L’absence de visite médicale d’embauche caractérise la faute inexcusable de l’employeur
Temps de lecture : 3 min
Attention
La réglementation a pu évoluer depuis la publication de cet article. Pensez à vérifier les textes en vigueur.
Les faits
Un salarié intérimaire est mis à la disposition d’une société de construction pour quelques 19 jours avec une période d’essai fixée à 2 jours. Le salarié, cinq jours après son embauche est décédé des suites d’un malaise cardiaque sur son lieu de travail.
Les ayants droit du salarié ont saisi un tribunal des affaires de Sécurité sociale (TASS) afin de voir reconnaître la faute inexcusable de l’employeur. Ils appuient leur action sur le fait que l’employeur n’avait pas fait passer la visite médicale d’embauche au salarié intérimaire avant la fin de la période d’essai alors même qu’il y était tenu conformément à l’article R. 4624–10 du Code du travail et que celle-ci aurait pu permettre de déceler les problèmes cardiaques du salarié.
Ce qu’en disent les juges
La cour d’appel, confirmant le TASS a rejeté cette demande. Les juges ont considéré que les demandeurs n’ont pas apporté la preuve selon laquelle l’employeur, qui avait ou aurait dû avoir conscience du danger encouru par son salarié, n’a pas pris les mesures nécessaires pour l’en préserver, peu important que la visite médicale d’embauche n’ait pas été réalisée dans les délais légaux.
Les juges de la Cour de cassation adoptent une position contraire.
Ils ont jugé « que le simple fait de ne pas avoir réalisé la visite d’embauche avant l’embauche ou au plus tard avant l’expiration de la période d’essai caractérise la faute inexcusable de l’employeur ».
En effet, l’absence de visite d’embauche constitue un manquement à l’obligation de sécurité de résultat en ce que l’employeur aurait dû avoir conscience, suite à la visite médicale d’embauche, du problème cardiaque dont souffrait son salarié. Pour engager la responsabilité de l’employeur, peu importe que la faute inexcusable ait été la cause déterminante de l’accident survenu au salarié, une « simple » cause nécessaire suffit.
Cette décision vient rappeler l’obligation qui est faite aux employeurs de mettre en place et d’assurer l’effectivité de ces visites. L’absence de visite médicale du travail sera considérée comme une faute inexcusable de l’employeur.
Pour savoir précisément quand chaque salarié doit passer une visite médicale, les Editions Tissot vous proposent leur documentation « Pratique de la santé sécurité au travail ».
Cour de cassation, 2e chambre civile, 14 mars 2013, n° 11–27989 (la visite médicale d’embauche doit nécessairement avoir été effectuée avant la fin de la période d’essai)
- Déclaration annuelle de l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés : notification des effectifs OETH d’ici le 15 mars 2026Publié le 10 mars 2026
- Prêt de main d’oeuvre : l’obligation de sécurité qui pèse sur l’employeur ne s’expatrie pasPublié le 2 mars 2026
- Questionnaire risques professionnels : simplification des démarches dès le 31 marsPublié le 24 février 2026
- Obligation d’emploi des travailleurs handicapés : ce que change le décret du 13 février 2026Publié le 18 février 2026
- Visite de reprise : l’employeur défaillant ne peut pas reprocher au salarié une absence injustifiéePublié le 12 février 2026


