QUESTION, RÉPONSE

Ai-je le droit de conclure un accord de non-débauchage avec une entreprise concurrente ?

Publié le 24/07/2025 à 06:44
·Dans Embauche
·

Temps de lecture : 2 min

Accord de non-débauchage : une option envisageable pour protéger vos intérêts

Rareté du personnel, forte concurrence dans le recrutement, vulnérabilité accrue face au turnover. Dans certains secteurs d’activité, limiter les mouvements de personnel constitue un enjeu majeur pour les entreprises.

C’est pourquoi nombre d’entre elles cherchent à conclure des accords de non-débauchage avec leurs concurrents. 

L’objectif de cette entente est simple : renoncer, réciproquement, à l’embauche active ou passive de leur personnel respectif, et ce, pour une durée déterminée. 

Bien que cette pratique puisse s’avérer anticoncurrentielle et porter atteinte à la liberté de mouvement des salariés : 

Oui, vous pouvez y recourir. 

En pratique, votre entente peut être : 

  • tacite, en vertu d’un gentleman agreement ;
  • expresse, en vertu d’une clause de non-sollicitation insĂ©rĂ©e dans un contrat de sous-traitance ou de partenariat.

Important

L’accord de non-débauchage ne doit pas être confondu avec la clause de non-concurrence. Insérée dans le contrat de travail, elle constitue un autre levier pour protéger vos intérêts légitimes. Pour en savoir plus sur sa mise en œuvre, les Editions Tissot vous suggèrent leur documentation « Gérer le personnel ACTIV ».

Attention à ne pas conclure un accord de non-débauchage général

Pour valablement conclure un accord de non-débauchage, encore faut-il que celui-ci soit proportionné aux intérêts légitimes que vous souhaitez protéger (ex : sécurisation d’un projet en cours de réalisation). 

De fait, cette entente doit être limitée dans le temps et dans son champ d’application.

Les entreprises nouant des accords trop généraux s’exposent sinon :

  • au prononcĂ© d’une sanction pĂ©cuniaire, parfois très lourde, par l’AutoritĂ© de la concurrence ;
  • Ă  une injonction de publier, Ă  leurs frais, la dĂ©cision de leur condamnation (ex : presse, page LinkedIn, site Internet de l’entreprise).

Illustration

En juin 2025, l’Autorité de la concurrence a condamné deux groupes, dont le gentleman’s agreement avait été jugé illicite, à une amende globale de 5,5 millions d’euros. De plus, un résumé de la décision a été diffusé dans le journal Le Monde ainsi que sur leur page institutionnelle LinkedIn. Ces entités s’étaient engagées, pendant plusieurs mois, à :

  • s’avertir et Ă  se concerter sur leurs projets d’embauche respectifs, y compris en cas de candidatures spontanĂ©es (existence d’un droit de veto) ;
  • ne dĂ©baucher aucun de leurs collaborateurs. 
Portraits Tissot 046 2023 Gilles Piel 2
Axel Wantz

Juriste en droit social

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