Contre-visite médicale et harcèlement moral
Temps de lecture : 3 min
Attention
La réglementation a pu évoluer depuis la publication de cet article. Pensez à vérifier les textes en vigueur.
Harcèlement moral : les faits
Une salariée est arrêtée par son médecin traitant pour un « syndrome anxio-dépressif réactionnel ».
Elle se dit victime de harcèlement moral et invoque notamment le fait que l’employeur ait fait pratiquer une contre-visite médicale à trois reprises à la suite de ses arrêts de travail.
Elle décide de prendre acte de la rupture de son contrat aux tords de son employeur.
Ce qu’en disent les juges
Tant les juges de la Cour d’appel, que ceux de la Cour de cassation refusent de requalifier la prise d’acte de la rupture en licenciement sans cause réelle et sérieuse. Ils estiment au contraire que la rupture du contrat de travail produit les effets d’une démission.
Les juges ont examiné l’ensemble des faits présentés par la salariée au titre du harcèlement moral. Ils les ont tous écartés.
Il a été noté que sur les trois contre-visites demandées par l’employeur, le médecin qui en était chargé avait conclu, deux fois sur les trois, que l’état de santé de la salariée lui permettait de reprendre le travail.
Pour eux, le harcèlement moral dont se dit victime la salariée n’est pas caractérisé.
Cet article renvoie à un décret le soin de déterminer les formes et les conditions de la contre-visite. Ce texte n’est jamais paru. Mais pour les juges, cela ne signifie pas pour autant que l’employeur ne peut pas faire procéder à cet examen.
Autrement dit, faire procéder à une contre-visite est un droit pour l’employeur. L’exercice de cette prérogative ne permet donc pas de caractériser en tant que tel un harcèlement moral.
Face à la recrudescence des litiges concernant la reconnaissance d’une situation de harcèlement moral, nous vous proposons un dossier de synthèse sur le sujet.
Cour de cassation, chambre sociale, 10 novembre 2010, n° 09–41628 (faire pratiquer plusieurs contre-visites médicales n’est pas forcement constitutif de harcèlement moral)
- Déclaration annuelle de l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés : notification des effectifs OETH d’ici le 15 mars 2026Publié le 10 mars 2026
- Prêt de main d’oeuvre : l’obligation de sécurité qui pèse sur l’employeur ne s’expatrie pasPublié le 2 mars 2026
- Questionnaire risques professionnels : simplification des démarches dès le 31 marsPublié le 24 février 2026
- Obligation d’emploi des travailleurs handicapés : ce que change le décret du 13 février 2026Publié le 18 février 2026
- Visite de reprise : l’employeur défaillant ne peut pas reprocher au salarié une absence injustifiéePublié le 12 février 2026


