Sanction disciplinaire : quand le délai de prescription de la faute commence-t-il à courir ?
Attention
La réglementation a pu évoluer depuis la publication de cet article. Pensez à vérifier les textes en vigueur.
En matière disciplinaire, de nombreuses règles doivent être maîtrisées et respectées. Savez-vous qu’une faute se prescrit et que vous ne pouvez la sanctionner que dans un certain délai ? Mais quand ce délai de prescription débute-t-il ?
Je souhaite engager une procĂ©dure disciplinaire Ă l’encontre de l’un de mes salariĂ©s suite Ă un fait que je considère comme fautif. Quel est le dĂ©part du dĂ©lai de prescription de cette faute ?Â
Sanction disciplinaire : le délai de prescription
Dans le cadre de votre pouvoir de direction, vous pouvez sanctionner les faits fautifs (manquement aux obligations contractuelles, non-respect des règles applicables au sein de l’entreprise, refus de se conformer Ă une directive de son supĂ©rieur hiĂ©rarchique, etc.) commis par vos salariĂ©s en leur notifiant une sanction disciplinaire.Â
Retenez que vous devez impérativement respecter le délai de prescription de la faute, lequel est de deux mois à compter de la connaissance des faits fautifs. En effet, le Code du travail dispose qu’aucun fait fautif ne peut donner à lui seul à l’engagement de poursuites disciplinaires au-delà d’un délai de deux mois à compter du jour où l’employeur en a eu connaissance, à moins que ce fait ait donné lieu dans le même délai à des poursuites pénales (art. L. 1332-4).
Sanction disciplinaire : quand débute donc ce délai de prescription ?
La Cour de cassation a déjà précisé, à de nombreuses reprises, que le délai de prescription des poursuites disciplinaires débute le jour où l’employeur a une connaissance précise de la réalité, de la nature, ainsi que de l’ampleur exacte des faits reprochés au salarié.
Par exemple, lorsqu’une enquête interne est mise en place, le délai de prescription commence à courir à la date de la clôture de l’enquête.
Mais attention car la notion d’employeur s’entend au sens très large du terme. En effet, la Cour de cassation, dans un arrĂŞt rendu en juin 2024, a rappelĂ© que l’employeur s’entend non seulement de celui qui est titulaire du pouvoir disciplinaire mais Ă©galement du supĂ©rieur hiĂ©rarchique du salariĂ©, quand bien mĂŞme ce dernier n’est pas titulaire du pouvoir disciplinaire.Â
Cela signifie donc que le dĂ©lai dĂ©bute dès lors que le manager a connaissance de la faute.Â
Par employeur, il faut comprendre que c’est celui qui dispose de l'autorité hiérarchique sur l'auteur des manquements.
PrĂ©cisons qu’en cas de sanction lĂ©gère, ne nĂ©cessitant pas la tenue d’un entretien prĂ©alable tel l’avertissement, c’est la notification de la sanction disciplinaire qui doit intervenir dans le dĂ©lai de 2 mois.Â
Dès lors que la sanction nĂ©cessite la tenue d’un entretien prĂ©alable (rĂ©trogradation ou mutation disciplinaire, licenciement, etc.), c’est la lettre de convocation Ă l’entretien qui doit impĂ©rativement ĂŞtre adressĂ©e avant l’expiration du dĂ©lai de 2 mois.Â
Si vous dĂ©passez ce dĂ©lai, sachez que le salariĂ© pourra solliciter l’annulation de la sanction.Â
Pour faciliter vos démarches, les Editions Tissot vous proposent un modèle de convocation extrait de la documentation « Tissot Social Entreprise ACTIV ».
Cour de cassation, chambre sociale, 26 juin 2024, n°23-12.475 (le délai de prescription court à compter du jour où l’employeur ou le supérieur hiérarchique a connaissance du comportement fautif du salarié)
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