Loi Rebsamen : les nouveautés relatives à la médecine du travail
Temps de lecture : 3 min
Attention
La réglementation a pu évoluer depuis la publication de cet article. Pensez à vérifier les textes en vigueur.
Renforcement du rôle du médecin du travail
Les nouveautés apportées concernent le rôle de prévention du médecin du travail (et des services de santé au travail) mais aussi ses moyens d’action en cas de risque pour la santé des travailleurs.
Concernant son rôle de prévention, le médecin du travail doit veiller à éviter toute altération de la santé des travailleurs du fait de leur travail. Désormais, il doit aussi prévenir toute atteinte à la sécurité des tiers.
Concernant ses moyens d’action, pour remplir sa mission, le médecin peut suggérer des mesures individuelles telles que mutations ou transformations de postes. Il peut aussi dorénavant proposer à l’employeur l’appui de l’équipe pluridisciplinaire du service de santé au travail ou d’un organisme compétent en matière de maintien dans l’emploi.
Obligation d’information en cas de recours contre une décision du médecin du travail
La loi oblige désormais le salarié comme l’employeur à informer l’autre partie en cas de recours contre une décision du médecin du travail.
Une mesure qui va amener davantage de sécurité juridique aux employeurs notamment en cas d’inaptitude.
En effet, l’employeur qui licencie le salarié pour inaptitude encourt le risque de voir le salarié contester son avis d’inaptitude après son licenciement. Or la Cour de cassation considère que lorsqu’un salarié est licencié pour inaptitude et que son avis d’inaptitude est par la suite annulé, le licenciement devient sans cause réelle et sérieuse.
Avec cette nouvelle mesure, l’employeur va être informé directement par le salarié du recours et pourra choisir d’attendre le résultat du recours avant de licencier le salarié, ce qui oblige alors à reprendre le versement du salaire au bout d’un mois.
Surveillance médicale renforcée des salariés
La surveillance médicale renforcée (SMR) concerne aujourd’hui les seules catégories suivantes (Code du travail, art. R. 4624–18) :
- les salariés âgés de moins de dix-huit ans, les femmes enceintes et les travailleurs handicapés ;
- ainsi que les salariés exposés à l’amiante, aux rayonnements ionisants, au plomb, au risque hyperbare, au bruit, aux vibrations, aux agents biologiques des groupes 3 et 4, aux agents cancérogènes, mutagènes ou toxiques.
La loi ouvre la SMR :
- aux salariés affectés à des postes présentant des risques particuliers pour leur santé ou leur sécurité, celles de collègues ou de tiers ;
- mais aussi Ă ceux dont la situation personnelle le justifie.
Les modalités d’identification de ces salariés restent toutefois à déterminer par décret.
Pour toutes vos questions liées à la surveillance médicale des salariés, les Editions Tissot vous conseillent leur documentation « Gérer le personnel ».
Anne-Lise Castell
Loi n° 2015–994 du 17 août 2015 relative au dialogue social et à l’emploi, Jo du 18, art.26
- C2P : dernière ligne droite pour corriger les facteurs d’exposition aux risques professionnelsPublié le 13 mars 2026
- Quel est le rôle des référents harcèlement sexuel et agissements sexistes ?Publié le 2 mars 2026
- Social : les changements et les échéances du mois de mars 2026Publié le 26 février 2026
- Droit à la déconnexion : êtes-vous conforme ?Publié le 13 février 2026
- Gérer l’inaptitude d’un salariéPublié le 9 février 2026


