Changement climatique : risque biologique et risque chimique
La hausse des températures, l’accroissement de la fréquence et de la violence des aléas climatiques sont des conséquences tangibles du dérèglement climatique. Mais d’autres conséquences, moins visibles mais toutes aussi importantes, pèsent sur les risques biologiques et chimiques.
Le risque biologique
Le changement climatique va favoriser l’installation de nouveaux agents pathogènes biologiques (animaux, végétaux) ou entraîner une modification des zones de répartition d’agents pathogènes déjà présents.
Ces modifications vont se répercuter sur les risques liés aux agents biologiques, notamment pour les personnes travaillant en milieu naturel ou en contact avec des personnes et des animaux.
L’exemple le plus frappant est celui du moustique tigre. Originaire de l’Asie du sud-est, ce petit moustique a commencĂ© Ă coloniser la France depuis le dĂ©but des annĂ©es 2000. DĂ©but 2025, il est prĂ©sent dans 81 dĂ©partements français.Â
Le moustique tigre peut être vecteur de nombreux virus tropicaux comme ceux de la dengue, du Zika ou du chikungunya qui ne circulent normalement pas en France. En plus des contaminations importées (personnes ayant été contaminées dans des régions où ces maladies sont habituellement rencontrées), l’ARS signale fin mai 2025 deux premiers cas de contamination autochtone (personne n’ayant pas quitté la France métropolitaine).
De plus, le réchauffement climatique va contribuer à augmenter la durée des saisons propices à la prolifération des agents biologiques allergiques (pollens, bactéries, moisissures) et donc augmenter la durée d’exposition des travailleurs à ce risque allergique. Par exemple, dans le secteur agro-alimentaire, des moisissures peuvent se développer plus rapidement dans les zones de stockage humides pendant les périodes de canicule.
Le risque chimique
Le réchauffement climatique aura également un impact sur le risque chimique, la stabilité de nombreuses substances chimiques étant altérée par une augmentation des températures.
Certaines substances volatiles auront plus tendance à s’évaporer, d’autres se répandront plus facilement dans l’eau, d’autres enfin, pourront s’enflammer ou exploser, accroissant pour de nombreux travailleurs l’exposition à ces substances potentiellement dangereuses.
Les consĂ©quences pour les travailleurs exposĂ©s Ă ces substances chimiques peuvent ĂŞtre nombreuses et extrĂŞmement graves :Â
risque accru d’asthme et autres maladies respiratoires ;
intoxication et empoisonnement ;
cancer ;
impact sur la reproduction ;
etc.
Il existe encore assez peu d’exemples documentés d’accidents industriels en lien avec le réchauffement climatique, on peut toutefois citer la fuite de gaz toxique qui s’est produite en mai 2020 au sein de l’usine LG Polymers de Visakhapatnam (Inde) et a entraîné la mort de 12 personnes et l’hospitalisation de plus de 1000 autres. Si la cause principale de l’accident est initialement une défaillance technique de la ventilation, l’expertise a souligné que la gravité des conséquences de cette défaillance initiale avait été amplifiée par les températures extrêmes ayant favorisé la vaporisation du gaz toxique.
La prévention de ces risques
L’employeur doit réinterroger régulièrement les mesures de prévention mises en œuvre afin de s’assurer qu’elles sont toujours adaptées à un contexte en constante évolution.
Pour ce qui concerne le risque biologique, l’employeur pourra se référer à un site tel que « Santé Publique France » qui assure une veille épidémiologique et entomologique région par région.
En fonction des Ă©volutions identifiĂ©es, il pourra ensuite :Â
adapter l’organisation du travail, par exemple en instaurant des horaires adaptés pour limiter le risque de contact ;
et s’assurer que des équipements de protection collectifs et individuels adaptés soient mis à disposition des travailleurs tels que des filtres anti-moisissures, gants, masques, bottes, etc.
Pour ce qui est du risque chimique, l’employeur est tenu d’identifier et de signaler les substances chimiques dangereuses utilisées. Dans le cadre de ce travail de recensement, il devra vérifier en quoi l’évolution du climat (température, hygrométrie, vent, etc.) pourra avoir des conséquences sur les conditions de stockage et/ou d’utilisation de ces substances. Pour ce faire, l’employeur pourra s’appuyer sur les fiches de données de sécurité disponibles pour chaque substance.
Important
Dans un cas comme dans l’autre, nous rappelons qu’il est essentiel d’utiliser et de mettre à jour le document unique d’évaluation des risques professionnels.
Besoin d’aide pour déterminer les mesures de prévention adaptées à votre entreprise ? Vous pouvez vous rapporter à la documentation « Santé sécurité au travail ACTIV ».
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