CDD et intérim : attention à la requalification en CDI !

Publié le 20/11/2013 à 07:48·Modifié le 11/07/2017 à 18:25
·

Temps de lecture : 4 min

Attention

La réglementation a pu évoluer depuis la publication de cet article. Pensez à vérifier les textes en vigueur.

Deux décisions récentes de la Cour de cassation sont venues rappeler aux entreprises du BTP que le recours au CDD ou à l’intérim est strictement encadré par la loi. Ainsi, outre un motif de recours valable, la durée du contrat ou de la mission ne doit pas dépasser les limites légales. Illustration.

CDD et intérim : des motifs de recours limités

La loi ne vous autorise à recourir au CDD ou à l’intérim que dans les cas suivants :

  • un accroissement temporaire d’activitĂ© (par exemple pour faire face Ă  un surcroĂ®t non durable de la charge de travail) ;
  • le remplacement d’un salariĂ© absent (quand l’employeur veut compenser l’absence momentanĂ©e d’un salariĂ© permanent dont le contrat est suspendu pour maladie, congĂ©s payĂ©s, etc.) ou passĂ© provisoirement Ă  temps partiel ;
  • l’attente de l’entrĂ©e en service d’un salariĂ© dĂ©jĂ  recrutĂ© en CDI ou de la suppression dĂ©finitive du poste du salariĂ© ayant quittĂ© l’entreprise ;
  • le remplacement d’un chef d’entreprise artisanale, industrielle ou commerciale, ou de son conjoint participant effectivement Ă  l’activitĂ© de l’entreprise Ă  titre professionnel et habituel ;
  • les travaux temporaires par nature : pour le Bâtiment, ce cas de recours ne concerne que les chantiers Ă  l’étranger.

Il est également possible de recourir :

  • au CDD dans le cadre de la politique de l’emploi ou pour certains contrats spĂ©cifiques (contrats uniques d’insertion, contrat de professionnalisation, etc.).
  • Ă  l’intĂ©rim lorsqu’il s’agit d’assurer un complĂ©ment de formation professionnelle ou de faciliter l’embauche de personnes sans emploi rencontrant des difficultĂ©s sociales ou professionnelles particulières.
Notez-le
Il existe un contrat spécifique au BTP pour la durée d’un chantier (voir notre article « Conclure et mettre fin à un contrat de chantier »).

Quel que soit le motif de recours choisi, il doit être précisément mentionné dans le CDD ou dans le contrat de travail temporaire.

Vous devrez aussi pouvoir en attester la réalité si le salarié venait à le contester devant les juges.

Tel a été le cas d’un ouvrier qui a été embauché en CDD de deux mois pour « surcroît d’activité ». Pour la cour d’appel, la mention du surcroît d’activité suffisait à constituer un motif précis, d’autant que pour elle le caractère temporaire ne pouvait être sérieusement discuté au regard de la durée totale du contrat de travail qui n’est que de deux mois. La Cour de cassation, dans une décision du 23 octobre dernier, est venue censurer cette décision, les juges du fond devant, au-delà de la mention du surcroît d’activité, vérifier la réalité de ce motif dans l’entreprise.

CDD et intérim : des durées encadrées

Sauf cas particuliers, un CDD ou une mission d’intérim doit toujours comporter une durée. Et certaines limites sont à respecter.

La durée maximale est par principe de 18 mois renouvellement compris. Mais par exception, plusieurs durées plus longues et plus courtes sont prévues pour certains motifs de recours.
Par exemple, si vous embauchez un salarié en CDD ou pour une mission d’intérim dans l’attente de l’entrée en service d’un salarié déjà recruté en CDI, ce CDD ou la mission ne pourra en principe pas excéder 9 mois.

Attention, la Cour de cassation est venue rappeler, à propos d’un conducteur de travaux mis à disposition par une boite d’intérim, que si ce délai est dépassé, le salarié peut obtenir la requalification en CDI à compter du 1er jour de sa mission.

Notez-le
Une requalification en CDI vous coûtera une indemnité minimale d’1 mois de salaire à titre de dommages et intérêts, à laquelle s’ajoutent, si le contrat s’est arrêté, les indemnités liées à la rupture du contrat de travail. L’indemnité de précarité reste également due au salarié. Enfin, vous encourrez également des sanctions pénales, à savoir une amende pouvant aller jusqu’à 3.750 euros.

Vous hésitez entre un CDD ou de l’intérim et vous voulez tout savoir des différents avantages et inconvénients de ces dispositifs ? Toutes les réponses sont dans notre documentation « Gestion pratique du personnel et des rémunérations du BTP ». Nous vous proposons de télécharger un modèle extrait de cet ouvrage sur les coûts comparatifs entre ces deux dispositifs :

Tableau comparatif des coûts du CDD et de l’intérim (xls | 1 p. | 106 Ko)

Anne-Lise Castell

Cour de cassation, chambre sociale, 23 octobre 2013, n° 12–13518 (lorsqu’il a recours au CDD pour surcroît d’activité, l’employeur doit pouvoir justifier de la réalité de ce surcroît)
Cour de cassation, chambre sociale, 23 octobre 2013, n° 12–22395 (une entreprise qui embauche pendant plus de 9 mois un salarié en contrat de mission dans l’attente de l’entrée en service d’un salarié recruté par CDI encourt une requalification en CDI)

Les meilleures ventes

TEST PB realistic 2000x1200 V2
Responsable et Gestionnaire Paie BTP
Disposez de toutes les informations pratiques, intégrant les spécificités du secteur.
Bulletins commentés
ESSAI GRATUIT
À partir de426 €HT/an
En ligne
Papier
LTA realistic
Tissot Social Entreprise ACTIV
Maîtrisez les enjeux de droit social de manière approfondie et pratique.
GuideInteractif
ESSAI GRATUIT
À partir de848 €HT/an
En ligne
Papier
DSE038 realistic 1
Kit Organiser les élections professionnelles du comité social et économique (CSE)
Facilitez-vous la vie avec ce kit prêt à l'emploi pour réaliser l'ensemble des étapes du processus électoral.
Dossiers thématiques
À partir de114 €HT/an
En ligne
Téléphone