Travail au froid dans le BTP : comment protéger les salariés ?

Le froid actuel peut impacter les conditions de travail du secteur du BTP. Vous ne devez pas négliger les effets du froid sur la santé de vos salariés. Voici les mesures de protection à mettre en œuvre.
Travail dans le froid BTP : il est nécessaire d’agir
Si aucune disposition ne définit de température minimale à respecter dans le milieu de travail, il n’en demeure pas moins que, selon l’INRS (Institut national de recherche et de sécurité), une température ambiante inférieure à 5°C fait courir un risque important sur la santé des salariés (malaises, hypothermie, etc.). L’OPPBTP rappelle également qu’on considère que les personnes travaillent au froid lorsque les températures sont inférieures à 10°C.
Vos salariés sur chantier sont donc visés par le risque froid. La mise en place de mesures de protection est indispensable dans les températures actuelles.
En effet, vous devez prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité de vos salariés et protéger leur santé physique ou mentale (Code du travail, art. L. 4121-1 et suivants). Cela passe notamment par la transcription des risques liés au froid dans le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) et la réalisation d’un plan d’actions prévoyant la mise en place de mesures correctives.
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L’Inspection du travail peut opérer des contrôles inopinés pour s’assurer du respect de vos obligations réglementaires. Face à un danger grave ou imminent pour l’intégrité physique d’un salarié, la mise en demeure préalable n’est pas obligatoire et la procédure de sanctions pénales peut être engagée immédiatement (Code du travail, art. L. 4721-5).
Travail dans le froid : quelles mesures prendre ?
Il existe un guide national de prévention qui rappelle que vous devez prendre des mesures à la fois collectives et individuelles. Ce guide a été réactualisé pour la dernière fois en 2023.
Les mesures de protection à prendre sont répertoriées en plusieurs catégories :
1re catégorie : l’aménagement des postes de travail
Quelques aménagements techniques peuvent vous permettre de réduire les risques de maladie ou d’accident.
Il s’agit par exemple :
- de donner aux salariés des moyens de séchage ou de stockage de vêtements de rechange (un bungalow de chantier ou d’un local de repos avec armoire chauffante par exemple) ;
- de leur fournir des boissons chaudes ;
- de chauffer les abris sur les chantiers ;
- ou encore de mettre en place des aides à la manutention manuelle, afin de réduire la charge physique de travail et la transpiration des salariés.
Concernant les abris et les bungalows, s'ils sont très importants pour lutter contre le froid, leur utilisation peut poser des difficultés avec la crise sanitaire ; il est donc primordial de rappeler les gestes barrières et de veiller à bien désinfecter le bungalow.
2e catégorie : la réorganisation du travail
En présence d’une baisse des températures, il est nécessaire de repenser l’organisation du travail.
Dès lors, il vous faudra veiller à :
- limiter le temps d’exposition au froid et organiser des pauses et un temps de récupération supplémentaire pour les salariés exposés ;
- modifier les rythmes de travail en fonction de la température du moment et des conditions climatiques (verglas, pluie, etc.) ;
- éviter que des salariés travaillent de manière isolée.
3e catégorie : la fourniture de vêtements et d’équipements de protection adaptés contre le froid
S’agissant des vêtements et équipements de protection que vous fournissez à vos salariés, il faudra que la tenue vestimentaire permette une bonne protection contre le froid sans nuire aux exigences liées aux missions à effectuer (notamment en termes de mobilité et de dextérité).
Aussi, les vêtements devront être conciliables avec les équipements de protection individuelle (travail en hauteur, protection respiratoire, etc.).
Pensez par exemple à fournir à vos salariés des vêtements imperméables, des chaussures antidérapantes, etc.
4e catégorie : lutte contre le monoxyde de carbone
Une nouvelle catégorie existe en cas d’utilisation, dans des locaux professionnels, d’appareils générant du monoxyde de carbone (appareils à moteur thermique : disqueuses, foreuses, groupes électrogènes, etc.). Vous devez veiller suivre les préconisations des pouvoirs publics spécialement si les travailleurs exercent une activité dans des locaux de travail fermés (exemple : bâtiment en chantier dont les ouvertures ont pu être volontairement obturées du fait des basses températures extérieures).
Il s’agit notamment de faire systématiquement intervenir un professionnel qualifié pour contrôler les appareils à combustion raccordés avant l’hiver.
Notez le
Par communication du 19 décembre 2025, Prévention BTP rappelle que les périodes de grand froid, neige et verglas représentent un risque réel pour les salariés du BTP et rappelle, notamment, qu'il est essentiel d'adapter les horaires et les tâches ; de diminuer les contraintes (exemple : utilisation de matériels pouvant être manipulés avec des gants) ou encore de renforcer la prévention des chutes et des glissades.
Pour vous aider à identifier les principaux risques, à les combattre mais aussi à établir tous les documents de sécurité obligatoires, optez pour notre documentation « Sécurité des chantiers du BTP - Guide illustré ».
Instruction ministérielle n ° DGSVSS2/DGOS/DGCS/DGT/DGSCGC/DIHAL/2023/157 du 29 novembre 2023 relative à la prévention et la gestion des impacts sanitaires et sociaux liés aux vagues de froid 2023-2024
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