Accord national interprofessionnel sur la santé au travail : affaire presque conclue !

Publié le 22/12/2020 à 08:40·Modifié le 19/08/2021 à 16:29
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Temps de lecture : 3 min

Attention

La réglementation a pu évoluer depuis la publication de cet article. Pensez à vérifier les textes en vigueur.

S’il est un accord qui aura donné lieu à de nombreux débats et réunions, c’est bien celui-là : l’ANI « pour une prévention renforcée et une offre renouvelée en matière de santé au travail et conditions de travail » a (enfin) été conclu par les partenaires sociaux dans la nuit du 9 au 10 décembre 2020 ! Zoomons sur ses mesures essentielles.

Les objectifs de l’ANI Santé au travail

« Cet accord est novateur avec comme colonne vertébrale la prévention, il comptera dans l'histoire de la santé au travail », a déclaré le Medef.

L’ambition en matière de prévention est affirmée dès le préambule : « Par le présent accord, les organisations professionnelles d’employeurs et les organisations syndicales de salariés, représentatives au plan national et interprofessionnel sont résolues à mettre la prévention primaire au cœur de notre système de santé au travail ».

Cet ANI est construit autour de 4 parties différentes :

  • promouvoir une prĂ©vention primaire opĂ©rationnelle au plus proche des rĂ©alitĂ©s du travail ;
  • promouvoir une qualitĂ© de vie au travail en articulation avec la santĂ© au travail ;
  • promouvoir une offre de services des services de prĂ©vention et de santĂ© au travail interentreprises (SPSTI) efficiente et de proximitĂ© ;
  • une gouvernance rĂ©novĂ©e, un financement maĂ®trisĂ©.

Les points-clé de l’ANI Santé au travail

Les points-clé de cet accord sont :

  • dĂ©finir le champ de la prĂ©vention des risques professionnels : « la logique de la prĂ©vention primaire poursuit l’objectif de s’attaquer en amont aux causes profondes de ces risques avant qu’ils ne produisent leurs effets », des risques classiques aux risques Ă©mergents, sans oublier les risques psychosociaux… ;
  • rĂ©affirmer la responsabilitĂ© de l’employeur, incitĂ© Ă  « dĂ©velopper des actions de prĂ©vention » ;
  • accompagner l’employeur dans l’élaboration du document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) ;
  • assurer une traçabilitĂ© des expositions professionnelles, dont le risque chimique ;
  • prĂ©venir la dĂ©sinsertion professionnelle (PDP), notamment par le lien entre mĂ©decin traitant, mĂ©decin du travail et mĂ©decin-conseil de la CPAM ;
  • crĂ©er un « passeport prĂ©vention » pour la formation des salariĂ©s et « promouvoir le dispositif existant permettant une formation conjointe [des] employeurs [et des] salariĂ©s, dĂ©nommĂ©e ClĂ©A » ;
  • augmenter la durĂ©e de formation en santĂ© des Ă©lus au CSE de 5 jours pour leur 1er mandat ;
  • prĂ©ciser le rĂ´le des branches professionnelles, incitĂ©es Ă  Ă©laborer des plans d’action sectoriels ;
  • dĂ©finir une « offre socle » des services de santĂ© au travail interentreprises, composĂ©e de 3 missions : prĂ©vention, suivi individuel des salariĂ©s et prĂ©vention de la dĂ©sinsertion professionnelle (PDP). Ces services sont renommĂ©s « services de prĂ©vention et de santĂ© au travail interentreprises » (SPSTI). La collaboration entre mĂ©decin du travail et mĂ©decine de ville sera facilitĂ©e pour assurer le suivi individuel de l’état de santĂ©.

Pour l’heure, la CFDT, FO et CFE-CGC ont donné un avis favorable et la CFTC d’abord incertaine a aussi annoncé sa signature. Côté patronat, le Medef et l’U2P s’engagent mais la CPME « se réserve ». Cet accord est ouvert à la signature jusqu’au 8 janvier 2021.

La CGT est opposée à la conclusion de cet ANI.

Dans les suites de cet ANI, une proposition de loi, portée par la députée LREM Charlotte Lecocq, devrait être déposée à l’Assemblée nationale d’ici la fin de l’année. A suivre !

Espérons que l’objectif de promotion de la prévention primaire, affirmé depuis de nombreuses années par les Plans Santé Travail (PST) notamment, soit (enfin) atteint.

Un ANI, kézako au fait ? Il s’agit d’un accord couvrant le territoire national. En cas d’extension, l’accord est obligatoire dans son champ d’application pour toutes les entreprises, tous secteurs confondus, en dehors de celles qui relèvent de secteurs non représentés par les organisations d’employeurs parties à la négociation (exemple : milieu associatif branche médico-sociale).

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Sabine Guichard

Sabine Guichard, juriste de droit social de formation, a successivement occupé des postes en entreprise et fédération professionnelle, d'abord en conseil puis de manière opérationnelle. Aujourd'hui, …

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