Entre opportunités et risques : la digitalisation scrutée sous l’angle de la santé au travail

Publié le 10/06/2020 à 06:31·Modifié le 18/09/2020 à 14:36
·

Temps de lecture : 4 min

Attention

La réglementation a pu évoluer depuis la publication de cet article. Pensez à vérifier les textes en vigueur.

Dans son rapport « Digitalisation et sécurité-santé au travail », l’agence européenne en santé et sécurité au travail analyse l’impact des différentes technologies du digital sur les conditions de travail. Ce rapport met en évidence une balance entre opportunités et risques avant de proposer des pistes de prévention. Retrouvez-en ici les points essentiels.

Digitalisation : de quoi parle-t-on ?

La digitalisation du travail inclut notamment :

  • l’intelligence artificielle et le big data ;
  • les exosquelettes et les cobots – ou robots coopĂ©ratifs ;
  • le travail flexible et le tĂ©lĂ©travail ;
  • les outils de contrĂ´le en lien avec les objets connectĂ©s.

Digitalisation : des technologies qui peuvent faciliter la prévention

Le rapport met en évidence différentes pistes d’amélioration grâce à la digitalisation :

  • rĂ©duire l’exposition aux situations dangereuses, par exemple par l’utilisation d’un cobot ;
  • diminuer le port de charges lourdes et le risque de troubles musculo-squelettiques grâce aux cobots et aux exosquelettes ;
  • faciliter le maintien au travail et l’adaptation de poste des travailleurs en situation de handicap ou vieillissant.

Par ailleurs, la flexibilité du travail et l’autonomie que permettent ces technologies en télétravail sont appréciées dès lors que le salarié le choisit.

Enfin, l’activité des services de prévention peut être facilitée par la digitalisation :

  • par la formation immersive aux dangers cachĂ©s grâce Ă  la rĂ©alitĂ© virtuelle ;
  • par des appareils de surveillance et d’alerte intĂ©grĂ©s aux Ă©quipements de protection individuelle ;
  • par le contrĂ´le des signes vitaux ou d’indicateurs de stress.

Digitalisation : des risques physiques et psychosociaux Ă  prendre en compte

Cependant, comme Philip K. Dick l’a exposé dans des œuvres telles que Minority Report, ces technologies ne sont pas sans danger. Mal cadrée, leur utilisation peut augmenter les risques.

Les principaux risques physiques identifiés sont :

  • les poussières ou Ă©manations toxiques par l’utilisation d’imprimantes 3D ;
  • les troubles musculo-squelettiques, avec une ergonomie moindre en tĂ©lĂ©travail et des rythmes de travail augmentĂ©s par la coopĂ©ration avec un cobot ;
  • les risques liĂ©s Ă  la sĂ©dentaritĂ© en tĂ©lĂ©travail, avec l’augmentation de l’obĂ©sitĂ©, du diabète de type-2 ou du cancer ;
  • ainsi que des risques d’accident ou de blessure en cas de disfonctionnement de ces outils.

Enfin, l’agence européenne en santé et sécurité au travail pointe les facteurs de risques psychosociaux susceptibles d’augmenter :

  • l’intensitĂ© du travail, notamment en situation de travail flexible,
  • la diminution de l’autonomie et un sentiment de perte de contrĂ´le sur le rythme de travail ou sur les temps de pause,
  • la rĂ©duction des interactions sociales, que ce soit en travaillant avec des cobots ou seul chez soi,
  • la surcharge d’informations avec la rĂ©alitĂ© augmentĂ©e,
  • le dĂ©sĂ©quilibre entre vie professionnelle et vie privĂ©e en tĂ©lĂ©travail.

Digitalisation : comment prévenir les risques ?

Toute introduction d’un outil ou d’une technologie de ce type doit être mûrement réfléchie : objectifs, réorganisation, etc. D’ailleurs, dans les entreprises de plus de 50 salariés, le CSE doit être consulté lors de l’introduction de nouvelles technologies (Code du travail, art. L. 2312-8).

Les principes généraux de prévention (Code du travail, art. L. 4121-2) constituent un excellent guide. En particulier :

  • adapter le travail Ă  l’homme, notamment en intĂ©grant les facteurs humains Ă  la conception des projets et en y associant les employĂ©s ;
  • donner la prioritĂ© aux mesures de protection collective sur les mesures individuelles du type exosquelette ou d’équipements de protection avec outils de surveillance connectĂ©s ;

Enfin, s’agissant de technologies et d’outils encore peu maîtrisés, il faut évaluer les risques professionnels et les transcrire dans le document unique lors de leur introduction et lorsque des informations nouvelles à leur sujet sont connues (Code du travail, art. R4121-2).


Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail, « Le numérique et la sécurité et la santé au travail – Un programme de recherche de l’UE-OSHA », décembre 2019

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Michaël Bouvard

Chargé de mission qualité de vie au travail

Chargé de mission qualité de vie au travail, j'oeuvre sur différents sujets relevant de ce domaine : prévention et évaluation des risques psychosociaux, prise en compte de la qualité de vie au …

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