Ai-je le droit de conclure un accord de non-débauchage avec une entreprise concurrente ?

Accord de non-débauchage : une option envisageable pour protéger vos intérêts
Rareté du personnel, forte concurrence dans le recrutement, vulnérabilité accrue face au turnover. Dans certains secteurs d’activité, limiter les mouvements de personnel constitue un enjeu majeur pour les entreprises.
C’est pourquoi nombre d’entre elles cherchent Ă conclure des accords de non-dĂ©bauchage avec leurs concurrents.Â
L’objectif de cette entente est simple : renoncer, rĂ©ciproquement, Ă l’embauche active ou passive de leur personnel respectif, et ce, pour une durĂ©e dĂ©terminĂ©e.Â
Bien que cette pratique puisse s’avĂ©rer anticoncurrentielle et porter atteinte Ă la libertĂ© de mouvement des salariĂ©s :Â
Oui, vous pouvez y recourir.Â
En pratique, votre entente peut ĂŞtre :Â
- tacite, en vertu d’un gentleman agreement ;
- expresse, en vertu d’une clause de non-sollicitation insérée dans un contrat de sous-traitance ou de partenariat.
Important
L’accord de non-débauchage ne doit pas être confondu avec la clause de non-concurrence. Insérée dans le contrat de travail, elle constitue un autre levier pour protéger vos intérêts légitimes. Pour en savoir plus sur sa mise en œuvre, les Editions Tissot vous suggèrent leur documentation « Gérer le personnel ACTIV ».
Attention à ne pas conclure un accord de non-débauchage général
Pour valablement conclure un accord de non-dĂ©bauchage, encore faut-il que celui-ci soit proportionnĂ© aux intĂ©rĂŞts lĂ©gitimes que vous souhaitez protĂ©ger (ex : sĂ©curisation d’un projet en cours de rĂ©alisation).Â
De fait, cette entente doit être limitée dans le temps et dans son champ d’application.
Les entreprises nouant des accords trop généraux s’exposent sinon :
- au prononcé d’une sanction pécuniaire, parfois très lourde, par l’Autorité de la concurrence ;
- à une injonction de publier, à leurs frais, la décision de leur condamnation (ex : presse, page LinkedIn, site Internet de l’entreprise).
Illustration
En juin 2025, l’Autorité de la concurrence a condamné deux groupes, dont le gentleman’s agreement avait été jugé illicite, à une amende globale de 5,5 millions d’euros. De plus, un résumé de la décision a été diffusé dans le journal Le Monde ainsi que sur leur page institutionnelle LinkedIn. Ces entités s’étaient engagées, pendant plusieurs mois, à :
- s’avertir et à se concerter sur leurs projets d’embauche respectifs, y compris en cas de candidatures spontanées (existence d’un droit de veto) ;
- ne dĂ©baucher aucun de leurs collaborateurs.Â
Juriste en droit social
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