Manquement à l’obligation de sécurité : il peut être caractérisé en cas de sentiment d’insécurité

Publié le 08/12/2010 à 00:00·Modifié le 11/07/2017 à 18:21
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Temps de lecture : 3 min

Attention

La réglementation a pu évoluer depuis la publication de cet article. Pensez à vérifier les textes en vigueur.

Un employeur peut être condamné pour manquement à son obligation de sécurité du seul fait du sentiment d’insécurité ressenti par ses salariés.

Les faits

Une salariée travaille comme agent d’accueil dans une gare routière. Devant la multiplication d’actes d’incivilités et de délinquance commis par des personnes extérieures à l’entreprise, la salariée fait état de son stress au travail à son employeur.

Elle lui reproche alors de manquer à son obligation de sécurité et demande des dommages et intérêts sur ce fondement.

Ce qu’en disent les juges

Pour se défendre, l’employeur rappelle qu’il a pris un certain nombre de mesures au cours des deux dernières années, pour faire face à l’insécurité existant au sein de la gare routière :

  • la gare a Ă©tĂ© fermĂ©e entre 12 h 30 et 15 h ;
  • il a sollicitĂ© les services de la police Ă  l’ouverture et Ă  la fermeture de la gare ;
  • il a mis Ă  la disposition de la salariĂ©e un tĂ©lĂ©phone sans fil ;
  • il a fait Ă©tablir un schĂ©ma de prĂ©ventions des risques au sein de l’entreprise (transmis aux salariĂ©s et aux institutions reprĂ©sentatives du personnel),
  • il a fait installer un système de vidĂ©o surveillance, etc.

En collaboration avec le CHSCT, l’employeur a pris des mesures renforcées pour sécuriser le poste de la jeune femme : collecte des fonds par une société extérieure, pose de films adhésifs pour la protéger de la vue extérieure, pose de caméras intérieures, pose d’un système d’alarme, etc.

Il rappelle aussi que l’agent d’accueil n’a jamais été victime d’agression.

L’employeur estime avoir fait ce qu’il avait à faire au nom de l’obligation de sécurité. Le reste relève, selon lui, de la sécurité publique.

Ce n’est pourtant pas l’avis de la Cour de cassation qui estime que « les mesures prises par l’employeur pour assurer la sécurité de la salariée sur les lieux de travail n’étaient pas suffisantes ».

Tout en estimant qu’il n’est pas nécessaire de caractériser une faute de l’employeur, la Cour de cassation condamne l’employeur à indemniser la salariée.


Arrêt de la Cour de cassation, chambre sociale, 6 octobre 2010, n° 08–45609 (pdf | 6 p. | 85 Ko)


Pour obtenir plus de précisions sur le sujet, vous pouvez consulter les chapitres dédiés à ce sujet au sein de la publication « Schémas commentés en santé et sécurité au travail ».


Cour de cassation, chambre sociale, 6 octobre 2010, n° 08–45609 (un employeur peut être condamné pour manquement à son obligation de sécurité du seul fait du sentiment d’insécurité ressenti par ses salariés)

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