Arrêt de travail pour maladie : quand démarre le maintien de salaire ?

Publié le 12/03/2019 à 09:24
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Temps de lecture : 4 min

Attention

La réglementation a pu évoluer depuis la publication de cet article. Pensez à vérifier les textes en vigueur.

Lorsqu’un salarié est en arrêt de travail pour maladie ou accident, il bénéficie de deux types d'indemnisations, l'une versée par la Sécurité sociale (IJSS), l'autre versée par l'employeur (maintien de salaire). Mais quand le maintien de salaire est-il vraiment dû ?

Arrêt maladie : le maintien de salaire s’ajoute aux IJSS

Le salarié en arrêt maladie perçoit, sous conditions, des indemnités journalières de Sécurité sociale (IJSS) versées par sa caisse primaire d'assurance maladie (CPAM). Ces IJ sont versées sous conditions de cotisations. Leur montant varie en fonction du salaire de l'intéressé.

Dans le régime général, ces indemnités journalières sont versées après un délai de carence de 3 jours. A titre d'exemple, pour un arrêt maladie à partir du 1er mars, les IJSS sont versées à compter du 4 mars.

Par ailleurs, l'employeur doit verser au salarié une indemnité complémentaire à l'indemnité journalière de Sécurité sociale. Pour cela, le salarié doit notamment remplir les conditions suivantes :

  • justifier d'au moins une annĂ©e d'anciennetĂ© dans l'entreprise (calculĂ©e Ă  partir du premier jour d'absence) ;
  • sauf exception, avoir transmis Ă  l'employeur le certificat mĂ©dical dans les 48 heures ;
  • ĂŞtre pris en charge par la SĂ©curitĂ© sociale, et donc bĂ©nĂ©ficier des IJSS ;
  • ĂŞtre soignĂ© sur le territoire français ou dans l'un des autres Etats membres de la CommunautĂ© europĂ©enne.

L'indemnité complémentaire est calculée selon les modalités suivantes :

  • pendant les 30 premiers jours : 90 % de la rĂ©munĂ©ration brute que le salariĂ© aurait perçue s'il avait continuĂ© Ă  travailler ;
  • pendant les 30 jours suivants, deux tiers de cette rĂ©munĂ©ration.

Sur ce thème, il n'est pas rare que la convention collective contienne des dispositions plus favorables (par exemple, le maintien intégral du salaire).

Ainsi, lorsque la convention collective prévoit que le salarié perçoit, à condition d’être pris en charge par la Sécurité sociale, la rémunération qu’il aurait gagnée s’il avait continué à travailler, sous déduction des IJSS, l’intéressé peut prétendre au maintien de sa rémunération dès le premier jour de son arrêt de travail (sauf délai de carence conventionnel).

C'est ce principe que les juges viennent de rappeler dans une affaire jugée récemment.

Arrêt maladie : maintenir le salaire avant le début du versement des IJSS ?

Suite à un contrôle, une chambre interdépartementale des notaires s'était vu notifier un redressement de cotisations. Le motif : en méconnaissance des dispositions de la convention collective du notariat, elle avait appliqué à des personnels notariaux en congé maladie un délai de carence d'un jour.

Deux textes trouvaient Ă  s'appliquer dans cette affaire :

  • d'une part, l’article 72, I du dĂ©cret n° 90-1215 du 20 dĂ©cembre 1990 relatif au rĂ©gime spĂ©cial des clercs et employĂ©s de notaires, qui prĂ©voit que « les indemnitĂ©s journalières (de SĂ©curitĂ© sociale) sont accordĂ©es Ă  compter du deuxième jour de l'incapacitĂ© de travail » ;
  • d'autre part, l'article 20.1 de la convention collective nationale du notariat, qui indique « Sous rĂ©serve des dispositions (...) concernant le dĂ©lai de carence, le salariĂ© malade ou accidentĂ© qui a 6 mois de prĂ©sence Ă  l'office reçoit de son employeur une somme Ă©quivalente Ă  son salaire brut. Le droit pour le salariĂ© de recevoir de son employeur une somme Ă©quivalente Ă  son salaire brut est toutefois subordonnĂ© Ă  la condition que le salariĂ© ait droit Ă  des indemnitĂ©s journalières de maladie ou d'accident du travail. »

Les premiers juges avaient annulé le redressement de cotisations. Ils rappelaient que, pendant le jour de carence de l'arrêt de travail d'un salarié soumis à la convention collective du notariat, cet assuré n'avait pas droit au bénéfice des indemnités journalières. Conséquence directe pour les juges : pendant ce jour de carence, ce salarié n'avait pas droit au paiement de son salaire.

Mais la Cour de cassation, saisie à son tour, ne l'a pas entendu ainsi. Pour elle, dès lors qu’une convention collective se réfère seulement à la nécessité pour le salarié d'être pris en charge par la Sécurité sociale pour pouvoir bénéficier du maintien de salaire en cas de maladie, cela ne signifie pas que l’intéressé doit percevoir une prestation de la Sécurité sociale, mais uniquement qu'il remplit les conditions pour la recevoir.

Pour connaitre d’autres jurisprudences sur ce sujet, les Editions Tissot vous conseillent leur documentation « Droit du travail et sa jurisprudence commentée ». Pour chaque cas, les décisions y sont commentées et vous permettront de prendre les bonnes décisions.


Cour de cassation, chambre sociale, 20 décembre 2018, n° 17-28.955 (le salarié peut prétendre, dès le premier jour, au maintien de son salaire en cas d'incapacité de travail dès lors que son arrêt de travail lui ouvre droit à prise en charge au titre du régime spécial)

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