Le CE intervient-il sur la politique salariale ?

Publié le 20/07/2012 à 00:00·Modifié le 11/07/2017 à 18:23
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Temps de lecture : 3 min

Attention

La réglementation a pu évoluer depuis la publication de cet article. Pensez à vérifier les textes en vigueur.

Le comité d’entreprise doit obligatoirement être informé et consulté sur un certain nombre de domaines, notamment économiques. Cela implique-t-il qu’il puisse intervenir sur la politique salariale de l’entreprise, par exemple sur l’attribution de primes exceptionnelles ?

La politique salariale de l’entreprise fait partie de la compétence du comité d’entreprise à plusieurs titres.

D’abord, la politique salariale fait l’objet de différentes consultations périodiques, annuelles, sur des rapports dont le contenu est défini par le Code du travail :

  • dans les entreprises d’au moins 300 salariĂ©s :
    • le rapport d’ensemble contient un Ă©tat faisant ressortir l’évolution de la rĂ©munĂ©ration moyenne horaire et mensuelle par sexe, par catĂ©gories telles qu’elles sont prĂ©vues Ă  la convention de travail applicable et par Ă©tablissement, ainsi que les rĂ©munĂ©rations minimales et maximales horaires et mensuelles, au cours de l’exercice et par rapport Ă  l’exercice prĂ©cĂ©dent,
    • le rapport de situation comparĂ©e mesure les Ă©carts entre hommes et femmes,
    • le bilan social contient de nombreux indicateurs sur la rĂ©munĂ©ration ;
  • dans les entreprises de moins de 300 salariĂ©s : seul le rapport sur la situation Ă©conomique de l’entreprise contient notamment des donnĂ©es sur l’évolution des salaires ;
  • dans toutes les sociĂ©tĂ©s, le CE peut Ă©galement avoir une vision comptable de la rĂ©munĂ©ration lors de la prĂ©sentation annuelle des comptes de la sociĂ©tĂ©.

Ensuite, le CE doit être consulté durant toute négociation collective portant sur les salaires et notamment, dans les entreprises ayant un délégué syndical, la négociation annuelle obligatoire.

Enfin, plus généralement, toute modification collective de la politique salariale de l’entreprise doit faire l’objet d’une consultation préalable du CE :

  • augmentation gĂ©nĂ©rale ;
  • distribution d’une prime exceptionnelle collective ;
  • système d’avantages en nature ;
  • système d’évaluation et/ou d’objectifs liĂ© Ă  la rĂ©munĂ©ration (part variable, attribution de primes, etc.) ;
  • modification d’une prime conventionnelle existante (mensualisation…) ;
  • et mĂŞme lorsque la modification d’une rĂ©munĂ©ration variable rĂ©sulte, indirectement, d’un changement des produits commercialisĂ©s par l’entreprise.

Le Code du travail prévoit en effet une compétence générale du CE pour être consulté sur les problèmes généraux concernant les conditions de travail et résultant, notamment, des modes de rémunération.

À défaut de consultation aboutie, le nouveau système ne peut pas être mis en place et les salariés sont fondés à réclamer des arriérés de salaire sur la base de leur ancienne rémunération.

Notez-le
Le salarié peut refuser la modification de sa rémunération contractuelle (salaire de base et primes mentionnées au contrat : montant, structure, éléments de calcul, etc.). Si au moins deux salariés optent pour un tel refus, le CE doit être consulté au titre de la consultation de prévention des licenciements économiques.

Cet article vous a intéressé ? Sachez qu’il est extrait de l’ouvrage « Le mandat d’élu CE ».

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