Les travaux en espaces confinés : quelle prévention mettre en place ?

Publié le 19/05/2010 à 00:00·Modifié le 11/07/2017 à 18:20
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Temps de lecture : 6 min

Attention

La réglementation a pu évoluer depuis la publication de cet article. Pensez à vérifier les textes en vigueur.

Un espace confiné est défini comme un lieu totalement ou partiellement fermé. Ces lieux ne sont ni conçus, ni construits pour être occupés par des personnes. Néanmoins, la présence de salariés peut être nécessaire occasionnellement pour effectuer des travaux de maintenance, d’entretien ou d’inspection. Comment veiller à la sécurité du personnel ?

A l’intérieur de ces espaces fermés, l’atmosphère peut présenter des risques pour la santé et la sécurité des personnes susceptibles d’y pénétrer :

  • ventilation insuffisante ;
  • mauvaise conception ou emplacement de l’ouvrage ;
  • manque d’oxygène ;
  • prĂ©sence de gaz emprisonnĂ©s dans des poches, tels que l’hydrogène sulfurĂ©, le monoxyde de carbone, etc.

Rédiger le document unique d’évaluation des risques

Afin d’éviter au maximum les risques encourus par les personnes qui vont intervenir à l’intérieur de ces lieux, l’employeur doit obligatoirement s’assurer qu’une évaluation des risques propre à ces espaces sera réalisée par une personne compétente.

Pour cela, il doit intégrer les travaux en espaces confinés dans son document unique.

Formaliser le document unique : schéma récapitulatif(pdf | 3 p. | 188 Ko)



Cette évaluation est rédigée par écrit et doit mentionner les éléments suivants :

  • identifier le site et les caractĂ©ristiques de l’environnement du travail, tels que la circulation, les entrĂ©es et les sorties, les produits susceptibles d’être rencontrĂ©s ;Les travaux en espaces confinĂ©s : quelle prĂ©vention mettre en place ?
  • signaler la nature des travaux Ă  effectuer (maintenance, rĂ©paration, inspection, etc.), les Ă©quipements utilisĂ©s et la procĂ©dure de travail Ă  respecter ;
  • identifier les risques existant dans l’atmosphère de travail, de par la construction, la conception et l’usage de l’espace confinĂ©, ainsi que le système de ventilation requis (mĂ©canique ou naturel) et les contrĂ´les appropriĂ©s (utilisation d’un dĂ©tecteur de gaz Ă  quatre fonctions par exemple) ;
  • identifier les autres risques et les moyens de prĂ©vention Ă  mettre en place :
  • incendie ou explosion,
  • asphyxie, anoxie ou hypoxie,
  • intoxication,
  • chute de hauteur,
  • risque de noyade ou d’ensevelissement,
  • risques liĂ©s Ă  la manutention manuelle,
  • risques comportementaux (panique, claustrophobie, etc.) ;

Mettre à jour les données recueillies

Pour les interventions répétitives, l’employeur doit revoir périodiquement l’évaluation des risques réalisée, en tenant compte :

  • de l’évolution rĂ©glementaire ;
  • de la mise en place de nouveaux processus ou de l’apparition des nouveaux risques, notamment en cas d’accident du travail et ce, afin de s’assurer que les mesures de prĂ©vention proposĂ©es restent appropriĂ©es et permettent d’éviter ou de supprimer les risques.

S’assurer de la formation des salariés

L’employeur doit seulement affecter des salariés qui ont été formés préalablement à l’activité de travail en espace confiné et à la prévention des risques liés à cette activité. A l’issue de cette formation, l’employeur délivre une autorisation pour réaliser ces travaux.

Cette autorisation est donnée aux travailleurs sur la base des compétences, de l’expérience acquise, des formations reçues, de l’aptitude médicale au poste de travail (tâches en espace confiné) et de la capacité à utiliser les équipements de protection individuelle et de secours (masque auto-serveur à recyclage).

Choisir les équipements de protection individuelle (EPI)

L’utilisation d’un appareil de protection respiratoire (APR) sera limitée à des interventions courtes et ponctuelles de maintenance, ou pour lesquelles il n’est pas possible de mettre en place un dispositif de captage ou d’assainissement de l’air suffisant.

Attention toutefois, il existe de nombreux types d’APR, chacun adapté à des situations précises, et seule une évaluation des risques rigoureuse permettra de déterminer le choix à privilégier. Ainsi, les appareils filtrants ne doivent jamais être utilisés dans une ambiance pauvre en oxygène. Dans ce cas, il convient de recourir à des appareils isolants équipés d’un dispositif d’apport d’air respirable.

Les règles spécifiques à l’intervention d’entreprises extérieures

L’employeur qui fait intervenir une entreprise extérieure pour effectuer des travaux en espaces confinés doit appliquer les règles suivantes :

  • rĂ©aliser conjointement avec le reprĂ©sentant de l’entreprise extĂ©rieure une visite prĂ©alable des installations afin d’examiner l’environnement rĂ©el de travail et proposer les Ă©quipements de travail et de protection adaptĂ©s Ă  l’activité ;
  • effectuer une Ă©valuation des risques en fonction de chaque espace confinĂ© et Ă©tablir conjointement avec le reprĂ©sentant de l’entreprise extĂ©rieure un plan de prĂ©vention par Ă©crit ;
  • donner les informations nĂ©cessaires aux travailleurs de l’entreprise extĂ©rieure afin qu’ils puissent intervenir en toute sĂ©curitĂ©. Ces salariĂ©s ont reçu obligatoirement une formation spĂ©cifique pour ce type d’intervention.


Avant le démarrage des travaux, l’employeur doit impérativement rédiger le plan de prévention et le communiquer à tous les intervenants.

La rédaction d’un plan de prévention : schéma(pdf | 3 p. | 172 Ko)


Ce plan de prévention doit :

  • dĂ©finir les phases d’activitĂ©s dangereuses et les moyens de prĂ©vention spĂ©cifiques Ă  mettre en Ĺ“uvre ;
  • identifier la nature des opĂ©rations et proposer les matĂ©riels adaptĂ©s pour effectuer ces travaux ;
  • identifier les risques liĂ©s aux interfĂ©rences et proposer des mesures de prĂ©vention Ă©tablies en commun accord entre les diffĂ©rents intervenants ;
  • indiquer l’organisation des secours Ă  mettre en place ;
  • proposer des consignes et des procĂ©dures de sĂ©curitĂ© pour les salariĂ©s des entreprises sous-traitantes ;
  • signaler les instructions Ă  donner aux salariĂ©s.


Sources :
C. trav., art. L. 4121–1 à L. 4121–5 (principes généraux de prévention), R. 4141–11 et R. 4141–12 (formation à la sécurité), R. 4222–23 à R. 4222–24 (travaux en espaces confinés), R. 4511–1 à R. 4511–12, R. 4512–1 à R. 4512–16 et R. 4513–1 à R. 4513–13 (travaux réalisés par une entreprise extérieure)
Arrêté du 19 mars 1993 (liste des travaux dangereux et plan de prévention)


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Article publié le 19 mai 2010

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