂ©gime d’autorisation, tels que l’exigence d’informations sur les raisons, la durĂ©e ou le lieu d’utilisation des heures de dĂ©lĂ©gation.

Ce contrôle préalable est interdit même lorsqu’il est indirect, par exemple lorsque les membres du CE ne disposent pas de liasses de bons de délégation à leur disposition, ce qui les oblige à en demander à un représentant de l’employeur et que ce dernier n’a pas le pouvoir (ou la volonté !) de les remettre automatiquement, ou encore qu’il contrôle le solde du crédit d’heures avant de remettre le bon.

Enfin, les tribunaux soumettent également l’instauration de bons de délégation à une concertation entre le CE et l’employeur. Ceux-ci ne peuvent donc en aucun cas être imposés unilatéralement.

Les termes du principe sont vagues et ne semblent pas aller jusqu’à une possibilité de véto du CE. En réalité, il semble plutôt que cela oblige l’employeur à discuter le CE et, le cas échéant, constater un désaccord, avant de pouvoir mettre en application ce système. En cas de conflit, c’est le TGI qui tranchera en appliquant les principes énoncés ci-dessus).

Notez-le
Si le système de bons de délégation a été régulièrement mis en place et que ses modalités le rendent licite, toute violation par un membre du CE constitue une faute sanctionnable.

Cet article vous a plu ? Sachez qu’il est extrait de l’ouvrage « Le mandat d’élu CE ».

Les meilleures ventes

ACE
Tissot Information Juridique CSE
Profitez d'un l'accès illimité au service d'information juridique dédié aux membres du CSE.
À partir de787 €HT/an
Téléphone
Ecom tissot cse ia
Tissot CSE IA
La seule IA spécialement pensée pour les élus CSE : basée sur nos fonds documentaires avec l’appui de juristes spécialisés.
IA
ESSAI GRATUIT
À partir de1080 €HT/anau lieu de 1200 €
En ligne
BCS realistic
Vos représentants du personnel, faire respecter vos droits
Expliquez aux salariés le rôle et les missions du CSE ainsi que les sujets sur lesquels les élus les accompagnent.
CSEA distribuer
82 €HT
Fascicules