Quels sont les travaux interdits aux jeunes travailleurs ?

La réglementation en la matière est stricte et précise en ce qui concerne les travaux interdits auxquels les jeunes en formation professionnelle ne peuvent être affectés.

Ainsi, le Code du travail prévoit que les jeunes de moins de 18 ans ne peuvent être employés pour certaines catégories de travaux.

La liste de ces travaux interdits et réglementés pour les jeunes âgés de 15 ans au moins et de moins de 18 ans a été actualisée.

Ce sont les travaux :

  • exposant Ă  des actes ou des reprĂ©sentations Ă  caractère pornographique ou violent ; Ă  des agents chimiques dangereux ; Ă  des agents biologiques ; aux vibrations mĂ©caniques ; Ă  des rayonnements ; Ă  un risque d'origine Ă©lectrique ; Ă  des tempĂ©ratures extrĂŞmes ;
  • en milieu hyperbare et confinĂ© ;
  • comportant des risques d'effondrement et d'ensevelissement ;
  • de conduite d'Ă©quipements de travail mobiles automoteurs et d'Ă©quipements de travail servant au levage ;
  • nĂ©cessitant l'utilisation d'Ă©quipements de travail ;
  • temporaires en hauteur ;
  • avec des appareils sous pression ;
  • au contact du verre ou du mĂ©tal en fusion ;
  • en contact d'animaux.

Il existe cependant des dérogations à ces interdictions. Ainsi, par l'employeur ou le chef d'établissement ou, le cas échéant, l'un d'entre eux peuvent être autorisés, par décision de l'inspecteur du travail, à affecter ces jeunes en formation à des travaux interdits, pour une durée de 3 ans.

Sont notamment visés :

  • les apprentis ;
  • les titulaires de contrat de professionnalisation ;
  • les stagiaires en formation professionnelle ;
  • les Ă©lèves et Ă©tudiants prĂ©parant un diplĂ´me professionnel ou technologique.

Depuis le 2 mai 2015, cette procédure de dérogation a été remplacée par une déclaration auprès de l'inspection du travail, à renouveler tous les 3 ans.

Toutefois, avant de procéder à cette déclaration, l'employeur doit avoir effectué les formalités suivantes :

  • avoir rĂ©alisĂ© le document unique d'Ă©valuation des risques professionnels (DUER) qui rĂ©pertorie, d'une part, les risques existants pour les mineurs en formation liĂ©s au poste occupĂ© et, d'autre part, les actions de prĂ©vention qui en dĂ©coulent ;
  • avoir dispensĂ© aux mineurs accueillis au sein de l'entreprise la formation Ă  la sĂ©curitĂ© Ă©tant Ă©tendu que cette dernière doit ĂŞtre adaptĂ©e Ă  l'âge, Ă  l'expĂ©rience et au niveau de formation de ces derniers et sera donc diffĂ©rente de celle dispensĂ©e auprès des autres salariĂ©s ;
  • veiller Ă  ce que l'encadrement du mineur en formation soit assurĂ© par un salariĂ© qui dispose des compĂ©tences nĂ©cessaires en la matière ;
  • obtenir l'avis mĂ©dical d'aptitude dès l'embauche lorsqu'il s'agit d'un mineur en contrat d'apprentissage ou bien en contrat de professionnalisation. En effet, la rĂ©forme de la mĂ©decine du travail a maintenu la visite mĂ©dicale d'aptitude d'embauche pour les jeunes de moins de 18 ans affectĂ©s aux travaux interdits faisant l'objet d'une dĂ©rogation.

L'employeur a l'obligation d'utiliser le formulaire mis en ligne sur le site du ministère du Travail.

Il doit :

  • y justifier avoir accompli les formalitĂ©s dĂ©crites ci-dessus et renseigner ensuite les informations suivantes : intitulĂ©s des formations professionnelles concernĂ©es par la demande de dĂ©rogation, qualitĂ© et fonction des personnes encadrant le mineur en formation et adresse des diffĂ©rents lieux de formation ;
  • complĂ©ter le tableau d'information relatif aux travaux rĂ©glementĂ©s ainsi que le tableau portant sur les Ă©quipements de travail concernĂ©s par la dĂ©claration, afin de lister les matĂ©riels utilisĂ©s dans le cadre des travaux règlementĂ©s.

Lorsque l'employeur a obtenu une autorisation de l'inspection du travail selon l'ancien dispositif, elle demeure valable jusqu'au terme indiqué et il n'a pas à procéder à une déclaration pour les postes concernés.

Si les travaux dangereux, le secteur d'activité, les formations ou les machines utilisées changent, il convient d'en informer dans les 8 jours l'inspection du travail. En revanche, cela n'est pas nécessaire si les modifications concernent les différents lieux de formation ou les personnes encadrant les jeunes.

En cas d'infraction aux règles des travaux interdits ou réglementés, l'inspection du travail peut, depuis le 1er juillet 2016, ordonner le retrait immédiat du poste, interdire à l'employeur de recruter de nouveaux jeunes de moins de 18 ans, voire prononcer une suspension du contrat de travail ou de la convention de stage, avec maintien des rémunérations qui auraient été dues jusqu'à l'échéance du terme (ou de la formation professionnelle en cas de CDI).

En pratique, cette décision est remise en main propre contre décharge à l'employeur, le chef d'établissement ou son représentant s'il est présent : dans ce cas, une copie est alors adressée à l'employeur ou au chef d'établissement par tout moyen donnant date certaine.

À défaut de remise en main propre, elle est adressée d'urgence à l'employeur ou au chef d'établissement par tous moyens appropriés et confirmée au plus tard dans le délai de 1 jour franc par tout moyen donnant date certaine à sa réception.

S'il s'agit de travaux réglementés (et non de travaux interdits), l'employeur doit, une fois les mesures nécessaires prises pour faire cesser ce danger, en informer l'inspection du travail pour qu'elle autorise la reprise des travaux. L'inspection du travail doit alors, dans un délai d'au plus 2 jours ouvrés, vérifier si ces mesures sont appropriées et notifie sa décision à l'employeur, au chef d'établissement ou à son représentant.

L'inspection du travail peut également décider d'interdire à l'entreprise le recrutement de nouveaux jeunes de moins de 18 ans pour une durée de son choix. Toutefois, l'employeur peut demander à la DREETS de lever cette interdiction en justifiant qu'il a pris les mesures nécessaires pour supprimer tout risque d'atteinte à la santé ou à l'intégrité physique ou morale des jeunes âgés de moins de 18 ans. La DREETS notifie sa décision à l'employeur, son silence pendant 2 mois valant rejet de la demande.

Un mémento publié par le ministère du Travail à destination des entreprises qui accueillent des jeunes en formation professionnelle identifie les bonnes pratiques et les bons réflexes à adopter pour accompagner les jeunes dans leurs premiers pas en milieu professionnel ainsi que les messages clefs en matière de santé et sécurité au travail avant et pendant l’arrivée du jeune en formation.

Depuis le 1er octobre 2025, le suivi médical renforcé ne s'applique plus aux salariés qui doivent détenir une autorisation de conduite pour l'utilisation de certains équipements ou une habilitation pour réaliser des travaux sous tension ou des opérations au voisinage de pièces nues sous tension. L’employeur peut accorder une autorisation de conduite ou une habilitation électrique sur seule présentation, préalable, par le salarié, d'un document attestant qu'il n'existe aucune contre-indication médicale à son égard. Le ministère du Travail a rappelé que les jeunes travailleurs affectés à des travaux réglementés, bénéficiant d’une dérogation aux travaux interdits, restent soumis à une aptitude médicale annuelle : l’attestation de non-contre-indication ne s’applique donc pas. En revanche, pour les travaux réalisés par des jeunes travailleurs, lorsqu’ils sont sous surveillance, au voisinage de pièces nues sous tension, l’attestation de non-contre-indication s’applique.

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